Les 100 premiers jours de Joe Biden : une transformation radicale de l’Amérique

Par Ivan Pentchoukov
28 avril 2021
Mis à jour: 28 avril 2021

Au cours de la campagne présidentielle américaine de 2020, Donald Trump et les experts conservateurs avertissaient souvent que derrière la façade centriste et bipartisane du candidat démocrate Joe Biden se cachait un programme libéral radical visant à transformer les États-Unis.

Biden leur a donné raison en moins des 100 premiers jours de sa présidence, en s’attirant les louanges des observateurs libéraux qui lui attribuaient des comparaisons historiques avec Franklin D. Roosevelt – le seul président américain à avoir été élu à quatre reprises.

Le plan de relance voulu par Biden de 1900 milliards de dollars – un montant vertigineux équivalant au PIB de l’Italie – éclipse le programme New Deal de Roosevelt en termes de coût total pour les contribuables américains. Les démocrates ont fait adopter ce plan par le Congrès sans le moindre soutien républicain, prouvant ainsi que Biden était un président partisan qui ne cherchait pas de compromis – juste ce dont ses critiques mettaient en garde.

Ce plan, avec les mesures dans le domaine d’infrastructures proposées par le président démocrate – American Jobs Plan et American Families Plan – porterait, selon les estimations, le coût total à environ 5400 milliards de dollars, tout en ouvrant la voie à toute une vague de programmes sociaux sans précédent. Ce coût s’élève à plus de 43 000 dollars par ménage, soit plus que la fortune combinée de tous les milliardaires américains. Les démocrates pourraient adopter les deux nouveaux plans sans aucun soutien républicain au Congrès – ceci en recourant à la « procédure de réconciliation » plus d’une fois au cours d’une année budgétaire, ce qui ne s’est jamais vu.

L’ampleur des conséquences fiscales et la nature radicale du programme de Biden – dans les circonstances de la majorité très mince des démocrates au Congrès pour les mettre en œuvre – représentent un défi pour le système de gouvernance américain qui, historiquement, prévoyait une certaine dose de bipartisme pour effectuer des changements radicaux.

« Un Sénat, également partagé entre les deux partis, et une mince majorité démocrate à la Chambre des représentants ne donnent pas un mandat pour faire cavalier seul », a tweeté le sénateur Mitt Romney, un critique de Trump et l’un des rares républicains à rechercher une solution bipartisane par rapport aux plans de Biden.

Les démocrates soutiennent que faire passer le plan de relance sans le soutien des républicains était nécessaire pour aider les Américains aux prises avec les conséquences économiques de la pandémie. Ils affirment que certaines dispositions du projet de loi étaient attendues depuis longtemps. Les démocrates estiment aussi que le crédit d’impôt pour enfants, qui équivaudrait à un versement mensuel en espèces pour la plupart des familles à partir de juillet, pourrait réduire de moitié la pauvreté des enfants.

« Le bilan des 100 premiers jours se manifeste par des piqûres dans les bras, des chèques dans les poches et de l’espoir à l’horizon », a tweeté, le 27 avril, Chuck Schumer, chef de la majorité démocrate au Sénat.

Tout en testant les limites du système politique américain, Joe Biden a mis son poids en tant que président au service de sa transformation radicale. Il a soutenu l’idée de faire de la capitale fédérale Washington le 51e État des États-Unis, ce qui donnerait aux démocrates deux sièges supplémentaires au Sénat ; a exprimé son soutien à l’affaiblissement ou à la suppression du filibuster (obstruction parlementaire) qui protège les droits de la minorité au Congrès ; a ordonné la création d’une commission chargée d’étudier la réforme de la Cour suprême à peu près au moment où ses collègues démocrates ont présenté un projet de loi visant à y ajouter quatre juges libéraux ; et a déclaré qu’il signerait un vaste projet de loi de réforme électorale qui, entre autres, rendrait le vote par correspondance universel à perpétuité.

