14 juillet : la tradition éteinte des garden party

14 juillet 2015 Mis à jour: 24 octobre 2015

 

Depuis 5 ans maintenant, la garden party a disparu des horizons de la fête nationale. Raison principale, le coût de l’organisation : 732 826 euros en 2010. C’était trop pour Nicolas Sarkozy. Le président de l’époque l’a supprimée corps et bien, et François Hollande n’a pas jugé bon de la réhabiliter.

Ce 14 juillet, François Hollande tiendra une réception dans le jardin de l’Hôtel de Brienne, siège du ministère de la Défense. Tout dans le sobre et le très officiel, car l’événement, organisé par le ministre actuel Jean Yves Le Drian, est à destination des unités ayant défilé sur les Champs Élysées.

Le divertissement ne devrait pas être de mise, 13 soldats français sont morts en opération depuis un an, 30 autres grièvements blessés ; leurs familles ont été conviées à cette réception.

Les jardins de l’Élysée redeviennent anonymes

La traditionnelle garden party de l’Élysée a été crée par une première dame. Cécile Carnot, en 1889, a pu assister aux garden party anglaises ; celle-ci a donc décidé de mettre au goût du jour le morne palais élyséen, en y installant un kiosque à musique et en organisant quelques matchs de tennis sur gazon (lawn tennis).

Si les différents présidents ont continué sur la lancée, c’est du temps de Valéry Giscard d’Estaing que cette dernière s’est ouverte aux citoyens français. En 1978, 13 000 personnes se voient donc exceptionellement invitées à se rendre aux jardins du palais présidentiel. Des personnalités venant de tous bords sont présentes : artistes, sportifs, entrepreneurs… Un véritable défi pour les services de sécurité de l’époque.

« En 2001, il avait plu, et la pelouse piétinée par 5 000 personnes était devenue une vraie rizière. Nous avons mis des mois à la récupérer » se souvient un jardinier de l’Élysée. Les canards avaient d’ailleurs été écartés de la pelouse, pour ne pas passer sous les pieds de milliers d’invités.

En 1998, les joueurs de l’équipe de France font une apparition remarquée aux côtés du président Jacques Chirac. En 2008, Nicolas Sarkozy venait à la rencontre d’Ingrid Betancourt, libérée après six ans de captivité. Quand on demandait en 2011 si celle-ci aurait la chance d’être reconduite, un conseillait répondait : « Nous n’avons pas le sentiment que les efforts de gestion rigoureuse ne seront plus d’actualité en 2011″.

Une non-tradition partie pour durer, donc. Tant pis pour les fêtards. Tant mieux pour les canards.

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