[Édito] Allons enfants de la Patrie, le jour du vaccin est arrivé

Un rapport enterré du comité national d’éthique dézingue la stratégie gouvernementale sur la vaccination des enfants et adolescents.
Par La Rédaction
22 août 2021
Mis à jour: 29 août 2021

On voit moins le Professeur Delfraissy ces temps-ci. Le « Monsieur Covid » du gouvernement a presque totalement disparu des radars, au point que certains confrères se demandent s’il ne fait pas les frais d’un conflit direct avec le chef de l’État. « Jean-François Delfraissy a-t-il été bâillonné par Macron ? », s’interroge ainsi Europe 1. Rien ne filtre des raisons de cette sortie par la petite porte de celui qui porta pendant tout 2020 la communication Covid du gouvernement. Le brûlant rapport publié au mois de juin par le Comité Consultatif National d’Éthique (CCNE) est-il responsable de cette mise à l’écart ? Il faut savoir que Jean-François Delfraissy préside le CCNE en plus du Conseil Scientifique sur le Covid-19 – et le moins que l’on puisse dire est que les sages ont émis un avis très réservé sur le souhait du gouvernement de faire vacciner à toute force enfants et adolescents.

Dans cette crise mondiale inédite qu’est le Covid-19, les mythes s’écroulent les uns après les autres. La déesse « immunité collective », cariatide de la stratégie de vaccination systématique promue par le gouvernement, est déjà tombée en morceaux : son oracle annonçait en 2020 et début 2021 qu’avec 50 à 60% de population vaccinée, l´épidémie Covid-19 s’évanouirait d’elle-même. La France a maintenant dépassé ce cap avec 70% de vaccinés, d’autres pays comme l’Islande et Israël ont dépassé les 90% et pourtant le Covid est toujours à la fête. Le sobre Professeur Fischer, « Monsieur vaccin » du gouvernement, a donc dû avouer que l’immunité collective n’arriverait peut-être jamais.

Une autre de ces déesses prônait la « vaccination solidaire ». Nous sommes nombreux à l’avoir écoutée et avoir reçu une double injection de vaccin tout en n’en voyant pas l’utilité personnelle. Car elle appelait à quelque chose de noble et de patriote : accepter de prendre un risque individuel non nécessaire pour protéger ceux, plus fragiles, pour qui le Covid-19 est dangereux. Cette statue est de même tombée, avec la multiplication d’études internationales montrant que, vacciné ou pas, chacun porte la même charge virale et reste donc un vecteur de contamination à part entière.

Bien peu de piliers restent donc fermes pour soutenir le temple des croyances gouvernementales. Il n’y a encore d’à peu près solide que la réduction des formes graves de Covid-19 permise par la vaccination. Pour longtemps ?

Rappel sur les risques avérés d’une infection par le Covid-19

Entre ceux qui imaginent que le virus ne présente de danger pour personne et ceux qui le compareraient presque à Ebola, il est difficile de trouver la juste mesure. Certains médias titrent de plus en plus fréquemment sur des exemples angoissants tels que : « Il refuse de se faire vacciner. Quelques jours après, il meurt à l’hôpital », « Elle meurt en suppliant pour qu’on vaccine ses enfants ».

Ces exemples, s’ils ne sont pas mensongers, ne sont pas non plus représentatifs de la réalité car ils créent un effet de loupe artificiel sur des phénomènes marginaux. Pour accéder à l’image globale du risque Covid-19, l’étude la plus complète à ce jour a été publiée en février 2021 dans la prestigieuse revue Nature. Elle a été réalisée par des chercheurs de l’Université de Cambridge et de l’Institut Pasteur et est intitulée « Age-specific mortality and immunity patterns of SARS-CoV-2 ». (« Modèles de mortalité et d’immunité par âge du SARS-CoV-2 », ndlr). Dans cette étude qui analyse séparément les chiffres d’Europe, d’Amérique du Nord, d’Amérique du Sud, d’Afrique et d’Asie, les résultats ressortent avec une clarté parfaite : être atteint par le Covid-19 crée un risque de décès inférieur à 0,001% chez les enfants de 5 à 10 ans (pour un Covid diagnostiqué, ce qui ne prend donc pas en compte les nombreuses formes asymptomatiques non repérées). Le risque est à peine supérieur pour la tranche 10-20 ans. De l’autre côté de la pyramide des âges, le risque chez les plus de 80 ans est par contre compris entre 2,5 et 15%, avec une moyenne à 8%. Dans chaque tranche d’âge, l’absence de « comorbidité » fait diminuer le risque, qui augmente par contre si on en subit une (à savoir : cancer, surpoids, pathologie rénale, diabète, insuffisance cardiaque…).

Ces chiffres sont à mettre en regard, pour la stratégie de vaccination, du risque individuel pris lors d’une vaccination : d’après la CDC américaine, les effets secondaires des vaccins Covid-19 sont mortels dans 0,002% des cas. C’est peu, mais les mathématiques sont simples en comparant ces chiffres à ceux du risque Covid fonction de l’âge.

