Le « bon Américain »

Par Dennis Prager
15 janvier 2021
Mis à jour: 16 janvier 2021

Dans l’un de mes récents articles, j’ai expliqué comment j’en suis arrivé à mieux comprendre le problème moral d’un « bon Allemand » – le terme utilisé pour décrire un Allemand moyen, vraisemblablement décent, qui n’a rien fait pour persécuter les Juifs à l’époque nazie, mais qui n’a rien fait non plus pour les aider ni pour s’opposer au régime d’Hitler.

En observant l’Amérique accepter le confinement des gens et de l’économie du pays, injustifiable du point de vue rationnel et moral, je suis arrivé à la conclusion suivante : « L’apathie face à la tyrannie n’est pas une particularité spécifiquement allemande ou russe. Je n’ai jamais pensé que cela pouvait arriver en Amérique. »

En une semaine, la situation s’est aggravée. Aujourd’hui, nous sommes confrontés à un confinement de la parole comme on n’en a jamais vu en Amérique. Les parallèles avec l’Allemagne nazie sont encore plus frappants. Le parti de gauche (les démocrates) et les médias de gauche (les « grands médias ») utilisent l’invasion du Capitole par la foule exactement de la même manière que les nazis ont utilisé l’incendie du Reichstag.

Le 27 février 1933, exactement un mois après l’arrivée du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (les nazis) au pouvoir, le bâtiment du parlement allemand, le Reichstag, a été incendié. Les nazis en ont attribué la responsabilité au parti communiste, leur ennemi et rival dans la lutte pour le pouvoir à l’époque, et ont profité de cet incident pour étouffer le Parti communiste en le privant de sa capacité à publier, à se prononcer et à diffuser son message. Utilisant l’incendie du Reichstag comme prétexte, les nazis ont adopté la loi d’habilitation – une loi qui donnait au chancelier allemand nazi, Adolf Hitler, le pouvoir d’adopter des lois par décret – sans l’approbation du Reichstag.

Passons maintenant à l’Amérique de 2021.

Le 6 janvier 2021, une foule de quelques centaines de personnes s’est détachée de la manifestation pacifique de droite américaine, qui impliquait des dizaines, voire des centaines, de milliers de conservateurs, et a fait irruption dans le bâtiment du Capitole à Washington. Un policier du Capitole a été tué après avoir été frappé à la tête avec un extincteur, et une personne parmi les envahisseurs du Capitole a été abattue par un policier du Capitole. (Quelques autres personnes dans les environs du Capitole sont mortes de causes non violentes.)

Hormis les vitres brisées, la foule semble avoir fait peu de dégâts au Capitole. Leur intention n’est toujours pas claire. Il semble qu’il s’agissait en grande partie de défoulement. Ils n’ont fait de mal à aucun législateur et si certains avaient l’intention de renverser le gouvernement, ils étaient délirants.

Dès le lendemain, la gauche américaine a utilisé l’irruption au Capitole de la même manière que les nazis ont utilisé l’incendie du Reichstag : comme une excuse pour assujettir ses ennemis conservateurs et étouffer davantage les libertés civiles en Amérique – en particulier la liberté d’expression.

Twitter a non seulement fermé définitivement le compte du président des États-Unis, mais l’a également suspendu de façon permanente sur ce réseau social. Facebook et certains autres applications et services ont également suspendu le profil de Trump.

La gauche a pu faire tout cela non seulement en utilisant l’incident avec la foule qui a envahi le Capitole, mais aussi en se livrant à une série de mensonges.

