460 000 entreprises chinoises ont fait faillite au premier trimestre, soulignant l’impact du virus sur l’économie

Par Nicole Hao
7 avril 2020
Mis à jour: 7 avril 2020

Près d’un demi-million d’entreprises en Chine ont fermé au cours du premier trimestre 2020, selon les données recueillies par les bases de données en ligne, révélant l’ampleur de l’impact de l’épidémie sur l’économie du pays.

Pendant ce temps, les propriétaires d’entreprises ont commencé à protester pour obtenir un soutien financier du gouvernement, car leurs entreprises sont au bord de la faillite.

Depuis que les autorités ont pris conscience de la gravité de l’épidémie et ont commencé à mettre en place des mesures de confinement en janvier, les activités commerciales ont cessé dans une grande partie de la Chine. À l’heure actuelle, Wuhan, la ville où l’épidémie a commencé, est toujours en quarantaine. Dans certaines régions, comme le canton de Jia dans la province du Henan, les politiques d’isolement ont été brièvement levées, avant qu’une autre épidémie ne conduise les autorités à confiner à nouveau le secteur.

« Nous voulons que [les propriétaires] réduisent le loyer de moitié, et que [le gouvernement] réduise de moitié les frais de gestion et de services publics », a déclaré Cheng Dong, propriétaire d’une usine de confection dans la ville de Zhuzhou, dans la province du Hunan.

« Je n’ai pas de nouvelles commandes. Les grossistes m’ont dit que les gens n’achetaient pas de vêtements en ce moment [à cause des mesures de confinement] », a déclaré Cheng Dong à l’édition chinoise d’Epoch Times lors d’une interview téléphonique le 3 avril.

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Pendant ce temps, les travailleurs ont peur d’aller travailler, craignant de contracter le virus du PCC* (Parti communiste chinois), communément appelé nouveau coronavirus. À l’usine de M. Dong, seuls 12 des 35 ouvriers habituels se sont présentés.

Cheng Dong s’est joint aux quelque 8 000 entrepreneurs locaux qui ont manifesté devant la mairie le 31 mars.

« Nous avons marché 3 km depuis le marché de gros jusqu’à la mairie. Nous avons occupé toutes les routes [en raison de la grandeur de la foule]. La police a ensuite arrêté plus de dix femmes chefs d’entreprise sur place […] pour essayer de nous effrayer et de nous disperser », a déclaré M. Dong. « Le deuxième jour [1er avril], de nombreux commerçants ont continué à protester. »

Ces dernières semaines, des propriétaires d’entreprises à Guangzhou, Shenzhen, Guiyang, Nanning et dans plusieurs villes du nord-est de la Chine ont organisé des manifestations similaires.

Fermeture d’entreprises

Le 2 avril, le China Securities Journal, un média d’État, a rapporté que la base de données chinoise Tianyancha a publié les dernières données sur les entreprises chinoises.

La base de données a enregistré que 460 000 entreprises chinoises ont fermé définitivement au cours du premier trimestre 2020. Environ 57 % d’entre elles avaient été créées au cours des trois dernières années.

Entre-temps, 3,33 millions de nouvelles entreprises ont été créées au cours du premier trimestre de 2020, soit 28,9 % de moins qu’à la même période l’année dernière. Les nouvelles entreprises sont principalement situées dans les provinces du Guangdong, du Jiangsu et du Shandong, dont 46,12 % sont des grossistes et des détaillants.

Les entreprises d’éducation en ligne ont vu le jour en raison des politiques de quarantaine, les écoles de toute la Chine ayant été fermées indéfiniment. La Chine compte actuellement 194 000 entreprises d’éducation en ligne, dont 6 753 ont été créées au cours du premier trimestre de cette année, selon le China Securities Journal.

L’industrie du jeu a également connu un essor. 5 025 sociétés de jeux ont été créées en 2020, soit 60,53 % de plus qu’en 2019, à la même époque.

Le secteur des voyages a été durement touché. Le 30 mars, le portail chinois Sohu a cité une autre base de données en ligne, Qichacha : « Au 25 mars, 11 268 entreprises de voyage avaient fermé en 2020 ».

Le rapport indique que depuis la fin janvier, l’industrie du voyage n’a presque plus de revenus en Chine en raison de l’impact de la pandémie.

L’industrie du voyage a contribué à hauteur de 11 % au PIB du pays en 2019, selon les données du ministère chinois de la Culture et du Tourisme. Les entreprises de voyage ont créé 79,87 millions d’emplois, soit 10,31 % de la population active du pays.

L’épicentre

Dans la ville où l’épidémie a débuté, à Wuhan, 150 restaurateurs ont remis une lettre au gouvernement municipal, demandant une aide financière.

M. Li dirige une entreprise de barbecue à Wuhan, qui possède 15 restaurants dans la ville. Selon M. Li, la lettre demandait que le gouvernement accorde des subventions aux employés, oblige les propriétaires à réduire les loyers et demande aux banques d’accorder des prêts aux restaurants.

« Pendant ces mois, nous n’avons eu aucun revenu mais nous devons payer les salaires des employés. Nous devons également payer le loyer des restaurants et des dortoirs des employés », a déclaré M. Li à l’édition chinoise d’Epoch Times le 4 avril. « J’ai perdu près de 10 millions de yuans (1,3 million d’euros). »

M. Li a déclaré qu’il n’était pas optimiste quant à l’avenir, même si la ville levait les restrictions de confinement le 8 avril.

« Je suis sûr que personne n’osera venir manger au restaurant », a déclaré M. Li. Il a estimé qu’environ 10 000 à 20 000 restaurants de la ville vont sûrement fermer définitivement à cause de l’épidémie.

Le 6 avril, le journal d’État Yangtze Daily a rapporté que lorsque la ville a fermé le 23 janvier, 93 % des restaurants de Wuhan ont choisi de fermer. Pour le seul dîner de la veille du Nouvel An chinois (24 janvier), 550 000 tables réservées ont été annulées à Wuhan, ce qui a fait perdre aux restaurants 1 milliard de yuans (130 millions d’euros), selon le reportage.

Le régime chinois n’a pas accordé de subventions pour aider les citoyens ordinaires touchés par le virus. Le personnel médical en première ligne de la lutte contre le virus s’est vu promettre un supplément à son salaire, mais certains ont déclaré au journal Epoch Times qu’ils n’avaient pas reçu leurs paiements.

*Epoch Times qualifie le nouveau coronavirus, à l’origine de la maladie COVID-19, de « virus du PCC » parce que la dissimulation et la gestion déplorable du Parti communiste chinois ont permis au virus de se propager dans toute la Chine avant d’être transmis dans le monde entier.

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