À Pékin, en état d’alerte élevé face à la propagation du virus, les contacts étroits des personnes infectées sont surveillés

Par Nicole Hao
30 avril 2020
Mis à jour: 30 avril 2020

Les autorités chinoises sont restées silencieuses sur l’épidémie du virus du PCC* à Pékin, mais un habitant de la capitale a récemment informé le journal Epoch Times de la situation actuelle dans les centres de quarantaine de la ville, donnant ainsi un aperçu de l’atmosphère tendue qui y règne.

Entre-temps, un document interne du gouvernement révèle des informations complémentaires sur les méthodes utilisées par les autorités pour surveiller les contacts étroits des patients confirmés.

Depuis que le virus s’est répandu à travers la Chine à partir du point zéro de Wuhan en janvier, la ville de Pékin a adopté des restrictions pour contenir le virus dans cette région politiquement importante.

Le 19 avril, le district de Chaoyang à Pékin a été officiellement désigné comme « région à haut risque » pour l’épidémie virale, lorsque la municipalité a annoncé l’apparition d’un foyer dans une famille dont quatre membres avaient été diagnostiqués le 15 avril.

Depuis lors, le gouvernement n’a annoncé aucune nouvelle infection. Les autorités ont également ré-ouvert quatre-vingts attractions touristiques dans la ville le 26 avril. Ces sites ont été fermés en janvier en raison de l’épidémie. Les sites ré-ouverts sont limités à des espaces de plein air, et les visiteurs ne peuvent acheter des billets qu’en ligne.

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« Les sites touristiques sont accessibles aujourd’hui, mais on n’y voit presque plus de touristes », a déclaré Mme Li, une résidente de Pékin, à l’édition chinoise du journal Epoch Times le 28 avril.

Les personnes qui arrivent à Pékin en provenance d’autres régions de Chine sont mises en quarantaine dans un hôtel pendant 14 jours avant de poursuivre leur voyage. Une fois rentrés chez eux, les voyageurs doivent être à nouveau mis en quarantaine dans leur ville d’origine pendant 14 jours. Les citoyens sont tenus de payer de leur poche leur séjour.

Les centres de quarantaine

Mme Li connaît bien le secteur du tourisme local.

Comme dans la plupart des régions de Chine, les hôtels de Pékin ont été transformés en centres de quarantaine.

« Maintenant, à Pékin, presque tous les hôtels trois étoiles ou plus sont utilisés par le gouvernement comme centres de quarantaine pour isoler temporairement les gens », a déclaré Mme Li.

Mme Li a mentionné tout spécialement deux districts : le district de Beijing-Haidian, qui est proche de l’hôpital de fortune de Xiaotangshan, actuellement dédié au traitement des patients atteints du virus, et le district de Chaoyang, où d’autres hôtels sont utilisés comme centres de quarantaine.

« Les autorités ont utilisé des barricades de fer pour encercler et bloquer les hôtels qui servent de centres de quarantaine. Ils ont mis en place trois séries de portes pour entrer dans les hôtels », a déclaré Mme Li. « Les personnes qui livrent de la nourriture peuvent entrer par la première porte, puis le personnel qui travaille dans les hôtels peut passer par la seconde porte. Ils déposent la nourriture devant la troisième porte, et les personnes qui sont confinées à l’intérieur vont chercher la nourriture qui a été déposée devant cette troisième porte. »

Le personnel hospitalier ( à gauche) enregistre les patients sur le trottoir devant un hôpital pour enfants à Pékin le 31 mars 2020. (GREG BAKER/AFP via Getty Images)

En mars, plusieurs personnes interrogées ont déclaré à l’édition chinoise du journal Epoch Times qu’il y avait trois options pour les personnes qui doivent s’isoler dans les centres de quarantaine à Pékin : hôtel de luxe, hôtel de niveau moyen et hôtel normal, avec différentes installations, qualité des repas et prix.

Selon Mme Li, la plupart des hôtels sont désormais utilisés comme des centres de quarantaine, si bien que les tarifs des chambres d’hôtel pour les voyageurs classiques ont augmenté.

« L’hôtel facturerait 250 ¥ [32 €] pour une chambre qui coûte généralement 100 ¥ [12,9 €] par nuit », a déclaré Mme Li, en précisant que la plupart des hôtels de Pékin facturent maintenant les chambres entre 200 et 800 yuans (26 et 104 euros).

Fuite d’un document

Epoch Times a obtenu un document qui a fait l’objet d’une fuite de la part des autorités du district de Chaoyang à Pékin, ainsi qu’un enregistrement audio d’un appel téléphonique entre un résident de la communauté de Sanjianfang et un fonctionnaire de la ville.

Le document a enregistré le contenu de la conversation : la résidente Mme Liu a découvert qu’elle a été considérée comme un contact proche d’une patiente atteinte du virus le 13 février, après avoir accouché de son enfant à l’hôpital Fuxing, situé dans le district de Xicheng à Pékin.

Mme Liu a déclaré avoir vérifié tous les documents et bases de données du gouvernement et n’avoir trouvé son nom dans aucune liste de contacts proches, si bien qu’elle et son mari se sont plaints au centre de services de santé de la communauté.

Capture d’écran d’un document interne publié par le centre de services de santé de la communauté de Sanjianfang dans le district de Chaoyang, Pékin, Chine, le 14 février 2020. (Fourni au journal Epoch Times par Insider)

Le 14 février, la directrice adjointe du centre, également surnommée Liu, a répondu à Mme Liu et a expliqué que les listes de contacts étroits publiées proviennent du Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC), mais qu’il existait « d’autres systèmes » de traçage et d’enregistrement des contacts d’un patient porteur du virus, comme par exemple les personnes qui signalent les infections à d’autres agences gouvernementales et les caméras de surveillance à intelligence artificielle qui peuvent détecter les individus qui étaient proches d’un patient porteur du virus.

La fonctionnaire a ensuite ajouté : « Il existe une autre liste du gouvernement central, qui est top secrète. » Elle a expliqué que même les autorités municipales ne savent pas comment ces listes ont été établies, mais qu’elles doivent se conformer aux instructions de mise en quarantaine pour les personnes figurant sur la liste. « Selon les règles, vous devez être isolée dans un centre de quarantaine. Nous vous avons permis d’être mise en quarantaine dans votre domicile parce que vous venez d’accoucher », a-t-elle expliqué à Mme Liu.

* Epoch Times désigne le nouveau coronavirus, responsable de la maladie du covid-19, comme le « virus du PCC », car la dissimulation et la mauvaise gestion du Parti communiste chinois (PCC) ont permis au virus de se propager dans toute la Chine et de créer une pandémie mondiale.

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