Afghanistan: la Chine souhaite des « relations amicales » avec les talibans

Par Epoch Times avec AFP
16 août 2021
Mis à jour: 17 août 2021

La Chine, qui partage 76 km de frontière avec l’Afghanistan, a indiqué lundi qu’elle souhaitait des « relations amicales » avec les talibans, au lendemain de la prise de Kaboul par les insurgés.

Pékin « respecte le droit du peuple afghan à décider de son propre destin et de son avenir », a affirmé devant la presse une porte-parole de la diplomatie chinoise, Hua Chunying.

« Les talibans ont indiqué à plusieurs reprises leur espoir de développer de bonnes relations avec la Chine », a relevé Mme Hua.

La Chine a entamé dès septembre 2019 des discussions avec les talibans

La Chine, qui a rapatrié début juillet 21 de ses ressortissants d’Afghanistan, a appelé les nouvelles autorités à assurer la sécurité de ceux restés sur place.

L’ambassade de Chine à Kaboul « continue de fonctionner normalement », a précisé la porte-parole.

Pékin a jugé ces dernières semaines « irresponsable » le retrait américain d’Afghanistan, craignant par-dessus tout une guerre civile à outrance chez son voisin.

Face au risque de chaos afghan, le pouvoir chinois a entamé dès septembre 2019 des discussions avec les talibans, dont une délégation avait été reçue à l’époque en Chine.

La dernière rencontre officielle dans le pays remonte à fin juillet.

Le n°2 des talibans, le mollah Abdul Ghani Baradar, s’était notamment entretenu avec le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi.

Un mois plus tôt, M. Wang avait proposé d’accueillir un dialogue inter-afghan.

La Chine n’a jusqu’à présent pas officiellement reconnu les talibans comme nouveau pouvoir légitime à Kaboul.

Les analystes estiment que l’instabilité en Afghanistan constitue pour la Chine une menace pour la sécurité de sa région frontalière du Xinjiang (nord-ouest).

L’Afghanistan, dispose d’abondantes ressources minérales

Cet immense territoire a longtemps été frappé par des attentats attribués à des séparatistes ou des islamistes de l’ethnie musulmane ouïghoure et Pékin y impose depuis quelques années une surveillance policière draconienne.

Selon des études d’instituts américain et australien, au moins un million de Ouïghours y auraient été placés dans des camps de rééducation anti-islamiste.

La Chine a par ailleurs rallié en 2016 l’Afghanistan, qui dispose d’abondantes ressources minérales, à son grand projet d’infrastructures des « Nouvelles routes de la soie ». 

Mais faute de sécurité, les investissements chinois restent modestes: 4,4 millions de dollars en 2020, selon le ministère chinois du Commerce.

 

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