Accord entre Pakistan et FMI pour un prêt de six milliards de dollars sur trois ans

13 mai 2019 Mis à jour: 12 mai 2019

Le Pakistan, dont la balance commerciale est très déséquilibrée, est parvenu à un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) pour un prêt de six milliards de dollars portant sur un peu plus de trois ans, ont annoncé dimanche les deux parties après des mois de négociations. 

« Nous allons recevoir six milliards de dollars du FMI », a déclaré Abdul Hafeez Sheikh (BIEN Sheikh), le conseiller financier du Premier ministre Imran Khan, à la télévision publique. Le FMI, dans un communiqué, a dit « être parvenu à un accord » avec Islamabad pour un prêt d’« environ six milliards de dollars » et portant sur « 39 mois ».

Selon ce communiqué, l’accord doit encore être approuvé par la direction du FMI et son conseil d’administration et il sera ensuite lié à « la mise en oeuvre en temps voulu » des mesures décidées par les deux parties. Il vise, selon le FMI, à « soutenir l’ordre du jour ambitieux des autorités en termes de réformes macroéconomiques et structurelles », qui passe par « l’amélioration des finances publiques » et « la réduction de la dette publique (du Pakistan) grâce à des réformes fiscales et administratives ».

La tâche paraît immense dans un pays de plus de 207 millions d’habitants, à l’économie largement informelle, où moins de deux millions de contribuables paient l’impôt sur le revenu. En plus des six milliards du FMI, Islamabad « recevra deux à trois milliards de la Banque mondiale et de la Banque asiatique de développement », a également dit Abdul Hafeez Sheikh, un ancien cadre de la Banque mondiale qui a été ministre des Finances du Pakistan de 2010 à 2013.

Cette annonce met fin à des mois d’attente et à de longues négociations entre les deux parties, tandis que la situation financière du Pakistan n’a cessé d’empirer entre-temps. La croissance de ce pays devrait atteindre son niveau le plus bas en huit ans, soit 3,3%, selon des prévisions gouvernementales annoncées vendredi. L’objectif affiché était de 6,2% pour l’exercice en cours, qui se termine au 30 juin 2019. Le FMI a récemment rendu publiques des prévisions moins optimistes encore, avec un taux de croissance chutant à 2,9%,  le niveau le plus bas en dix ans.

Le mécontentement grandit dans la population après de précédentes mesures prises par le gouvernement pour parer à la crise. La roupie pakistanaise, qui a chuté de quelque 30% depuis janvier 2018, a fait accélérer l’inflation. Le Pakistan, qui importe bien plus qu’il n’exporte, connaît une crise structurelle de sa balance des paiements. Il doit impérativement emprunter à l’étranger pour éviter de se retrouver en situation d’insolvabilité.

« Le déficit commercial a atteint 20 milliards de dollars et nos réserves de devises étrangères ont chuté de 50% ces deux dernières années », a expliqué Abdul Hafeez Sheikh. « Nous avons un déficit de 12 milliards de dollars dans nos paiements annuels et nous n’avons pas la capacité de les payer », a-t-il ajouté. Le Pakistan, qui a adhéré au FMI en 1950, s’était déjà vu accorder 21 emprunts. Le plus récent, d’une valeur de 6,6 milliards de dollars, remonte à 2013.

Ce pays s’est aussi assuré ces derniers mois au moins neuf milliards de dollars d’aide bilatérale de la part de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis. La situation financière pakistanaise limite fortement la marge de manœuvre d’Imran Khan, élu en juillet dernier sur un programme d’« Etat providence islamique », fondé sur des investissements massifs dans la santé et l’éducation.

D.C avec AFP

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