Apple organise-t-il l’obsolescence de ses iPhone ?

20 juin 2016 Mis à jour: 21 juin 2016

En 2016, le marché des iPhone devrait se ralentir. La tendance est générale sur le marché des smartphones, mais là où les terminaux Androïd pourraient progresser de 6,2%, les ventes d’iPhone devraient reculer de 2%. Dans un marché dont la saturation approche à grands pas (7 Européens sur 10 posséderaient un smartphone), les grandes marques s’ingénient à capter les consommateurs.

L’année dernière, Apple a lancé l’iPhone Upgrade Program, un dispositif de renouvellement pour tous les usagers d’iPhone. En s’affranchissant d’un forfait payé au constructeur, ces derniers pourront échanger leur téléphone pour chaque futur nouveau modèle, attendu chaque année. La firme confirme donc un renouvellement annuel des générations de smartphone. L’obsolescence programmée serait-elle au cœur de la stratégie d’Apple pour ses utilisateurs d’iPhone ?

Obsolescence programmée ?

Dans un communiqué récent, la marque à la pomme affirmait : « Pour les premiers utilisateurs, on estime la durée d’utilisation des iPhone à 4 ans pour les OS S et tvOS et trois ans pour les fonctionnalités iOS et watchOS ». La « durée d’utilisation » n’est pas une indication propre de la durée de vie de l’objet avant sa détérioration, mais plutôt la période précédant un nouvel achat de smartphone par l’utilisateur.

Malgré cela, on ne peut s’empêcher de voir dans cette déclaration une preuve de l’obsolescence programmée des iPhone. Pour Simon Smith, expert et développeur au sein de la compagnie australienne Cyber forensic, cette déclaration est « une ruse ». « D’une certaine façon, cela est certainement exact de dire que l’espérance de vie d’un iPhone est de trois ans, surtout si la garantie ne couvre que deux ans. Mais la ruse est du point de vue de la perspective des technologies et des logiciels embarqués ».

« Vous pouvez avoir un téléphone, mais à mesure que la technologie évolue, il vous sera impossible d’en tirer le maximum d’avantages. Parce que la technologie de ce téléphone est au même niveau que celle des logiciels et appareils connectés », poursuit l’expert. D’après ses recherches, le périmètre d’applications et de fonctions utilisables par un iPhone serait strictement limité. Par exemple, une règle d’iOS 9 empêche certaines applications d’ouvrir un lien vers une page web sur un vieux téléphone. « Cette « règle » concerne 20 000 applications », souligne l’expert.

Il n’est pas facile de démontrer si l’obsolescence est volontairement provoquée au sein d’une technologie, ou si celle-ci n’est qu’une conséquence inévitable des mises à jour nécessaires, hardware et software. Mais dans le cas d’Apple, il semblerait cependant que cette obsolescence logicielle soit le fait d’un choix.

Dans son iPhone 4s, le constructeur avait intégré Siri ; bien que cette fonctionnalité de recherche ait été disponible sur l’iPhone 4, les utilisateurs ont vu cette technologie retirée, avec la réception de message « certificat non valide », ou l’invitation à passer sur le 4s. « Je serai plus belle et plus performante », indiquait le message s’affichant à l’écran des iPhone 4. Cependant, il est possible sur des sites d’apprendre à installer soi-même Siri sur iPhone4.

Désirabilité

Bien des utilisateurs d’anciennes versions d’iPhone souhaiteraient pouvoir continuer à utiliser leurs applications sans avoir à changer leur téléphone. « Ils sont en colère contre les développeurs des jeux et les vendeurs de logiciels, mais ne font pas la connexion avec la politique d’Apple », remarque encore Simon Smith.

Le consommateur a lui aussi sa part de responsabilité dans le processus d’obsolescence des produits. Vance Packard, célèbre écrivain et journaliste américain, écrivait il y a plus de cinquante ans déjà que « le peuple américain a été conditionné durant des années à répondre favorablement à certaines formes d’obsolescence ». D’après des statistiques, un Américain changerait de téléphone tous les deux ans, contre deux ans et demi pour un Européen.

Dans l’iPhone Upgrade Program d’Apple, on peut lire que le forfait est censé offrir « une façon plus simple pour obtenir un nouvel iPhone chaque année ». Le principe est assumé, le consommateur est destiné à changer de téléphone chaque année. « Vous n’avez pas vraiment besoin d’un iPhone 6S, mais vous allez vouloir en avoir un quand même », écrivait un critique du site hightech digitaltrend sur l’appareil. Peu étonnant ? Parmi les critiques ou les hackers de la marque à la pomme, on compte un grand nombre de fans de la marque qui essaient seulement de raisonner le géant sur sa politique.

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