« M. Biden sait que son programme est si radical, si extrême, qu’il ne peut espérer le faire adopter et le préserver sans avoir tout d’abord changé fondamentalement les règles du jeu politique », a récemment écrit Jenny Beth Martin, chroniqueuse conservatrice du New York Post. « Par conséquent, il agit sur tous les fronts pour faire exactement cela. »

Pour les démocrates, cette vague de changement est juste ce qu’ils cherchaient. L’ancien président Bill Clinton a qualifié la performance de Biden jusqu’à présent de « presque parfaite » en paroles et en actes.

« Si nous pouvons produire des résultats positifs qui dépassent ces clivages en soulevant tout le monde, en donnant une chance à tout le monde, alors nous avons une chance de changer psychologiquement », a-t-il déclaré au site de presse Deadline.

« Je veux changer le paradigme »

Pour créer une vague de changements sociaux, Biden a produit un flux constant de décrets et d’actions concernant les sujets allant des cours sur la théorie critique de la race pour les employés fédéraux à la réadhésion de l’Amérique à l’Organisation mondiale de la santé.

Parmi les thèmes communs aux plus des 60 actions exécutives prises par Joe Biden au cours des 100 premiers jours de sa présidence, on peut citer l’annulation et la révocation des décrets de l’époque de Trump et l’introduction de l’idéologie de « l’équité » quasi-marxiste pratiquement dans tous les aspects des opérations gouvernementales. « Avancer l’équité raciale et soutenir les communautés mal desservies par le gouvernement fédéral » – le titre de son tout premier ordre exécutif a donné le ton pour les nombreux ordres qui l’ont suivi.

« Je veux changer le paradigme », a déclaré Joe Biden lors de sa première conférence de presse.

Les paroles d’un président sont parfois aussi importantes que ses actions. Au cours des 100 jours de président Biden, cela a été illustré par ses commentaires sur le procès de Derek Chauvin, l’ancien policier qui a été reconnu coupable du meurtre de George Floyd à Minneapolis. Biden s’est prononcé en faveur de la condamnation de Chauvin avant que le jury ne rende son verdict et – après que le jury a prononcé ce verdict – a accusé l’Amérique elle-même d’être coupable de « racisme systémique ».

Des hauts et des bas

Bien que son administration n’ait pas voulu l’admettre, Biden a hérité de Trump un programme de développement et de distribution de vaccins couronné de succès. Cela signifie que la promesse de vacciner 100 millions d’Américains au cours de ses 100 premiers jours, lancée par Biden lors de sa campagne présidentielle, était en passe d’être remplie avant même son entrée en fonction de président le 20 janvier. Après avoir éludé les questions sur l’augmentation possible de cet objectif, il l’a doublé à 200 millions. Son administration est maintenant en passe de tripler l’objectif initial d’ici le 29 avril, le 100e jour de son mandat.

Ce fait marquant est contrebalancé par la crise à la frontière sud des États-Unis qui, selon plusieurs experts, a été déclenchée par la révocation par Biden des politiques d’immigration de l’époque de Trump. Les étrangers en situation irrégulière traversent cette frontière en nombre inégalé depuis des décennies, obligeant les services d’immigration à surcharger les refuges destinés à accueillir les mineurs. Après avoir évité de parler de cette question pendant des semaines, Biden a finalement qualifié la situation de crise au début d’avril.

La Maison-Blanche a fait savoir qu’elle entendait résoudre la crise en investissant dans les pays d’où fuyaient les étrangers en situation irrégulière. Cependant, au cours des deux dernières décennies, les États-Unis ont dépensé des milliards en aide aux pays en question.

La cote de popularité de Joe Biden a fluctué entre environ 45 et 55 % au cours des trois premiers mois de son mandat selon Rasmussen – la seule société de sondage à effectuer des enquêtes quotidiennes sur l’opinion publique concernant le président. Toutefois, les médias peuvent jouer un rôle important dans la formation de ces chiffres. Une étude récente du Media Research Center a montré que, au cours des trois premiers mois de la présidence de Biden, sa couverture médiatique dans les actualités du soir était positive à 59 % contre seulement 11 % de couverture positive de Trump au cours de la même période de sa présidence.

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