Une mère réprimandée alors qu’elle parlait de son fils tué par un immigrant en situation irrégulière

Par Zachary Stieber
14 septembre 2019 Mis à jour: 14 septembre 2019

Une mère, dont le fils a été tué par un immigrant sans-papier, a été huée alors qu’elle témoignait des circonstances de sa mort au Massachusetts State House, le siège du gouvernement de l’État, la semaine dernière.

Maureen Maloney, une « Angel Mom », expliquait comment son fils, Matthew Denice, est mort après qu’un immigrant clandestin, conduisant en état d’ébriété, l’a heurté en 2011. Son fils, alors âgé de 23 ans, est resté coincé sous le camion et a été traîné sur près de 400 m, alors que des témoins poursuivaient le véhicule en criant au conducteur, un Équatorien, de s’arrêter.

« Angel Mom » – pouvant être traduit par maman ange – est une organisation à but non lucratif, lancée par Donald Trump, qui « défend les familles dont les proches ont été tués par des étrangers en situation irrégulière ».

Mme Maloney a commencé son témoignage en montrant aux personnes présentes une photo de son fils, et en rappelant comment il a été tué par Nicolas Dutan Guaman, condamné à 12 ans de prison pour son méfait. À peine 90 secondes après qu’elle eut commencé à parler, un homme derrière elle, a commencé à la huer, a rapporté le journal Boston Herald.

Sans se laisser décontenancer par le chahut, Mme Maloney a expliqué qu’elle essayait de sauver des vies avec son témoignage.

« Ça m’a rendue plus déterminée », a-t-elle confié au Boston Herald.

« Je ne veux pas que d’autres personnes perdent la vie comme mon fils Matthew. Je ne veux pas que d’autres familles aient le chagrin dont ma famille souffre. Et c’est de là que je puise la force et l’endurance pour continuer à faire ça. »

La barrière située près de la frontière entre les États-Unis et le Mexique, près du fleuve Colorado, dans l’État de l’Arizona, le 13 avril 2019. (Charlotte Cuthbertson/The Epoch Times)

Alors que des immigrants clandestins déclarent qu’en raison de leur situation irrégulière, ils sont susceptibles d’être séparés temporairement de leurs enfants, Maureen Maloney, en tant que mère endeuillée, pense : « Je suis assise ici et je me dis : ‘J’ai été séparée pour toujours [de mon fils]’. »

« Ils ont peur d’être expulsés, mais ils peuvent emmener leurs enfants avec eux, ou leurs enfants peuvent aller leur rendre visite. Je n’ai pas cette option », a-t-elle ajouté.

Mme Maloney fait partie des personnes qui ont témoigné contre deux projets de loi visant à permettre aux immigrants illégaux d’obtenir un permis de conduire. Selon le Migration Policy Institute, environ 173 000 immigrants illégaux vivent dans l’État du Massachusetts.

Selon le service de presse de la Chambre d’État, les partisans en faveur de ces deux projets de loi (HB 3012 et SB 2061) ont fait salle comble.

La députée démocrate Tricia Farley-Bouvier, co-instigatrice des projets de loi de la Chambre des représentants, a déclaré qu’elle espère pouvoir séparer les lois sur la conduite automobile des lois sur l’immigration.

« Nous savons tous que l’Assemblée législative de l’État du Massachusetts n’a aucun contrôle sur le système d’immigration légale très fragmenté de ce pays. Si l’Assemblée législative du Massachusetts en avait le pouvoir, nous aurions réglé cela il y a des années », a-t-elle déclaré lors de l’audience devant le Comité des transports le 4 septembre.

« Nous savons ce que nous pouvons contrôler : ce sont les lois de l’État du Massachusetts. Et les permis de conduire sont du ressort de cet État. »

« C’est un projet de loi sur la sécurité publique. L’adoption de ce projet de loi signifiera que tous les conducteurs du Massachusetts seront formés, auront un permis et une assurance. Si tous les conducteurs sont formés, titulaires d’un permis et assurés, alors tous les conducteurs, tous les passagers, tous les cyclistes (…) et les piétons seront en sécurité », a-t-elle ajouté.

Le gouverneur du Massachusetts, Charlie Baker, prend la parole lors du National Clean Energy Summit 9.0 à Las Vegas, dans l’État du Nevada, le 13 octobre 2017. (Isaac Brekken/Getty Images pour le National Clean Energy Summit)

Même si le projet de loi venait à être adopté par la Chambre des représentants et le Sénat, le gouverneur Charlie Baker a clamé qu’il ne l’appuyait pas.

« Mon problème avec l’octroi de permis aux sans-papiers, c’est justement ça. Il n’y a pas de document prouvant qu’ils sont ce qu’ils prétendent être. Et un permis de conduire est l’équivalent d’un passeport pour beaucoup de choses », a-t-il dit aux journalistes avant l’audience.

« Je pense que notre point de vue correspond à la loi actuellement en vigueur, qui dit essentiellement que tant que votre présence est légalement reconnue par le gouvernement fédéral, vous pouvez obtenir un permis de conduire au Massachusetts, c’est la politique que nous appuyons. »

Bien que 13 États aient adopté des lois permettant aux immigrants illégaux d’obtenir un permis de conduire, un sondage réalisé par Rasmussen Report ce mois-ci a montré que seulement 35 % des sondés approuvent l’admissibilité des immigrants à un permis de conduire.

Le sondage a également montré que 57 % des personnes interrogées déclarent s’opposer au fait que des immigrants illégaux puissent avoir un permis, comparativement à 77 % il y a 12 ans. Le sondage a été mené du 5 au 8 septembre sur près de 1 000 votants par téléphone et en ligne, avec une marge d’erreur de plus ou moins trois points de pourcentage.

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