Antiracisme : le prétexte de la gauche radicale

Par Jean-Philippe Delsol
9 juin 2020
Mis à jour: 10 juin 2020

Des émeutes prospèrent aux Etats-Unis, en France et ailleurs au nom de l’antiracisme. La crise est accusée d’avoir fait souffrir les Noirs plus que les autres, justifiant ainsi leur révolte. En réalité, l’antiracisme est instrumentalisé par la gauche radicale pour manifester et semer la révolution. Aux Etats-Unis, la population noire a largement profité de la croissance économique de ces dernières années et elle est désormais très intégrée. Elle n’a pas pâti plus que les autres de la crise.

Le journal Le Monde a lui-même été obligé de reconnaître (dans son édition du 4 juin) que le revenu des Afro-Américains a progressé plus que celui des Blancs ces dernières années. « La dynamique récente, écrit-il, était plutôt favorable aux Noirs » dont le taux de chômage était à son plus bas historique juste avant la crise sanitaire. Durant la crise, le chômage des Noirs est passé de 6,7% à 16,7%, mais celui des Latinos a bondi de 6 à 18,9% et celui des Blancs de 4 à 14,2%. Les aides sociales distribuées pendant la crise sanitaire ont été très importantes et le revenu moyen des Américains a augmenté de 10,5% en avril du fait des transferts fédéraux. Ce n’est donc pas parce que les Noirs ont particulièrement souffert de la crise que des émeutes se développent.

Le nombre de policiers noirs a doublé aux Etats-Unis entre 1987 et 2013

Ca n’est pas non plus parce que les Noirs sont moins intégrés. Ils représentent près de 14% de la population et 17,5% des effectifs de la fonction publique américaine. Le nombre de policiers noirs a doublé entre 1987 et 2013 souligne André Rakoto dans Le Figaro (5 juin) et il représente 13,3% des policiers du pays.

L’idée selon laquelle la police ferait spécialement la chasse à l’homme noir est également fausse observe, encore dans le Figaro ( 5 juin) Wilfred Reilly qui montre dans son livre Tabous, à partir des statistiques du FBI et de la police, qu’il y a très peu de meurtres de jeunes hommes noirs désarmés commis par la police et que « les jeunes hommes noirs périssent essentiellement sous le feu des gangs noirs ».

Les policiers ne travaillent pas toujours avec douceur et il semble bien que ceux qui ont arrêté George Floyd ont sans doute eu des gestes et pratiques excessifs au regard du comportement du suspect qui avait acheté des cigarettes avec un faux billet. Mais il faut aussi rappeler que George Floyd avait été condamné, à Houston, en 2009, à cinq ans de prison pour un cambriolage en bande commis à main armée en 2007.

Il en est de même pour Adama Traoré. Ce jeune homme de 24 ans est mort le 19 juillet 2016, à la gendarmerie de Beaumont-sur-Oise (Val d’Oise), après s’être enfui lors d’un contrôle d’identité, avoir été rattrapé par les gendarmes qui lui ont passé les menottes et avoir à nouveau pris la fuite. Le dit Adama Traoré avait déjà fait de la prison où il a fait l’objet d’une plainte pour viol. Peut-être que la police a été musclée lors de l’arrestation d’Adama, mais sans doute avait-elle des raisons de l’être. D’ailleurs cinq de ses frères, Bagui, Yacouba, Youssouf, Serene et SambaTraoré, ont fait l’objet de condamnations à prison ferme, notamment pour des délits commis lors des émeutes ayant suivi le décès de leur frère, mais aussi pour d’autres délits.

Il est nécessaire que la justice veille à la proportionnalité des réponses policières aux menées des voyous et criminels. Mais la police ne peut pas faire son travail de maintien de la paix sociale si elle est accusée en permanence de violences à l’égard de suspects qui dans la très grande majorité des cas n’hésitent pas à pratiquer une violence sans limite.

Les soulèvements et autres manifestations auxquels nous assistons sont idéologiques

Encore dans le Figaro du 5 juin, Renaud Beauchard observe que le vandalisme et les pillages dont de nombreuses villes américaines ont fait l’objet sont en majorité le fait d’activistes blancs issus de milieux aisés. Ne nous laissons pas berner par ceux qui cassent tout pour, au mieux satisfaire leur haine d’eux mêmes autant que d’une société dont ils sont les profiteurs, au pire pour faire advenir des régimes infiniment plus dangereux que les excès, hélas inévitables et qu’il faut sanctionner, de quelques policiers très minoritaires.

Si la crise sanitaire est pour quelque chose dans ces événements, ce n’est pas parce que certaines populations ont été affaiblies par la crise, mais peut-être parce que le confinement généralisé et le laxisme avec lequel on accepte, notamment dans la fonction publique, que les salariés restent encore absents du travail (50% des enseignants seraient restés chez eux) ont favorisé le désœuvrement qui est toujours la source de comportements déviants. Il est donc temps que tous reviennent au travail et que le droit et la paix sociale soient préservés de façon à retrouver une prospérité économique profitable à tous.

Article de Jean-Philippe Delsol avec l’aimable autorisation de l’IREF

Docteur en droit et licencié ès lettres, Jean-Philippe Delsol est avocat au Barreau de Lyon spécialisé en droit des sociétés et fiscalité internationale. Fondateur du cabinet Delsol Avocats, il est Président de l’IREF.

Auteur de plusieurs livres, dont « A quoi servent les riches », il est un interlocuteur privilégié des médias sur les sujets touchant à la fiscalité, au patrimoine et à l’entreprise. Autres ouvrages publiés : Au risque de la Liberté (FX de Guibert, 2007), Pourquoi je vais quitter la France (Tatamis, 2013), Anti-Piketty (libréchange, 2015), L’Injustice fiscale (Desclée de Brouwer, 2016).

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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