800 000 Hongkongais descendent dans les rues pour célébrer la Journée des droits de l’homme

Par ANNIE WU et FRANK FANG
9 décembre 2019 Mis à jour: 9 décembre 2019

HONG KONG – Le 8 décembre, un grand nombre de personnes ont défilé dans le centre-ville de Hong Kong pour montrer leur détermination à préserver l’autonomie de Hong Kong de l’influence du Parti communiste chinois et à promouvoir la démocratie.

Sous le thème « Tenons-nous debout avec Hong Kong, marchons tous ensemble », la marche a été organisée par le groupe local de militants pro-démocratie Civil Human Rights Front (Front des droits civils de l’homme) (CHRF). Le groupe a obtenu l’approbation de la police pour organiser l’événement. Leurs trois demandes précédentes, soit les 31 août, 1er octobre et 20 octobre, avaient toutes été rejetées.

Des dizaines de milliers de manifestants défilent dans les rues de Causeway Bay à Hong Kong le 8 décembre 2019. (Sung Pi Lung/The Epoch Times)

Vers 20 h, heure locale, la CHRF a estimé que 800 000 personnes ont participé à la marche de dimanche. La police locale a donné une estimation beaucoup plus basse, disant qu’il y avait 183 000 personnes pendant la plus haute période.

La manifestation a coïncidé avec la célébration des droits de l’homme dans le monde entier. Les Nations unies ont désigné le 8 décembre Journée des droits de l’homme.

Un court rassemblement a d’abord eu lieu au parc Victoria, avant que les manifestants ne marchent vers Chater Road à 15 h, heure locale.

Les manifestants lèvent la main, appelant à ce que leurs cinq revendications soient satisfaites, lors d’une marche à Hong Kong le 8 décembre 2019. (Gordon Yu/The Epoch Times)

On pouvait voir des manifestants brandissant des drapeaux avec les mots « libérer Hong Kong », ainsi que des slogans de différents pays et régions qui ont exprimé leur soutien au mouvement, y compris les États-Unis, le Japon et Taiwan.

On a également entendu des manifestants crier des slogans tels que « cinq revendications, pas une de moins », « défendre la liberté d’expression », « enquêtez sur la violence policière, arrêtez les mensonges des policiers », « dissolvez la police, n’attendez plus » et « 721 [21 juillet], police introuvable ; 831 [31 août], des gens battus à mort ».

Le 21 juillet, des hommes en chemise blanche en groupe ont pris d’assaut la station de métro Yuen Long et attaqué les passagers avec des barres et des matraques. La police n’est arrivée sur les lieux que 45 minutes plus tard.

Le 31 août, la police anti-émeute a pris d’assaut la station de métro Prince Edward et a agressé des passagers sans discrimination. Depuis lors, des rumeurs ont circulé selon lesquelles les violences policières auraient entraîné la mort des manifestants.

Dans une déclaration en ligne, la CHRF a déclaré : « Les violations des droits de la personne et la crise humanitaire à Hong Kong et en Chine atteignent un point critique. »

« Le gouvernement de Hong Kong doit réaliser nos cinq revendications afin de remplir son devoir de protection internationale des droits humains et de défendre l’humanitarisme et la dignité humaine. »

Les manifestations de masse en cours à Hong Kong, qui en sont maintenant à leur septième mois, ont été déclenchées par les préoccupations du public au sujet d’un projet de loi d’extradition maintenant retiré, qui avait suscité la crainte de nombreuses personnes de voir éroder l’indépendance judiciaire de la ville. Aujourd’hui, les manifestants exigent que le gouvernement de la ville réponde à leurs cinq demandes, y compris le suffrage universel et une enquête indépendante sur les cas de violence policière.

L’empiétement de Pékin

Des dizaines de milliers de manifestants défilent dans les rues de Causeway Bay à Hong Kong le 8 décembre 2019. (Gordon Yu/The Epoch Times)

Un manifestant surnommé Mak, 73 ans, a déclaré à Epoch Times qu’il était insatisfait du gouvernement de Hong Kong et de la police locale :

« L’usage de la force est allé trop loin », a-t-il dit, ajoutant qu’il avait vu de nombreuses vidéos de la police qui battait de jeunes manifestants après qu’ils avaient été maîtrisés, les bras tordus derrière eux.

