Un ancien combattant ayant perdu ses jambes en Irak devient le premier double amputé à atteindre le sommet du Cervin

Par Louise Bevan
24 août 2020
Mis à jour: 24 août 2020

Un vétéran britannique qui a perdu ses deux jambes en Irak célèbre une grande victoire personnelle. Neil Heritage, 39 ans, est devenu le premier double amputé au-dessus du genou à escalader la montagne Matterhorn, haute de 4 478 m, dans les Alpes suisses, un exploit réalisé lors de sa troisième tentative.

Il a fait l’ascension avec Mark Hooks, 46 ans, un ami de sa ville natale de Poole dans le Dorset, en Angleterre, et trois guides de randonnée. Ils a fallu trois jours d’une difficile ascension pour atteindre le sommet le 7 août.

Mais le voyage n’a pas été sans heurts.

Heritage atteint le sommet du Cervin le 7 août 2020 (Avec l’aimable autorisation de Neil Heritage )

L’une des prothèses de jambes de Neil s’est déboîtée à environ 100 mètres du sommet, ce qui, selon M. Hooks, a causé « un peu d’embouteillage » à la fin de l’ascension.

« Un des guides a croisé Neil alors qu’il était assis sur le flanc de la montagne », a-t-il déclaré au Daily Mail, « il restait de 20 à 30 minutes d’épreuve. »

(Avec l’aimable autorisation de Neil Heritage)

l’équipe a continué à gravir la montagne et a finalement atteint le sommet. Pour M. Heritage, à qui le succès avait échappé en raison de mauvaises conditions météorologiques lors de ses précédentes tentatives en 2016 et 2018, ce triomphe était synonyme de joie et de consécration.

« Le souvenir des deux échecs précédents ont été la raison pour laquelle ce fût si émouvant cette fois ci », a réfléchi Heritage. « Trois années de travail acharné. »

M. Hooks a décrit sa dernière ascension comme « incroyable » et « très émotionnelle. »

« Quand nous sommes arrivés au sommet, c’était tellement spécial », a ajouté Hooks,« réussir à réaliser une chose pour laquelle nous avons travaillé si dur au fil des ans. »

(Avec l’aimable autorisation de Neil Heritage)

M. Hooks a affirmé que la descente était plus difficile que d’atteindre le sommet de la montagne. « C’était difficile de descendre après tous les efforts et l’exaltation d’être arrivé au sommet », a-t-il partagé, « puis le dur labeur de la descente a commencé. »

Le Cervin est considéré comme l’une des montagnes les plus meurtrières du monde, avec une dizaine de morts chaque année. Aujourd’hui, la majorité des alpinistes sont accompagnés de guides de randonnée.

Cependant, M. Heritage n’a pas fait l’ascension pour le seul plaisir de la réussite personnelle, mais aussi au profit d’une collecte de fonds pour son association caritative, Climb 2 Recovery. Au moment où nous écrivons ces lignes, elle a récolté plus de 10 000 €.

L’Association aide les vétérans blessés à se rétablir physiquement et mentalement grâce à des cours d’escalade adaptés. Depuis son inauguration en 2016, l’Association s’est engagée auprès de 38 vétérans, dont huit sont devenus instructeurs d’escalade.

Les randonneurs se tiennent devant le mont Cervin au-dessus de la station balnéaire de Zermatt, en Suisse, alors qu’une vague de chaleur balaie l’Europe le 8 août 2020 (FABRICE COFFRINI / AFP via Getty Images)

M. Héritage a perdu ses jambes en novembre 2004 alors qu’il servait à Camp Dogwood, en Irak, rapporte The Sun. Un kamikaze a fait exploser son engin explosif, provoquant des blessures dévastatrices à l’ancien soldat et la double amputation qui s’en est suivie.

Il n’a reçu aucune compensation financière ; l’accident s’est produit cinq mois seulement avant l’entrée en vigueur du régime d’indemnisation des forces armées. Pendant ce temps, les médecins ont dit à M. Héritage qu’il ne remarcherait plus jamais.

Heritage (deuxième à gauche) et son équipe d’escalade (avec l’aimable autorisation de Neil Heritage)

Le vétéran, cependant, à l’aide de prothèses spécialement adaptées, a prouvé aux médecins qu’ils avaient tort. Depuis, il a appris à skier, participé à des triathlons et traversé l’océan Atlantique à la rame.

« Dans les premières années qui ont suivi ma blessure, l’idée de marcher et de mener une vie normale semblait inatteignable », a partagé M. Héritage, ajoutant qu’il espérait que ses exploits prouveraient aux autres qu’il existe une vie au-delà de la déficience.

« Ce défi me fait réaliser tout le chemin que j’ai parcouru », a-t-il déclaré.

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