Affaire du voile au Conseil régional : pour Nadine Morano, « le voile est un message de propagande et de communication salafiste »

Par Séraphin Parmentier
19 octobre 2019 Mis à jour: 19 octobre 2019

Farouche adversaire du communautarisme et de l’islam radical, l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy entend défendre ses convictions sans se laisser « museler par la bien-pensance ».

Quelques jours après avoir appuyé Julien Odoul dans l’affaire de l’accompagnatrice évacuée du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté à cause de son refus de retirer son voile, Nadine Morano a vigoureusement réaffirmé son soutien à l’élu du Rassemblement national.

Interrogée par L’Est Républicain, l’ancienne ministre déléguée chargée de l’Apprentissage et de la Formation professionnelle est revenue sur la polémique suscitée par l’intervention de Julien Odoul pendant l’assemblée plénière du Conseil régional.

« Qu’il intervienne sur ce problème ne me choque pas. Il a le mérite de soulever le débat », a expliqué Mme Morano.

Président du groupe Rassemblement national au Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, l’élu avait demandé à la présidente de l’assemblée d’exiger que la mère qui accompagnait la classe de son fils venue assister aux débats retirât son voile « au nom des principes républicains et au nom de toutes les femmes qui luttent dans le monde pour s’extirper de la dictature islamique ».

« Pour moi, c’est une activiste qui savait très bien ce qu’elle faisait », confie Mme Morano au sujet de Fatima E., l’accompagnatrice ayant refusé de retirer son foulard islamique avant d’être obligée de quitter l’hémicycle.

« Le voile est un message de propagande et de communication salafiste », a estimé l’ancienne députée de Meurthe-et-Moselle, avant d’ajouter qu’il s’agissait également d’un symbole « de la soumission de la femme ».

« Les larmes et la victimisation sont les armes de l’islam radical »

Nadine Morano affirme par ailleurs avoir reçu de nombreux témoignages de soutien de la part de jeunes marocaines et de jeunes tunisiennes qui la « supplient de ne pas lâcher » dans le cadre de son combat contre l’islam radical.

« C’est un combat pour notre civilisation et pour le droit des femmes. Si on met un genou à terre, c’est fini. L’enjeu, c’est de défendre notre mode de vie. Nous sommes en guerre ! », ajoute-t-elle.

Si plusieurs personnalités abondamment relayées par les médias grands publics n’ont pas hésité à jouer la carte du sentimentalisme en diffusant un cliché du fils de Fatima E. en train de pleurer dans les bras de sa mère pour dénoncer l’intervention de Julien Odoul dans l’hémicycle du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, la Nancéenne entend bien rester sur le terrain de la rationalité.

« Cela ne m’émeut pas. Les larmes et la victimisation sont les armes de l’islam radical. Ce qui m’émeut, ce sont les larmes des petits orphelins versés sur le cercueil de leurs parents, les policiers assassinés au sein de la préfecture de Paris », souligne Nadine Morano.

Hors de question de céder aux sirènes du politiquement correct pour l’eurodéputée qui est bien décidée à rester fidèle aux valeurs qui sont les siennes et à l’idée qu’elle se fait de la nation française : « Je veux continuer à défendre mes convictions. Je ne me laisserai pas museler par la bien-pensance. »

« On nous bassine avec la laïcité, il faudrait que l’on gomme nos racines chrétiennes. C’est grave, notre cohésion nationale est en danger », conclut Nadine Morano.

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