Crime contre l’humanité : un fils de « Malgré-nous » porte plainte contre l’Allemagne

Par afp
16 juillet 2019 Mis à jour: 16 juillet 2019

Gérard Michel, président de l’Association « Orphelins de pères Malgré-nous d’Alsace et de Moselle », a déposé plainte avec constitution de partie civile auprès du parquet de Strasbourg, pour l’incorporation de force de son père et de son oncle en 1944 et 1943, confirmant une information du journal L’Alsace. 

M. Michel, orphelin de « Malgré-nous » alsacien a porté plainte à Strasbourg contre l’Allemagne pour crime contre l’humanité, dans l’espoir d’obtenir une indemnisation équivalente à celles touchées par les orphelins de soldats allemands, a-t-il expliqué mardi.

« L’Allemagne refuse de nous indemniser au même titre que les orphelins allemands en disant que nous ne sommes pas allemands, alors qu’ils ont entraîné nos papas en leur mettant la nationalité allemande sur le dos, qu’ils le veuillent ou non », s’est-il indigné, précisant demander « exactement les mêmes indemnisations, pas un centime de plus ou de moins, que celles que l’Allemagne accorde à ses orphelins, à ses veuves ». 

Les « Malgré-nous », ces quelque 130 000 Alsaciens et Mosellans incorporés de force à partir de 1942 dans la Wehrmacht, ont été indemnisés après un accord trouvé en 1981 entre la France et l’Allemagne mais ne bénéficient pas d’une pension allemande puisqu’ils ont été reconnus comme des anciens combattants français.

« Mon père s’est sacrifié, il est parti quinze jours avant que les Américains débarquent, pour sauver ma mère enceinte jusqu’au cou. Il est enterré dans une fosse commune en Pologne, comme tant d’autres, et l’Allemagne ne s’est même pas excusée ! », déplore M. Michel, rappelant également que « 500 jeunes gens ont été tués dans la fleur de l’âge parce qu’ils ne voulaient pas rejoindre les Allemands ». 

« Un orphelin de guerre français a obtenu une allocation unique d’environ 920 euros (réévalués). Or, un volontaire dans les Waffen SS a pu engranger plus ou moins 400 euros par mois sur une période moyenne de 40 années, soit 192 000 euros », c’est-à-dire 200 fois plus, a calculé M. Michel, qui va se pencher sur la possibilité de porter plainte au nom de l’association qu’il préside.

En février, la révélation du fait qu’une poignée de collaborateurs du régime nazi percevaient toujours une pension allemande en Belgique avait suscité l’indignation.

Ces pensions sont versées chaque mois, en vertu d’un loi allemande, aux habitants de la Flandre ou de la Wallonie qui se sont engagés aux côtés de l’armée allemande, ainsi qu’aux enrôlés de force dans les territoires annexés de l’est de la Belgique.

D. S avec AFP

RECOMMANDÉ