« Je suis ici depuis des décennies. Dans le passé, la police n’était pas comme ça. »

Il a dit que la vie à Hong Kong était devenue de plus en plus « comme la Chine continentale ».

Un autre manifestant surnommé Cheung, 51 ans, a déclaré : « Nous sommes contre le Parti communiste chinois [PCC] parce qu’il nous prive de nos libertés. »

Il a dit qu’en 2018, par exemple, les candidats pro-démocratie ont été disqualifiés malgré leur élection.

« Nous devons nous lever parce que Hong Kong a de moins en moins de droits humains. »

M. Cheung a ajouté qu’il nourrissait de l’espoir pour le mouvement démocratique, même si le PCC a clairement déclaré dans le passé qu’il n’accorderait pas d’élections véritablement libres.

« Même si le PCC ne cède pas, nous continuerons. Les jeunes ont déjà fait tant de sacrifices. Nous avons besoin d’être là », a-t-il déclaré.

Mme Cheng, mère de deux fils, âgés de 2 et 10 ans, a déclaré qu’elle assistait à la marche parce qu’elle voulait que ses enfants aient la liberté de parole.

Elle s’est montrée optimiste quant au mouvement démocratique, en particulier après le récent siège de la police à l’Université chinoise de Hong Kong (CUHK) et à l’Université polytechnique (PolyU).

« Nous sommes toujours ensemble. […] Nous ne pouvons que continuer à persévérer », a-t-elle dit.

Elle a déclaré qu’elle ne vivrait pas dans la peur de la police malgré l’usage de la force contre les manifestants.

« Le plus important est de ne pas avoir peur. […] Nous sommes si nombreux et il n’y a qu’environ 30 000 policiers. De quoi devrions-nous avoir peur ? »

Un autre manifestant surnommé Kei a déclaré que le monde doit faire plus pour combattre la menace communiste chinoise.

« L’aujourd’hui de Hong Kong sera le lendemain du monde. […] Votre patrie sera la prochaine victime du PCC », a-t-il dit, ajoutant que l’infiltration chinoise a également corrompu les entreprises et diffusé la propagande médiatique du PCC dans d’autres pays.

Il a appelé le gouvernement américain à faire appliquer la loi de Hong Kong sur les droits de l’homme et la démocratie, récemment adoptée, à l’encontre des autorités chinoises continentales. Il a également suggéré que les Nations unies envoient des forces de maintien de la paix à Hong Kong pour aider à faire face à la crise.

Arrestations avant la marche

Quelques heures à peine avant le rassemblement, les médias de Hong Kong ont rapporté que la police locale avait arrêté onze « suspects » âgés de 20 à 63 ans et saisi un pistolet semi-automatique avec 105 balles dans une opération sur l’île de Hong Kong.

La police a affirmé que les suspects voulaient utiliser cette arme sur la police pendant la marche.

En réponse à l’annonce de la police, la CHRF s’est demandé sur sa page Facebook si la police avait créé intentionnellement la panique juste avant la marche.

Joshua Wong, militant et figure emblématique du mouvement des parapluies de 2014, était parmi ceux qui ont participé à la marche. Selon les médias locaux de RTHK, M. Wong s’est également interrogé sur le calendrier de l’opération policière, qui, selon lui, aurait pu être une « manœuvre politique ».

Le 6 décembre, l’Institut de recherche sur l’opinion publique de Hong Kong a publié un nouveau sondage auprès de 1 062 personnes interrogées entre le 21 et le 26 novembre. Le sondage a révélé que 65,1 % des répondants étaient insatisfaits des performances de la police, ce qui représente une augmentation par rapport au taux de 28,1 % enregistré lors du sondage de juin précédent.

Vers 17 h 30, heure locale, la police locale a installé une ligne de défense aux rues Paterson et Kingston, à environ un pâté de maisons du parc Victoria. Les manifestants ont dressé une barricade de parapluies, mais se sont ensuite retirés.

À un moment donné, la police a hissé un drapeau noir pour avertir les manifestants que des gaz lacrymogènes seraient déployés, mais aucun n’a finalement été tiré.

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