Affaire des courriels d’Hillary Clinton: 91 «violations» mises au jour par le ministère des Affaires étrangères

Par Zachary Stieber
20 octobre 2019 Mis à jour: 14 novembre 2019

L’enquête administrative sur l’utilisation d’un serveur de courriel non sécurisé par l’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton est terminée. Les enquêteurs du Département d’État (ministère des Affaires étrangères) ont découvert près de 600 entorses aux règles de sécurité, écrivent-ils dans un rapport adressé au sénateur Chuck Grassley (Iowa).

Les enquêteurs ont trouvé 91 « violations valides attribuables à 38 individus », écrivent-ils (pdf).

Ces personnes, non nommées dans le rapport, sont décrites comme des fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères.

Il y a eu 497 autres « entorses pour lesquelles aucune personne n’a été déclarée coupable, ce qui a donné lieu à une détermination ‘valable, mais non coupable' », ont déclaré les enquêteurs.

Un certain nombre de défis ont dû être relevés dans cette enquête, expliquent les experts, parmi lesquels « la nature et l’ampleur sans précédent de cet événement ».

« Une fuite [d’informations secrètes] typique implique un seul courriel, et non des milliers de documents qu’il a fallu passer au crible. L’ampleur du travail a entraîné des retards considérables », peut-on lire dans le rapport. Le temps important qui s’est écoulé entre le moment où les courriels ont été envoyés et le début de l’enquête, jusqu’à neuf ans pour certains de ces courriels, a également posé des défis.

L’enquête s’est terminée le 6 septembre et le rapport est daté du 13 septembre.

Les enquêteurs confirment ainsi que les milliers de courriels qui était conservés dans un serveur à la maison des Clinton à New York, contenaient des informations classifiées à un certain niveau, dont certaines étaient classées top secret.

L’enquête a impliqué un examen de tous les courriels de Mme Clinton et a permis aux enquêteurs d’interroger des dizaines de personnes et d’obtenir des centaines de déclarations.

Ils concluent que l’utilisation du courrier électronique personnel pour mener les affaires officielles du gouvernement « a représenté un risque accru de divulgation non autorisée ».

L’utilisation du serveur privé par Mme Clinton a « ajouté un risque accru de piratage, car un système privé ne dispose pas des capacités de surveillance et de détection des intrusions des réseaux du ministère des Affaires étrangères« , indique le rapport.

Mais les enquêteurs disent aussi qu’ils n’ont pas pu trouver de « preuves convaincantes » d’une « mauvaise manipulation systématique et délibérée d’informations classifiées ».

Bien qu’il y ait eu quelques cas où des renseignements classifiés ont été introduits de façon inappropriée dans un système non sécurisé pour des raisons de facilité, dans l’ensemble, « les personnes interrogées étaient au courant des politiques de sécurité et ont fait de leur mieux pour les appliquer dans leurs opérations. La correspondance avec le secrétaire [d’État] est intrinsèquement délicate et peut donc faire l’objet d’une interprétation large quant à la classification, particulièrement en ce qui concerne les renseignements de gouvernements étrangers. Les cas de transmission délibérée d’informations classifiées par courrier électronique non sécurisé étaient l’exception rare et ont donné lieu à des failles de sécurité mesurées. Il n’y a aucune preuve convaincante d’une mauvaise manipulation systématique et délibérée de renseignements classifiés », écrivent-ils.

Pourtant, l’utilisation d’une adresse de courrier électronique personnelle dans l’exercice de fonctions officielles « ajoute un risque accru de piratage, car un système privé ne dispose pas des capacités de surveillance et de détection des intrusions des réseaux du ministère des Affaires étrangères », écrivent les enquêteurs dans le rapport.

« Bien que l’utilisation d’un système de courrier électronique privé en soi n’augmente pas nécessairement la probabilité que des renseignements classifiés soient transmis sur des systèmes non sécurisés, les incidents qui ont entraîné la présence d’informations classifiées sur ce système ont engendré un risque accru de piratage ou de divulgation involontaire. »

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