Amiens: un patient négatif au virus de Wuhan, mais traité quand même à la chloroquine, témoigne

Par Nathalie Dieul
24 mars 2020
Mis à jour: 24 mars 2020

Au CHU d’Amiens, un patient présentant des symptômes du nouveau coronavirus a reçu un traitement à la chloroquine après s’être « senti mourir ». Son état s’est amélioré en l’espace de 48 heures de traitement. Pourtant, selon l’hôpital, les deux tests du virus de Wuhan étaient négatifs.

Quelque jours après avoir été diagnostiqué d’une bronchite pour laquelle son médecin lui a prescrit des antibiotiques, Xavier Fouque a dû être emmené par ambulance aux urgences du CHU d’Amiens (Somme) le 17 mars, témoigne-t-il auprès de nos collègues de France 3.

Sans fièvre mais avec des « brûlures dans la gorge et les poumons » et des quintes de toux sévères, le père de quatre enfants de Laviéville se fait tester pour le coronavirus de Wuhan, également appelé « virus du Parti communiste chinois » par des Chinois de plus en plus nombreux à cause de l’ingérence et de la dissimulation du régime qui a entraîné la pandémie à l’échelle mondiale.

Le 20 mars, une grosse crise de toux empêche l’homme de 48 ans de respirer. « Je me suis senti mourir. […] J’ai quatre enfants, je n’ai cessé de penser à eux. J’ai eu tellement peur de les abandonner », raconte-t-il.

Un deuxième test pour le coronavirus est pratiqué, mais pour la seconde fois, les résultats ne sont pas divulgués au patient qui croit qu’il s’agit de l’infection qui préoccupe la planète actuellement. Des étiquettes indiquant « Nouveau Coronavirus Covid-19 » sont même présentes dans la salle de bain de sa chambre d’hôpital.

Un traitement à base d’hydrochloroquine ainsi que d’une molécule destinée à traiter les infections à la gorge et aux bronches lui est administré à partir de ce jour-là, et en 48 heures, l’état de santé de Xavier s’améliore considérablement.

« Je me sentais encore faible, mais je me sentais déjà mieux« , témoigne le patient qui estime que l’équipe soignante lui a « sauvé la vie. »

Pourtant, 48 heures après le début du traitement, les deux tests reviennent négatifs et le CHU d’Amiens stoppe le traitement à la chloroquine, même si le patient n’est toujours pas informé du résultat des tests. Malgré tout, l’état de santé de Xavier Fouque est nettement meilleur : « Avant, j’avais des inhalations d’oxygène régulièrement, entre 8 et 12 par jour. Aujourd’hui, seulement en cas de besoin, quand la respiration devient trop difficile. »

Le père de famille est encore sous surveillance et si l’amélioration continue, il pourrait être renvoyé chez lui pour finir sa convalescence.

« Je remercie les soignants chaque fois qu’ils entrent dans ma chambre. Ce ne sont pas des soldats, mais ça y ressemble », indique Xavier, rempli de gratitude.

France 3 ajoute que le traitement, encore au stade expérimental, ne fait pas l’unanimité parmi les médecins. L’infectiologue Karine Lacombe a par exemple déclaré à France 2 que ce qui se passe à Marseille est « absolument scandaleux » et « en dehors de toute démarche éthique ».

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