Agression de la jeune athlète en Italie : aucun motif raciste selon le procureur de Turin – les agresseurs identifiés

2 août 2018
Mis à jour: 3 août 2018

Victime d’une agression dans la nuit du dimanche 29 juillet au lundi 30 août, le sort de Daisy Osakue a ému toute l’Italie. Blessée à l’œil après avoir reçu des œufs jetés d’une voiture roulant à vive allure, la jeune femme de 22 ans avait déclaré être victime d’une agression raciste. Un qualificatif que n’a pas retenu le procureur de la ville de Turin, pour qui aucun élément ne permet d’envisager un motif raciste pour l’instant. Les agresseurs ont été identifiés par les carabiniers. 

D’origine nigériane, la jeune athlète italienne avait déclaré au Corriere della Sera : « Pour moi, c’est du racisme, je le crois à 120 %. »

Mais selon un article du journal Il Fatto Quotidiano publié le 31 juillet, le procureur de Turin a retenu la qualification de « coups et blessures sans la circonstance aggravante du racisme ».

Pour le parquet de Turin, aucun élément n’indique en effet qu’il s’agisse d’une agression raciste.

D’autres incidents similaires ont été constatés les jours précédents l’agression de Daisy Osakue et le véhicule d’où ont été lancés les œufs avait déjà été signalé.

En outre, Brunella Gambino, une femme blanche de 48 ans qui réside dans le même quartier que Daisy Osakue, dans la petite ville de Moncalieri, a déclaré au Corriere Della Sera avoir été victime d’une agression identique le 25 juillet.

Elle a expliqué qu’elle venait de quitter une pizzeria en compagnie de deux amies, lorsque la Fiat a foncé vers elles tous feux éteints avant que les occupants ne leur lancent des œufs une première fois.

Mais cette fois-ci, le véhicule revint à la charge une seconde fois, lançant à nouveau des œufs qui atteignirent les 3 femmes.

Giuseppe Conte, Premier ministre de l’Italie. Crédit : VINCENZO PINTO/AFP/Getty Images

Interrogé le 30 juillet à propos de l’agression de Daisy Osakue, Giuseppe Conte, le Premier ministre italien, a parlé « d’acte inqualifiable ».

Il a indiqué s’être entretenu avec la jeune femme par téléphone pour lui exprimer sa solidarité et lui souhaiter « un prompt rétablissement et un brillant avenir ».

Néanmoins, le Premier ministre a précisé que Daisy Osakue, revenant sur ses premières déclarations au Corriere Della Sera, lui avait confié qu’il ne s’agissait pas d’une attaque raciste :

« Mais comme elle me l’a dit elle-même, cela ne semble pas être une attaque raciste, ceux qui ont fait ce geste n’ont pas fait de déclarations racistes », a souligné M. Conte auprès des journalistes du quotidien Il Giornale.

« Dès qu’une personne noire est agressée, on crie au racisme, il faut cesser cette psychose », a-t-il ajouté.

De son côté, le Vice-Premier ministre Luigi Di Maio a affirmé que « il n’y a pas de montée du racisme en Italie, on cherche juste à attaquer Matteo Salvini ».

Le 2 août dans la soirée, le Corriere Della Sera annonçait que les individus ayant agressé Daisy Osakue ainsi que Brunella Gambino et ses amies avaient été appréhendés par les carabiniers qui ont réussi à identifier la plaque d’immatriculation du véhicule utilisé pendant les agressions grâce aux bandes de vidéosurveillance des commerces se trouvant le long des rues empruntées par la voiture incriminée.

Le véhicule que les 3 agresseurs ont utilisé, une Fiat Doblo, appartient au père de l’un d’entre eux, Roberto De Pascali, conseiller municipal du Parti démocrate de la ville de Vinivo.

Vivement critiqué pour sa politique migratoire après l’attaque subie par Daisy Osakue le week-end dernier, Matteo Salvini a rapidement réagi sur Twitter :

« L’information ‘officielle’ a occupé des pages de journaux et des heures de nouvelles pour dénoncer la montée du racisme, alimentée par ce méchant Salvini », a écrit le ministre de l’Intérieur italien avec ironie.

« Ce n’étaient que des crétins qui n’étaient pas mus par le racisme mais par la stupidité. Et l’un des lanceurs est le fils d’un représentant du Parti démocrate ! », poursuit le responsable politique à propos des 3 jeunes gens confondus par les carabiniers.

« Même les fils des conseillers municipaux du Parti démocrate sont stupides. En tant que père, je me demande où j’avais tort », a réagi Roberto De Pascali avec amertume.

« Quand vous entendez certains épisodes, vous ne pensez jamais que votre enfant est impliqué. Je suis désolé pour ce qui est arrivé. Maintenant, lui et ses amis qui voudraient s’excuser auprès de Daisy, prendront la responsabilité. »

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