Alors que l’homéopathie permet de diviser par 3 les prises d’anxiolytiques et par 2 celles d’antibiotiques, le gouvernement tranche en 2 mois sur son déremboursement

Par Laurent Gey - Epoch Times
10 juillet 2019 Mis à jour: 16 juillet 2019

L’homéopathie ne sera plus remboursée par la sécurité sociale d’ici à un an et demi, a tranché mardi le gouvernement, se rangeant ainsi à l’avis de la Haute autorité de santé (HAS) qui avait conclu à l’absence d’efficacité avérée de ces produits pharmaceutiques.

Dès le 1er janvier, les petites granules aujourd’hui remboursées à 30% ne le seront plus qu’à 15%, puis ce taux tombera à zéro en 2021, a-t-on appris mardi auprès du ministère de la Santé.

Interrogée par Le Monde, Valérie Lorentz-Poinsot, la directrice du groupe français Boiron, témoignait de son incompréhension devant cette décision prise en 2 mois sur 12 000 médicaments. « Lorsque Xavier Bertrand était ministre de la santé, il avait demandé une vaste étude, l’étude Epi 3, qui montrait que les traitements homéopathiques permettaient de diviser par deux les prises d’antibiotiques et d’anti-inflammatoires et par trois celles d’anxiolytiques. Il existe une étude majeure adaptée à l’homéopathie mais la HAS l’a écartée en utilisant le prétexte que les groupes de patients n’étaient pas comparables. »

Interviewée par LCI, elle affirme que « le déremboursement de l’homéopathie va coûter beaucoup plus cher aux finances publiques » rappelant aussi que le « mésusage des médicaments en France coûte 10 milliards de remboursement chaque année à la sécurité sociale, alors que l’homéopathie n’en coûte que 80 millions d’euros », avec une diminution conséquente de la prise des antibiotiques, anti-inflammatoires, anxiolytiques qui ont des effets secondaires pour la santé et qui coûte beaucoup plus cher à rembourser.

Valérie Lorentz-Poinsot rappelle aussi que « l’homéopathie est plébiscitée par des millions de Français. Il faut faire les choses correctement, en 2 mois, on ne peut pas évaluer 12 000 médicaments»

Une « fausse bonne idée » selon l’ancien ministre de la Santé Xavier Bertrand

Alors que « les patients sont des millions » à utiliser des produits homéopathiques et les médecins « des milliers » à le prescrire, un dérembourserment entraînerait « un transfert des prescriptions sur la médecine conventionnelle ce qui, économiquement, coûterait plus cher », écrit le président des Hauts-de-France (ex-LR) et ancien ministre de la Santé Xavier Bertrand dans cette lettre au président de la République.

Le déremboursement pèserait particulièrement sur « le pouvoir d’achat » des Français, poursuit-il : « en effet (…) ce sont nos concitoyens qui ont recours à l’homéopathie qui devront s’acquitter de cette dépense qui peut s’élever à plusieurs dizaines d’euros par mois ». Le prix augmenterait par ailleurs « automatiquement », avec une TVA plus élevée pour les produits non remboursés, ajoute l’élu.

Epochtimes.fr avec AFP

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