Anthony Fauci n’est « pas convaincu » que le Covid-19 se soit développé naturellement, et soutient une enquête sur l’origine du virus

Par Isabel van Brugen
26 mai 2021
Mis à jour: 26 mai 2021

Le Dr Anthony Fauci, expert en maladies infectieuses, a admis qu’il n’est désormais « pas convaincu » que le Covid-19 se soit développé naturellement, et a appelé à une enquête plus approfondie sur les origines du virus.

Dr Fauci, qui dirige l’Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAID), s’est vu demander par PolitiFact s’il était convaincu que le virus du PCC (Parti communiste chinois) se soit développé naturellement.

« Non en réalité. Je ne suis pas convaincu de cela. Je pense que nous devrions continuer à enquêter sur ce qui s’est passé en Chine jusqu’à ce que nous continuions à découvrir ce qui s’est produit », a déclaré M. Fauci lors d’un événement organisé par Poynter, « United Facts of America : Un festival de la vérification des faits », le 11 mai.

« Certes, les personnes qui ont enquêté disent qu’il s’agissait probablement de l’émergence d’un réservoir animal qui a ensuite infecté des individus. Mais cela pourrait être autre chose et nous devons le découvrir. C’est la raison pour laquelle j’ai dit que j’étais parfaitement favorable à toute enquête sur l’origine du virus », a-t-il poursuivi.

Le même jour, lorsqu’un médecin lui a demandé, lors d’une audition au Sénat, s’il était possible que le Covid-19 soit issu d’un accident de laboratoire à Wuhan, M. Fauci a répondu : « Cette possibilité existe certainement. »

« Je suis totalement en faveur d’une enquête complète pour savoir si cela a pu se produire », a-t-il répondu.

Les premiers rapports sur l’épidémie du virus du PCC venaient de la ville centrale de Wuhan, en Chine, à la fin de 2019, à la suite du signalement d’un ensemble de cas sur les médias contrôlés par l’État, comme étant lié à un marché local d’animaux vivants, aussi appelé un marché humide. Plus d’un an plus tard, les origines du virus restent inconnues, bien que la possibilité que le virus ait fui d’un laboratoire de l’Institut de virologie de Wuhan en Chine soit désormais plus largement reconnue.

Quelques jours après l’événement de Poynter, PolitiFact s’est discrètement rétracté d’une vérification des faits datant de septembre 2020, qui qualifiait d’inexacte et de « théorie de la conspiration démystifiée » l’affirmation d’une virologue de Hong Kong selon laquelle le Covid-19 serait originaire d’un laboratoire.

« L’affirmation est inexacte et ridicule », disait précédemment la vérification des faits, désormais archivée. « Nous désignons [cette affirmation] comme le meilleur des mensonges. »

Dans une note de l’éditeur, mise à jour et publiée le 17 mai, PolitiFact a expliqué pourquoi elle a maintenant retiré l’étiquette.

« Lorsque cette vérification des faits a été publiée pour la première fois en septembre 2020, les sources de PolitiFact comprenaient des chercheurs qui affirmaient que le virus SRAS-CoV-2 ne pouvait pas avoir été manipulé. Cette affirmation est maintenant plus largement contestée », indique la note. « Pour cette raison, nous retirons ce fact-check de notre base de données en attendant un examen plus approfondi. Actuellement, nous considérons que l’affirmation n’est pas étayée par des preuves et qu’elle est contestée. »

La vérification originale des faits par PolitiFact citait une interview de Fox News du 15 septembre 2020 avec la virologue hongkongaise Li-Meng Yan, dans laquelle elle déclarait avoir des « preuves scientifiques solides » que le Covid-19, la maladie causée par le virus PCC, « ne vient pas de la nature ».

« C’est un virus créé par l’homme, en laboratoire », avait déclaré la virologue et ancienne boursière postdoctorale de l’université de Hong Kong à la chaîne d’information.

Elle a également affirmé dans l’interview que le virus avait été diffusé intentionnellement par le régime chinois, sans donner plus de détails. Selon Mme Yan, le génome du virus indique qu’il a été modifié.

La rédactrice en chef de PolitiFact, Angie Drobnic Holan, a déclaré à Epoch Times qu’elle n’avait pas d’autre commentaire à faire sur cette affaire.

Les dernières remarques de M. Fauci sont un revirement face aux commentaires qu’il a faits lors d’une interview avec le National Geographic, publiée en mai de l’année dernière, dans laquelle il affirmait qu’il n’y a aucune preuve scientifique que le virus du PCC ait été fabriqué dans un laboratoire.

« Si vous regardez l’évolution du virus chez les chauves-souris et ce qui existe aujourd’hu, [les preuves scientifiques] sont très, très fortement orientées vers le fait que ce virus n’ait pas pu être artificiellement ou délibérément manipulé […] Tout ce qui concerne l’évolution progressive dans le temps indique fortement que [ce virus] a évolué dans la nature et a ensuite changé d’espèce », a déclaré M. Fauci à la publication.

De leur côté, les membres républicains de la commission du renseignement de la Chambre des représentants affirment qu’il est plus probable que le virus du PCC provienne d’un laboratoire chinois que d’un animal.

« Il existe des preuves circonstancielles accablantes […] soutenant que la fuite d’un laboratoire soit à l’origine du Covid-19 », peut-on lire dans un rapport du 19 mai, dirigé par le représentant Devin Nunes (Parti républicain, Californie), le membre le plus haut placé de la commission. « En revanche, peu de preuves circonstancielles sont apparues pour soutenir l’affirmation de la RPC[République populaire de Chine] selon laquelle le Covid-19 serait un événement naturel, ayant sauté d’une autre espèce à l’homme. »

Une fuite en laboratoire peut concerner soit un virus naturel conservé dans l’établissement, soit un virus ayant subi une manipulation en laboratoire.

L’Institut de virologie de Wuhan abrite le seul laboratoire P4 de Chine – P4 étant le plus haut niveau de biosécurité – et il est situé non loin du marché humide de la ville, où le virus a fait son apparition. Une fiche d’information du ministère des Affaires étrangères publiée en janvier indique que l’Institut de virologie de Wuhan (IVW) a mené des expériences sur le coronavirus de la chauve-souris depuis au moins 2016. L’institut a également réalisé des « expériences sur des animaux de laboratoire » pour l’armée chinoise depuis au moins 2017.

Le Ministère a également déclaré qu’il avait des raisons de croire que « plusieurs chercheurs au sein du l’Institut de virologie de Wuhan sont tombés malades à l’automne 2019, avant le premier cas identifié de l’épidémie, avec des symptômes correspondant à la fois au Covid-19 et à des maladies saisonnières communes. »

Le régime chinois a nié que l’origine du virus soit liée au laboratoire et a poussé une hypothèse de zoonose naturelle – à savoir que le virus a été transmis à l’homme à partir d’un hôte animal. Toutefois, Pékin n’a pas encore réussi à identifier l’espèce animale d’origine qui aurait transmis le virus à l’homme.

Le porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki, a déclaré cette semaine que l’administration Biden avait affirmé, tant en public qu’en privé, que le régime chinois n’était « pas transparent depuis le début ».

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