Le premier consistait à attribuer la responsabilité de cette irruption à Donald Trump. À maintes reprises, dans tous les médias de gauche et selon les déclarations répétées des démocrates, le président américain est accusé d’avoir « incité » l’émeute dans son discours juste avant qu’elle n’ait lieu. Cependant, les paroles de Trump ne sont presque jamais citées. Parce qu’il n’y a rien à citer. Au contraire, il a dit : « Je sais que tout le monde va bientôt marcher vers le bâtiment du Capitole pour faire entendre vos voix de manière pacifique et patriotique. »

Un autre mensonge a été l’étiquetage immédiat de l’irruption de la foule dans le Capitole comme « insurrection ». Tous les médias de gauche et tous les démocrates qualifient maintenant cet incident « d’insurrection », un terme défini par presque tous les dictionnaires comme « un acte de soulèvement contre l’autorité civile ou un gouvernement établi ». Aussi répugnantes que soient les actions de la foule, elles ne constituaient pas un soulèvement contre l’autorité civile ou un gouvernement établi.

Le fait de perturber le travail des législateurs pendant quelques heures – aussi mal que cela puisse être – ne constitue pas un « soulèvement ».

En outre, ce qui montre que l’étiquette « insurrection » de la gauche est un mensonge, c’est le fait que les démocrates et leurs médias n’ont jamais qualifié « d’insurrection » les émeutes de gauche survenues en 2020 – les émeutes qui ont impliqué la destruction par le feu et/ou l’occupation et le vandalisme de postes de police, ainsi que la création de « zones autonomes » – qui, par définition, se sont soulevées contre des « gouvernements établis ». L’énorme quantité d’entreprises et de commerces pillés, incendiés ou détruits d’une autre manière a été à peine rapporté par les grands médias tandis que les auteurs de ces crimes violents n’ont presque jamais été poursuivis, et encore moins condamnés, pour s’être livrés à une insurrection.

Des dizaines de personnes ont été tuées lors de ces émeutes, mais il y a eu plus de protestations et de condamnations contre l’occupation du Capitole américain pendant quelques heures que contre six mois d’émeutes violentes de gauche.

Puis, comme le régime nazi après l’incendie du Reichstag, la gauche a immédiatement pris des mesures pour restreindre davantage les libertés civiles, en particulier la capacité des conservateurs à partager leurs idées. Twitter et Amazon ont rendu impossible l’existence de Parler, un réseau social alternatif à Twitter – et cela au nom de la prévention d’une autre « insurrection » de droite.

Au nom de « l’insurrection » du Capitole, les démocrates ont lancé une nouvelle procédure de destitution du président des États-Unis – ceci à seulement une semaine de la fin de son mandat.

Au nom de « l’insurrection » du Capitole, le rédacteur en chef de Forbes, Randall Lane, a annoncé que, dans ce qu’il a appelé « un jugement de vérité », les médias de Forbes « tenaient pour responsables tous ceux qui avaient menti pour Trump ». Il a martelé : « Si vous engagez n’importe lequel (des attachés de presse) de Trump, Forbes considérera que tout ce dont parle votre société ou votre entreprise est un mensonge. »

Au nom de « l’insurrection » du Capitole, 159 professeurs de droit de l’Université Chapman ont appelé au licenciement de John Eastman, un professeur de droit titulaire et ancien doyen de la faculté de droit de cette université – ceci à cause de « ses actions de mercredi qui ont contribué à inciter une émeute ». Le « crime » d’Eastman consistait d’avoir pris la parole lors du rassemblement de Trump.

Les professeurs ont conclu leur lettre au Los Angeles Times par cette phrase : « Il n’a pas sa place sur notre campus. »

Des mots bien choisis.

Ce que fait la gauche, c’est annoncer – et faire appliquer – le fait que les conservateurs « n’ont pas leur place » dans notre société. Les parallèles avec 1933 sont frappants. Cependant, la plupart des « bons Américains » se taisent, tout comme la plupart des Allemands à l’époque. Bien qu’ils ne risquent pas d’être tabassés, est-ce que les Américains en 2021 ont autant peur de la gauche américaine que les Allemands en 1933 avaient peur des nationaux-socialistes allemands ?

Nous sommes sur le point de le découvrir.

Dennis Prager est chroniqueur et animateur des émissions radio diffusées à grande échelle.

Élections américaines – Un deuxième impeachment contre Trump

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