Amazon retire Parler de son service d’hébergement web

Par Janita Kan
11 janvier 2021
Mis à jour: 12 janvier 2021

Parler résiste à une nouvelle tentative de suppression de son réseau social après qu’Amazon a déclaré que le service d’hébergement web de l’entreprise serait suspendu.

Le fondateur et PDG de Parler, John Matze, a déclaré que la multinationale technologique fermera les serveurs de Parler à minuit le dimanche 10 janvier.

M. Matze a qualifié cette décision de « tentative de supprimer complètement la liberté d’expression sur Internet ».

Il a ajouté que Parler pourrait être indisponible jusqu’à une semaine alors qu’ils sont en train de travailler à la reconstruction du service de réseau en ligne.

« Nous nous étions déjà préparés à des événements tel celui-ci en ne nous reposant jamais entièrement sur l’infrastructure qui est la propriété d’Amazon en élaborant nos propres systèmes », a déclaré M. Matze.

« Nous allons faire de notre mieux pour passer à un nouveau fournisseur dès maintenant, car notre entreprise fait face à beaucoup de concurrents, néanmoins Amazon, Google et Apple ont fait cela délibérément dans le cadre d’un effort coordonné, sachant que nos options seraient limitées et que cela causerait le plus de dommages, au moment précis où le président Trump a été banni des entreprises technologiques. »

Cela vient après qu’Apple et Google ont déclaré qu’ils allaient retirer Parler des applications disponibles, attirant ainsi un grand nombre d’utilisateurs libéraux et conservateurs. En effet, les géants de la technologie agiraient en réponse à l’approche laxiste de l’entreprise concernant les contenus violents qui seraient postés par ses utilisateurs, ce que Parler conteste.

Apple n’a pas souhaité répondre immédiatement aux questions d’Epoch Times concernant la décision d’interdire le réseau social.

M. Matze a déclaré qu’il pense que la décision des grandes entreprises technologiques est une « attaque coordonnée » pour « tuer la concurrence sur le marché ».

« Nous avons eu trop de succès trop rapidement. Vous pouvez vous attendre à ce que la guerre contre la concurrence et la liberté d’expression continue, par contre ce sera sans nous », a-t-il ajouté.

La décision des grandes entreprises technologiques de cibler Parler survient alors que Twitter et d’autres entreprises de la Silicon Valley intensifient leur contrôle sur les déclarations et les commentaires du président Donald Trump, ou encore des conservateurs et d’autres voix qu’ils considèrent comme pouvant causer du tort.

Vendredi, Twitter a supprimé définitivement le compte de Trump sur sa plateforme et a justifié sa censure en affirmant que le président avait violé sa « politique de glorification de la violence ». Le compte Twitter de la campagne Trump a également été supprimé.

La modération ciblée de ces entreprises semble avoir été déclenchée par les troubles civils et les actes de violence qui se sont produits mercredi 6 janvier au Capitole de Washington. Un groupe de manifestants violents et une minorité de manifestants brandissant des drapeaux américains et Trump ont illégalement envahi le bâtiment du Capitole alors que les législateurs étaient en train de compter les voix lors d’une session conjointe du Congrès. La manifestation violente a fait cinq morts et des dizaines de policiers blessés.

Dans un courriel obtenu par Buzzfeed, Amazon a déclaré à un représentant de Parler que la suspension était due aux « violations répétées » des conditions de service d’Amazon par la société.

« Au cours des dernières semaines, nous avons rapporté 98 exemples à Parler de messages qui encouragent et incitent clairement à la violence », peut-on lire dans le courriel.

« Récemment, nous avons constaté une augmentation constante de ces contenus violents sur votre site web, qui violent toutes nos conditions. Il est évident que Parler ne dispose pas d’un processus efficace pour se conformer aux conditions des services AWS d’Amazon. Il semble également que Parler n’est pas encore suffisamment ferme en matière de modération de contenu. Vous supprimez certains contenus violents lorsque nous ou d’autres personnes vous contactent, mais pas toujours de manière urgente.

« AWS fournit une technologie et des services à des clients de tout l’éventail politique, et nous continuons à respecter le droit de Parler de déterminer lui-même les contenus qu’il autorise sur son site. Toutefois, nous ne pouvons pas fournir de services à un client qui ne serait pas en mesure d’identifier et de supprimer efficacement un contenu qui encourage ou incite à la violence contre d’autres personnes », ajoute le courriel.

Le contrôle déséquilibré du contenu des utilisateurs et de certaines opinions politiques a suscité des inquiétudes quant au droit à la liberté d’expression et au manque de contrôle des grandes entreprises technologiques. Les discussions sur la limitation ou la suppression des protections en matière de responsabilité, prévues par la section 230 de la loi de 1996 sur la décence des communications, pour les entreprises technologiques qui se sont engagées dans la censure ou la conduite politique, ont été largement débattues au cours de l’année dernière.

La décision de Twitter de supprimer le compte de Trump a fait l’objet d’un examen approfondi. Le secrétaire d’État américain au logement et au développement urbain, Ben Carson, le secrétaire d’État Mike Pompeo et l’ancien ambassadeur des Nations unies, Nikki Haley, ont comparé la décision de Twitter à la conduite du Parti communiste au pouvoir en Chine.

« Faire taire les gens, sans parler du président des États-Unis, c’est ce qui se passe en Chine, pas dans notre pays », a écrit Mme Haley.

« Vous voulez interdire @realDonaldTrump, d’accord, vous êtes une société privée, mais @Twitter supprimant le compte du président où  se trouve son administration et son historique est une erreur. Le fait d’interdire toutes les images de la manifestation violente du Capitole va laisser des traces. Nous ne sommes pas en Chine », aécrit M. Carson.

Le 1er janvier, le porte-parole adjoint du mikistère des Affairescétrangères Cale Brown a capturé un message Twitter du nouveau chef du Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran qui menaçait des fonctionnaires américains. Le compte du fonctionnaire iranien est toujours actif sur Twitter.

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