Amazon retire discrètement un livre critiquant l’idéologie transgenre

Par Petr Svab
24 février 2021
Mis à jour: 24 février 2021

L’entreprise américaine de commerce en ligne Amazon a apparemment retiré de ses tablettes un livre qui traite de certains enjeux relatifs à l’idéologie transgenre. L’auteur a déclaré qu’il n’avait pas été prévenu et que la société n’avait donné aucune explication.

Le livre, When Harry Became Sally : Responding to the Transgender Moment de Ryan Anderson, a été retiré par Amazon, vers le 21 février. Le moment exact est difficile à déterminer puisque l’auteur, qui est président du groupe de réflexion Ethics and Public Policy Center basé à Washington, n’a appris le retrait que lorsque les gens l’ont informé qu’ils ne trouvaient pas le livre dans l’inventaire du détaillant en ligne, a-t-il déclaré au site d’information Daily Caller.

« J’espère que vous avez déjà acheté votre exemplaire, car Amazon vient de retirer mon livre When Harry Became Sally : Responding to the Transgender Moment, de leurs cyberboutiques », a écrit M. Anderson dans un tweet du 21 février.

Depuis l’après-midi du 22 février, les liens d’Amazon vers les versions papier et électronique du livre donnent lieu à des messages d’erreur.

Publié il y a trois ans, le livre stipule que la volonté d’encourager les personnes qui se sentent de sexe différent à celui qu’ils ont à se soumettre à des procédures de changement de sexe est motivée par l’idéologie plutôt que par des conseils médicaux judicieux, selon Matthew Franck, professeur de politique à l’université de Princeton, qui l’a examiné en 2018.

« Ryan T. Anderson a écrit le livre influent concernant le phénomène des transgenres, qui touche à la médecine, à la psychologie, à la culture, à la sociologie, au droit et à la politique publique », a déclaré M. Franck. « Ce faisant, il a peut-être sauvé les esprits et les corps, voire la vie même, de personnes qu’il ne connaîtra jamais. »

Amazon n’a pas répondu à une demande de commentaires d’Epoch Times, au moment de la publication.

Le livre a disparu du site à peu près au même moment où M. Anderson a publié un éditorial dans le journal New York Post, critiquant un projet de loi poussé par l’administration du président américain Joe Biden, qui viserait à insérer l’orientation et l’identité sexuelles comme catégories protégées par la loi sur les droits civils de 1964.

« Le projet de loi agirait comme une épée – pour persécuter ceux qui n’embrassent pas les nouvelles idéologies de genre », écrivait M. Anderson. « Il vicierait un binaire sexuel qui est littéralement inscrit dans notre code génétique et qui est fondamental pour beaucoup de nos lois, notamment les lois protégeant l’égalité, la sécurité et la vie privée des femmes. »

Le Congrès pourrait agir sur le projet de loi, dès cette semaine.

L’idéologie transgenre est devenue l’un des points centraux de la politique progressiste d’extrême gauche. Elle correspond au modèle des théories critiques « intersectionnelles » quasi-marxistes qui divisent la société en oppresseurs et opprimés, sur la base de caractéristiques telles que la race et l’identité de genre.

Le mois dernier, le président Joe Biden a signé un décret chargeant le gouvernement de redéfinir toutes ses politiques et réglementations concernant la discrimination fondée sur le sexe, pour y inclure l’« identité de genre ».

Le libellé du décret indique que les sports réservés aux femmes, les salles de bain et les vestiaires des institutions financées par le gouvernement fédéral, telles que les écoles, devront être ouverts aux hommes biologiques qui se considèrent comme des femmes et vice versa. Il introduit également l’identité de genre dans la définition de la discrimination sexuelle en matière de logement, de lieu de travail et de soins de santé.

Dans la nomenclature progressiste, l’identité de genre désigne un concept fluide qui inclut tout ce à quoi un individu peut penser à s’identifier, à un certain moment, sur la base de ses propres sentiments subjectifs.

Environ 2,1 % des étudiants s’identifient comme transsexuels, selon l’enquête du printemps 2020, sur l’évaluation de la santé dans les collèges nationaux (pdf). Seuls 0,3 % s’identifient comme transsexuels d’homme à femme ou de femme à homme. Pour les autres 1,8 %, les identités de genre les plus populaires sont « non binaires », « gender fluid », « genderqueer » et « mon identité n’est pas répertoriée ».

Les discussions en ligne entre les personnes qui se considèrent comme l’un des nouveaux genres indiquent que leur auto-identification peut changer d’un jour à l’autre. Parfois, elles peuvent se considérer comme des femmes, d’autres fois comme des hommes, comme des androgynes, ou comme l’un des nombreux autres « genres » alternatifs.

Le cas de M. Anderson n’est pas le premier. Amazon semble s’engager dans la censure sur ce sujet.

L’année dernière, la journaliste Abigail Shrier a déclaré qu’Amazon avait refusé la publicité payée pour son livre, Irreversible Damage: The Transgender Craze Seducing Our Daughters.

Amazon n’a pas répondu à une précédente demande de commentaires sur cette décision.

En novembre 2020, l’entreprise de grande distribution Target a retiré le livre de Mme Shrier de sa boutique, après que des militants du transgenre s’en sont plaints en ligne.

Target a annulé la décision à la suite de la réaction du public.

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