Alpes-de-Haute-Provence : il désactive la sécurité d’une machine à trancher, son employée se fait broyer la main

Par Séraphin Parmentier
30 juin 2020
Mis à jour: 30 juin 2020

Jugé après un accident pendant lequel une employée d’une entreprise de charcuterie avait eu la main broyée, l’ancien directeur général de la société a admis avoir « pêché par faiblesse ».

Le lundi 29 juin 2020, Philippe Gabanou, ancien directeur général de l’entreprise Midi charcuterie, qui emploie 25 salariés, comparaissait devant la justice pour des faits qui remontent au 27 juin 2018.

Ce jour-là, vers 12 h 30, une employée intérimaire de cette PME de la ville des Mées a été victime d’un grave accident en manipulant une machine destinée à couper le jambon. Achetée d’occasion une dizaine d’années avant les faits, la machine tombe régulièrement en panne.

D’après la victime, elle était d’ailleurs tombée en panne « une dizaine de fois » dans la matinée du 27 juin 2018. Employée depuis trois semaines dans la société, l’intérimaire ne rappelle pas le technicien de maintenance.

Elle coupe le contact de la machine et ouvre le capot, ce qui aurait dû mettre l’appareil hors service. Elle glisse ensuite ses mains à l’intérieur pour « débourrer », mais la machine se remet subitement en marche. L’une des mains de l’employée est broyée par la lame.

Malgré une dizaine d’interventions chirurgicales depuis l’accident, la victime n’est toujours pas remise totalement, rapportent les journalistes du Dauphiné Libéré.

« Il n’y avait plus de système de sécurité car je l’avais désactivé », a expliqué Philippe Gabanou pendant l’audience. Le personnel n’avait pas été averti. « J’ai péché par faiblesse. J’aurais dû agir différemment, c’est dramatique, je suis peiné », ajoute-t-il.

« Pourquoi désactiver la sécurité ? » s’enquiert la présidente du tribunal.

« La faiblesse, toujours ! Il fallait changer ces pièces défectueuses. On ne l’a pas fait », répond le prévenu.

« C’est totalement irresponsable. Vous ne faites aucun cas de la vie d’autrui », s’emporte alors le substitut du procureur de la République.

Un an de prison et 10 000 euros d’amende pour l’ancien directeur général

La cour s’est également penchée sur la gestion de cette PME familiale créée par Gilbert Gabanou, avant d’être léguée à son fils Philippe et à sa fille.

« Je m’occupais de la gestion des ressources humaines et de l’aspect commercial. Mon frère de la production », a expliqué la sœur de l’accusé pendant l’audience.

Depuis la survenance de l’accident, Philippe Gabanou a été licencié et les tensions entre lui et sa sœur sont palpables. « On n’est pas ici pour faire de la thérapie familiale », s’agace ainsi l’avocat général.

Dans ses réquisitions, le substitut du procureur demandera une amende de 15 000 euros à l’encontre de l’ancien directeur général ainsi que 40 000 euros – dont 10 000 avec sursis – à l’encontre de la société Midi charcuterie.

Le tribunal a finalement condamné Philippe Gabanou à un an de prison ferme et 10 000 euros d’amende. L’entreprise SAS Midi charcuterie a pour sa part écopé d’une amende de 20 000 euros.

 

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