Alors que Xi appelle ses troupes à se préparer pour la guerre, une ville chinoise ordonne à ses habitants de préparer des fournitures d’urgence

Par Nicole Hao
21 octobre 2020
Mis à jour: 21 octobre 2020

Le 13 octobre, la ville de Shenzhen, dans le sud de la Chine, a ordonné à tous ses habitants de préparer des fournitures d’urgence de 72 catégories, comme de la nourriture et de l’eau en quantité suffisante pour 72 heures et des couvertures anti-feu.

Le ministère chinois de la Gestion des urgences et plusieurs administrations municipales, comme celles de Pékin et de Tianjin, ont émis des ordonnances similaires le mois dernier, mais la nouvelle est restée sans effet.

Shenzhen a fait son annonce le jour où le leader chinois Xi Jinping a demandé aux forces armées de se préparer à la guerre, alimentant ainsi les craintes que Pékin soit sur le point d’entrer en conflit.

Le leader chinois Xi Jinping a rendu visite aux troupes de la marine stationnées dans la ville de Chaozhou, à environ 3 500 km de Shenzhen, ainsi que dans la province de Guangdong, pour leur dire « de mettre toutes leurs pensées et leurs énergies pour préparer la guerre et rester en alerte ».

Shenzhen et Chaozhou sont situées à l’ouest de Taïwan.

Le 18 octobre, le journal South China Morning Post, dont le siège se trouve à Hong Kong, a cité une source militaire provenant de Pékin selon laquelle l’APL (Armée populaire de libération, nom officiel de l’armée chinoise) avait déployé son missile le plus avancé, le DF-17, sur la côte sud-est du pays pour préparer une éventuelle invasion de Taïwan.

Le régime chinois considère Taïwan comme une partie de son territoire, bien que l’île soit un État-nation à part entière qui possède son propre gouvernement démocratiquement élu, son armée et sa monnaie. Pékin a menacé de recourir à la force militaire pour faire entrer l’île dans son giron.

La police paramilitaire chinoise participe à des exercices d’entraînement à Shenzhen, dans la province de Guangdong, dans le sud de la Chine, le 5 juin 2017. (STR/AFP via Getty Images)

Shenzhen

Le 13 octobre, les autorités de la ville de Shenzhen ont annoncé que la liste des fournitures d’urgence était destinée aux habitants pour les préparer aux catastrophes naturelles. Elles ont donné aux habitants de la ville deux listes, une pour leurs « besoins de base » et une autre pour leurs « besoins complets ».

La première liste contient 14 catégories, dont une lampe de poche avec un générateur manuel à manivelle, qui peut être utilisé pour recharger les téléphones portables ; un masque pour respirer ; une échelle d’évacuation d’urgence ; suffisamment de nourriture et d’eau pour 72 heures ; une trousse de premiers secours, des médicaments, un imperméable qui peut être utilisé comme tente ; des ciseaux multifonctions, etc.

La seconde liste compte 72 catégories, comprenant plus d’éléments, comme la carte d’identité, le passeport, la licence de propriété, de l’argent liquide et une carte SOS rédigée en anglais, au cas où il faudrait demander de l’aide à une personne étrangère.

La police paramilitaire chinoise se déplace dans des camions et des véhicules blindés de transport de troupes lors d’une cérémonie de démonstration de force à Urumqi, dans la province du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine, le 29 juin 2013. (Mark Ralston/AFP via Getty Images)

Rhétorique militaire

Un commentateur des affaires chinoises basé aux États-Unis, Tang Jingyuan, a expliqué que l’annonce effectuée à Shenzhen faisait probablement partie d’une stratégie de propagande destinée à intimider Taïwan.

Cela fait partie de la stratégie de propagande de Xi Jinping visant à « intégrer Taïwan par la force », a déclaré M. Tang dans une interview téléphonique.

Tang Jingyuan a expliqué qu’il est peu probable que Pékin déclenche un conflit, car le régime chinois est confronté à des défis politiques. « Politiquement, Xi Jinping doit faire face à des problèmes majeurs provenant de différentes factions au sein du Parti communiste chinois. L’économie chinoise est en très mauvais état. Taïwan bénéficie du soutien des États-Unis, du Japon et de plusieurs autres pays développés, de sorte que la Chine ne disposera pas d’une force militaire supérieure à celle de Taïwan et de ses alliés. »

Dans une interview accordée à l’édition chinoise du journal Epoch Times, Wang Juntao, militant pour la démocratie et universitaire chinois basé aux États-Unis, a déclaré qu’il pensait que Xi Jinping ne déclencherait pas de conflit dans le détroit de Taïwan dans un avenir proche, mais qu’il pourrait le faire avant 2027.

Le père de Wang Juntao était auparavant un officier général de haut rang de l’Université de la défense nationale chinoise. M. Wang a donc des informations privilégiées provenant des milieux militaires.

« Environ la moitié des officiers supérieurs de l’APL ont été promus aux postes actuels alors qu’ils ne faisaient pas partie des troupes de combat ces dernières années, ils ne sont donc pas capables de diriger une véritable guerre pour le moment », a déclaré M. Wang. « Ensuite, un grand nombre d’armes de l’APL sont des armes nouvellement déployées, comme les chasseurs J-20. Les soldats ont besoin de temps pour être formés à l’utilisation de ces armes. »

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