Les guerres de Vendée : la vérité dévoilée – 3e partie

Par Epoch Times
23 avril 2017
Mis à jour: 2 avril 2021

En 1792, Saint-Gilles-Croix-de-Vie, petite bourgade portuaire vendéenne, n’échappe pas à l’arrivée massive des troupes républicaines dans l’Ouest. À travers la peur des Royalistes et la crainte d’une invasion anglaise, c’est aussi l’Église et ses prêtres, notamment les réfractaires, ceux qui avaient refusé de porter serment à la constitution civile, qui est menacée. L’abbé Alexandre Ténèbre est originaire de Tours, mais venu en Vendée du fait d’un manque de curés. Car la Vendée d’avant la Révolution n’est guère catholique pratiquante. L’on devient curé surtout pour avoir une paroisse et ainsi un revenu, et peu par vocation.

L’abbé Ténèbre fait donc partie de ces réfractaires, mais jusqu’en 1792, il continue d’exercer à Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Seulement, avec l’arrivée des troupes républicaines, l’abbé Ténèbre va alors fuir jusqu’à Legé. Là, il rencontrera le capitaine Savin, bras droit de Charette, qui lui conseille de se rendre à La Tullévrière, hameau de quelque 80 âmes, bien caché dans une cuvette et très boisée, donc difficile à déceler. Ici, exceptée une petite rivière dénommée La Boulogne, il n’y a pas de route, seuls quelques chemins creux…

L’abbé Ténèbre sera accueilli et logé par le chef du village, Joseph Braud.

En juin 1794, Turreau arrive en Vendée avec les 12 Colonnes infernales. Il ordonne de massacrer la population et de brûler toutes les maisons.

Le 1er mars 1794, trois colonnes infernales partent de Legé en direction des Lucs-sur-Boulogne : l’une d’entre elles prend la direction de La Tullévrière. Les habitants du hameau paniquent alors, voyant les colonnes de fumée s’élever des villages alentour.

– Lire aussi : Les guerres de Vendée : la vérité dévoilée – 1re partie
– Lire aussi : Les guerres de Vendée : la vérité dévoilée – 2e partie
– Lire aussi : Les guerres de Vendée : la vérité dévoilée – 4e partie

Mais l’abbé Ténèbre réunit alors tous les habitants pour les apaiser : « Comme le village est encaissé et protégé, nous serons sauvés », leur affirmant de « rester ici, il n’y aura pas de problème ». Mais vingt-deux habitants vont faire le choix de quitter La Tullévrière et d’aller se cacher dans un petit bois qui se trouve entre Beaufou et les Lucs, pensant y être davantage en sécurité.

La Colonne infernale passe juste en face de La Tullévrière, elle détruit le hameau de La Picaudière et massacre la population mais ne voit pas La Tullévrière, elle poursuit son œuvre en direction des Lucs-sur-Boulogne…

C’est en fin de journée, avec l’arrivée de la pénombre, que les 22 habitants partis de La Tullévrière vont commettre une erreur : ils font du feu, croyant pouvoir cacher les braises. Des soldats républicains passant à quelques centaines de mètres du petit bois apercevront les feux… Ils seront tous massacrés.

Face à ces tueries et au désespoir des survivants, l’abbé Ténèbre va alors jouer un rôle important de soutien et d’apaisement. Il va canaliser la colère et la haine en proposant de construire une petite chapelle dédiée aux victimes des guerres de Vendée. Cette chapelle sera située sur le lieu où ils s’étaient tous rassemblés afin de prendre une décision. Ils la construiront jour après jour, tous les soirs après leur journée de travail, du mois de mars jusqu’au 28 décembre 1794.

En février 1795, le traité de La Jaunaye permet de rétablir la liberté de culte et l’abbé Ténèbre va ainsi quitter La Tullévrière pour rejoindre le marais de Saint-Jean-de-Monts. Il s’installe à Carvarine et va officier dans tout le marais jusqu’à Coëx. [1]

En 1797, les lois de la République imposent aux prêtres d’à nouveau prêter serment. L’abbé refuse. Alors qu’il dit la messe devant mille personnes et qu’il donne la communion à 300 d’entre elles, deux soldats républicains viennent l’arrêter. Les jours suivants, il est emmené aux Sables-d’Olonne en liberté surveillée puis condamné ensuite à la déportation en Guyane.

Il décrira cet exil infernal où, logés dans des huttes en paille à côté de la forêt amazonienne, ils sont à la merci de maladies ou d’animaux tels que les fourmis mangeuses d’hommes…

Napoléon, à son arrivée au pouvoir, autorisera le retour des déportés politiques. Au terme d’un voyage tumultueux, l’abbé regagnera les rivages français. Nommé à Vairé, il reviendra une seule fois à La Tullévrière pour marier la fille de Joseph Braud avec son cousin et sera ému de retrouver la petite chapelle entretenue par les habitants. L’évêque de Luçon acceptera de reconnaître la chapelle comme lieu de culte, mais la bénira sous le nom de « Notre-Dame des Martyrs du Bas-Poitou » alors que l’abbé Ténèbre souhaitait la dédier « Aux victimes des guerres de Vendée ».

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