Corée du Nord : réactions internationales

3 septembre 2017
Mis à jour: 5 septembre 2017

En revendiquant dimanche l’essai réussi d’une bombe à hydrogène, la Corée du Nord s’est attirée de vives condamnations au sein de la communauté internationale, y compris de la part de la Chine, son principal allié, tandis que Séoul appelait à durcir les sanctions contre Pyongyang.

Avec son sixième essai nucléaire, le plus puissant à ce jour, la Corée du Nord présente un nouveau défi pour le président américain Donald Trump, qui lui promettait le mois dernier « le feu et la fureur », ainsi que pour la communauté internationale, un mois après l’adoption de nouvelles sanctions onusiennes.

Pékin, Moscou, Tokyo, Séoul et Paris n’ont pas tardé à condamner cette nouvelle violation de multiples résolutions de l’ONU exigeant la fin des programmes nucléaire et balistique nord-coréens.

La Chine, principal allié et soutien économique du régime de Kim Jong-Un, a « condamné vigoureusement » ce nouveau test, exhortant son turbulent voisin à « cesser ses actions erronées qui aggravent la situation et ne servent pas ses propres intérêts ».

Dès l’annonce d’un séisme imputé à une probable « explosion » en Corée du Nord, le premier ministre nippon Shinzo Abe a déclaré qu’un nouvel essai nucléaire était « absolument inacceptable ».

Le président sud-coréen Moon Jae-In a de son côté demandé d’infliger « la punition la plus forte » contre Pyongyang, notamment via de nouvelles sanctions dans le cadre de l’ONU afin « d’isoler complètement la Corée du Nord ».

Lui faisant écho, le président français Emmanuel Macron a appelé  la communauté internationale à réagir « avec la plus grande fermeté », estimant que le test nord-coréen portait « atteinte à la paix et à la sécurité ».

Il a ainsi appelé « les membres du Conseil de sécurité des Nations unies à réagir rapidement à cette nouvelle violation par la Corée du Nord du droit international » et à « une réaction unie et claire de l’Union européenne ».

En revanche, Moscou, tout en condamnant « le mépris » manifesté par Pyongyang pour les résolutions onusiennes, a surtout lancé un appel à la retenue.

« Il est impératif de rester calme et s’abstenir de toute action qui conduirait à une nouvelle escalade », a averti dans un communiqué le ministère russe des Affaires étrangères.

 

Une septième salve de sanctions internationales avait été adoptée début août par le Conseil de sécurité des Nations-Unies, visant à priver la Corée du Nord de recettes cruciales tirées de ses exportations de plomb, de fer, de minerais et de sa pêche.

La Chine, destinataire de 90% des exportations nord-coréennes, avait approuvé ces sanctions tout en continuant de plaider pour une solution pacifique et la reprise de pourparlers avec le régime stalinien.

La diplomatie chinoise a assuré dimanche qu’elle allait continuer « à s’associer à la communauté internationale (…) pour promouvoir de façon inébranlable l’objectif de dénucléarisation de la péninsule nord-coréenne et pour préserver la stabilité » dans la région.

En revanche, le président chinois Xi Jinping a prononcé dimanche un long discours de 40 minutes devant un vaste forum diplomatique réunissant les puissances émergentes des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) mais s’est gardé d’évoquer le test nucléaire nord-coréen.

La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a de son côté dénoncé « une provocation majeure » et « inacceptable », appelant le régime de Kim Jong-Un à « s’engager dans un dialogue crédible et significatif ».

Elle a cependant insisté: « Le message de l’UE est clair. La Corée du Nord doit abandonner de façon complète, vérifiable et irréversible ses programmes nucléaire, balistique et (de développement) d’armes de destruction massive ». Selon elle, le Conseil de sécurité de l’ONU doit « adopter une position ferme et efficace ».

Les organisations internationales ont elles aussi fait part dimanche de leur indignation.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a ainsi dénoncé un acte « extrêmement regrettable » effectué « au mépris complet » des exigences internationales.

L’Otan, par la voix de son secrétaire général Jens Stoltenberg, s’est dite « inquiète du caractère déstabilisant de l’attitude de Pyongyang, qui menace la sécurité régionale et internationale ».

 

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