À 66 et 72 ans, ils sont SDF à Paris, l’un est en fauteuil roulant, l’autre a un cancer du côlon

Par Emmanuelle Bourdy
29 juillet 2020
Mis à jour: 29 juillet 2020

Deux SDF, Jacqueline et Michel, ont été hébergés dans un hôtel par une association à Paris. Tous deux malades, ils cherchent un logement depuis un an sans parvenir à en trouver un. Ils racontent leur combat pour la survie.

Jacqueline est en fauteuil roulant, quant à Michel, il est atteint d’un cancer du côlon, tous deux sont sans domicile fixe. En couple depuis 27 ans, ils se sont toujours soutenus. « Quoiqu’il arrive, on reste ensemble », ont-ils affirmé en cœur, ainsi que le relate Le Parisien.

Jacqueline a 66 ans et souffre de multiples maux. « J’ai une insuffisance surrénale, cardiaque, pulmonaire… », raconte-t-elle. Michel, lui, âgé de 72 ans, ajoute : « Moi, j’ai des problèmes cardiaques, un défibrillateur et un cancer du côlon. »

Après avoir été expulsés de leur logement à Élancourt (Yvelines) et à la suite d’un séjour à hôpital, ils se sont retrouvés de nouveau dans la rue. Depuis quelques jours, par chance, ils sont hébergés dans une petite chambre d’hôtel, Porte de Bagnolet (XXe arrondissement de Paris).

Retraité du bâtiment public, Michel touche pourtant une pension mais malgré cela, ils sont toujours en attente d’un logement, ce qui peut prendre en moyenne deux ans. En attendant, ils survivent du mieux qu’ils peuvent, passant de l’hôtel (quand leur budget le permet), à l’hôpital, et dans le pire des cas, c’est la rue.

Jacqueline a été victime d’un AVC en mars 2019. Un an plus tard, en mars 2020, elle a fait un arrêt cardiaque, perdant partiellement l’usage de ses jambes, précise encore Le Parisien. Elle est désormais en fauteuil roulant et doit suivre un traitement pendant 6 mois. Il était prévu qu’elle suive ce traitement à l’hôpital Rothschild. Mais Jacqueline ne comprend toujours pas ce qui s’est passé par la suite et déclare : « Au bout de deux mois, on m’a remis mon dossier et on m’a dit de partir. Ils savaient que l’on était à la rue ! »

« Je devais avoir des couches, des soins de kiné et même une infirmière. Mes piqûres, je dois me les faire moi-même… Ce n’est pas normal ! » s’indigne Jacqueline. Michel, qui consigne toutes ses mésaventures dans un carnet, renchérit : « Alors que l’on n’avait plus d’endroit où aller, des jeunes se sont arrêtés. Ils nous ont hébergés. Ils m’ont même donné un autre tee-shirt parce que le mien commençait à cocotter… »

Quant à l’AP-HP (Assistance publique – Hôpitaux de Paris), il affirme qu’à l’hôpital Rothschild, Jacqueline a eu « un suivi social […] tout au long de son hospitalisation. Une solution d’hébergement pour une mise à l’abri dans une structure du Samu social a été proposée mais refusée par le couple. Par ailleurs, face à cette situation, l’équipe du service des Urgences de l’hôpital Tenon a également établi un contact avec la famille de Madame J. et la permanence sociale d’accueil ».

Sarah Frikh, de l’Association Réchauffons Nos SDF, constate que « depuis peu, c’est de pire en pire ». Elle ajoute : « On a un vrai problème de pauvreté avec nos retraités ! » En effet, en France, le taux de retraités reconnus comme pauvres en 2019 était de 7,3 %, précise le journal.

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