Vaccination des enfants et adolescents : un possible scandale sanitaire

Le gouvernement, qui avait saisi le Comité Consultatif National d’Éthique sur la question de la vaccination des mineurs, n’a pas attendu le retour de celui-ci pour prendre la décision de rendre quasi-systématique la vaccination pour les 12-17 ans. Le Conseil, pourtant habitué à un langage mesuré et poli, ne se prive pas de mentionner dans son rapport du mois de juin (et en caractères gras) son mécontentement face à cette attitude cavalière. Il va plus loin et désavoue nettement la politique du gouvernement, ce qui explique sans aucun doute le peu de visibilité qui lui a été donné.

Dans leur rapport, les sages rappellent d’abord un principe éthique central : un vaccin doit pour être acceptable offrir un bénéfice individuel direct pour la personne vaccinée, et collectif pour la constitution d’une immunité collective.

« Ce choix de stratégie est facilement compréhensible et acceptable pour des pathologies graves […], très contagieuses et menaçantes pour la santé publique, comme par exemple la rougeole. […] La Cour européenne des droits de l’homme a insisté sur l’idée que les onze maladies [pour lesquelles les enfants peuvent être vaccinés] étaient « particulièrement bien connues de la médecine ». On s’accordera à dire que ce n’est pas le cas de la Covid-19 dont on découvre chaque jour de nouvelles caractéristiques. »

De plus, continue le CCNE : « En tenant compte des données disponibles dans la littérature et de la situation actuelle en France, les formes graves de l’infection par la Covid-19 sont très rares chez les moins de 18 ans. […] La morbidité à moyen et long terme de l’infection semble également exceptionnelle dans cette population selon les premières données disponibles. Ainsi, le bénéfice individuel direct de la vaccination pour les enfants et les adolescents est très limité en termes de risques liés à l’infection. »

Cette analyse par les meilleurs experts nationaux aurait logiquement dû faire cesser la campagne de vaccination des adolescents. Pourtant, à la mi-août 2021 et du fait de la pression sociale, plus de 60% d’entre eux ont déjà reçu leur première injection. Dès la rentrée, les collèges et lycées seront mobilisés pour « convaincre » tous les autres jeunes de se faire vacciner et « lutter contre l’obscurantisme » des anti-vacc. C’est donc sans doute avec obscurantisme que le CCNE enchaîne dans la suite de son rapport : « Le recul existant ne permet pas d’assurer la pleine sécurité de ces nouveaux vaccins chez l’adolescent, […] et chez l’enfant aucune donnée n’est disponible. »

Dit plus clairement, les pays occidentaux – puisque la France suit une tendance générale – font consciemment prendre des risques, sans aucun bénéfice pour eux, à tous leurs enfants et adolescents ; ceci sous prétexte d’atteindre une immunité collective dont on sait maintenant qu’elle n’arrivera pas.

Le Comité National conclut à l’absence d’éthique des pressions sociales à la vaccination des adolescents. Pour les jeunes, « si la vaccination leur était présentée comme leur seule chance de retour à une vie normale, cette pression effective poserait la question de la validité de leur consentement. » « Le risque encouru ici est majeur », continue le rapport : « Si les adolescents recourent à la vaccination avec la certitude qu’elle leur permettra un retour à la vie normale et que cette motivation finit par être déçue dans les faits, c’est leur confiance dans les institutions qui risque d’être ébranlée à long terme. »

Des doses, des doses, des doses …

Dans une intervention vidéo donnée à La Tribune au printemps, le Professeur Delfraissy faisait son mea culpa sur la gestion de la crise en 2020 et appelait les décideurs à plus de modestie : « On a sans doute eu raison au niveau sanitaire, mais avons-nous eu raison au niveau humain ? »

La politique actuelle donne l’impression d’une urgence à consommer les doses de vaccin pré-commandées aux grandes entreprises pharmaceutiques, sans que la réalité du besoin médical ni la situation psychologique des jeunes Français et Françaises soit prise en compte : « Si l’impact de la pandémie, en termes de risques liés à l’infection, est très faible dans la population des enfants et des adolescents », alerte le CCNE, « l’impact psychologique a été majeur en particulier chez les adolescents, et plus encore dans les populations défavorisées. En d’autres termes, la politique de prévention appliquée à l’ensemble de la population française ne pourrait-elle pas apparaître comme excessive à l’égard de la jeunesse ? »

Le gouvernement entendra-t-il ce message, ou se trouve-t-il dans la situation où, comme le dit le dicton chinois, « une fois monté sur le tigre, il est difficile d’en descendre » ? La peur du discrédit en période de préparation de l’élection présidentielle 2022 peut l’empêcher de faire le choix le plus responsable.

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