Après l’interdiction de calèches à Montréal, deux chevaux de calèche prennent leur retraite loin du bitume de la ville

Par Nathalie Dieul
30 janvier 2020
Mis à jour: 30 janvier 2020

Depuis le 1er janvier dernier, les calèches tirées par des chevaux sont interdites à Montréal. C’est l’occasion pour certains chevaux de prendre une retraite bien méritée, loin du bitume de la ville. Maximus et Frédérick, deux percherons à la carrure imposante, ont eu la chance d’être accueilli au refuge « Une histoire de chevaux » il y a quelques jours.

Chaque matin, lorsqu’il sort de son box pour aller rejoindre les autres chevaux dans l’enclos, Frédérick se roule dans la neige. Freddy a commencé ce rituel dès sa première journée au refuge, après une petite danse du bonheur. De toute évidence, sa nouvelle vie lui plaît.

Frédérick a fait une petite danse du bonheur dès sa première journée au refuge. (Avec l’aimable autorisation de Une histoire de chevaux)

« On ne sait pas si c’est la race, ou si c’est eux qui sont habitués à beaucoup de changement, ils s’adaptent vraiment facilement [à leur vie au refuge] », se réjouit Mike Grenier, directeur exécutif du refuge. Ils sont très calmes et paisibles, tout comme les deux autres percherons, une race provenant de France, qui se trouvent dans le refuge.

Ces deux chevaux ont démarré leur nouvelle vie de retraités il y a moins d’une semaine dans un refuge situé à Vaudreuil-Dorion, à 30 km à l’ouest de Montréal (Canada). Ils ont rejoint les 10 autres équidés d’Une histoire de chevaux, qui dispose de 12 box et de grands enclos sur un terrain de deux hectares.

Pour Maximus le percheron hongre noir – Max pour les intimes – c’est l’endroit où il finira paisiblement ses jours. Il est probablement atteint de la maladie de Cushing, fréquente chez les chevaux âgés, ce qui fait qu’il lui manque entre 120 et 150 kg pour avoir son poids santé.

Max a besoin de reprendre du poids. Avec un régime alimentaire approprié à sa condition et des médicaments, il devrait y arriver. (Avec l’aimable autorisation de Une histoire de chevaux)

Une visite prochaine du vétérinaire déterminera s’il a besoin de médicaments qui lui permettront de reprendre du poids, tout comme d’autres chevaux âgés du refuge souffrant de cette maladie l’ont fait avant lui.

Du côté de Freddy, il est jeune – entre 10 et 15 ans – et il a l’air en pleine forme. Il sera éventuellement proposé à l’adoption comme le sont près de la moitié des équidés du refuge, mais seulement à condition de lui trouver l’endroit parfait où vivre jsuqu’à la fin de ses jours.

« La chose la plus importante pour nous, c’est la qualité de vie des chevaux », indique M. Grenier.

Max et Freddy découvrent leur nouvelle famille (Avec l’aimable autorisation de Une histoire de chevaux)

L’organisme à but non lucratif a des critères bien précis pour  l’adoption et rend visite régulièrement aux chevaux adoptés pour vérifier qu’ils sont bien traités. Un peu comme lorsqu’un enfant quitte la maison et que ses parents lui gardent sa chambre en cas de besoin, le refuge se réserve le droit de reprendre les animaux adoptés si nécessaire.

Le directeur exécutif insiste sur le fait que le refuge ne juge pas le passé des chevaux qu’il sauve mais pense uniquement à leur avenir. Il ne veut pas s’impliquer dans le débat controversé des promenades en calèches dans le centre-ville de Montréal, afin de garder une bonne relation avec les propriétaires de calèches qui peuvent ainsi leur faire confiance et leur confier leurs équidés. « On n’est pas pour les calèches, mais on n’est pas contre », indique-t-il.

Un total de 69 visiteurs ainsi qu’une douzaine de membres de l’association sont venus souhaiter la bienvenue aux deux chevaux lors de la journée portes ouvertes du 25 janvier. (Avec l’aimable autorisation de Une histoire de chevaux)

Des chevaux qui redonnent

Sur les 260 membres de l’association, il y a plus de 80 bénévoles qui s’occupent de toutes les tâches au refuge et dorlotent les équidés. « Maintenant, ce sont des humains qui travaillent pour les chevaux, ce ne sont plus les chevaux qui travaillent pour les humains », se réjouit M. Grenier, qui a commencé comme bénévole il y a 6 ans.

Freddy et sa nouvelle amie Caroline, la gérante de l’écurie. (Avec l’aimable autorisation de Une histoire de chevaux)

Grâce à son programme expérience, Une histoire de chevaux accueille gratuitement des groupes chaque semaine, afin de permettre à des personnes ayant des besoins spécifiques de se trouver en contact avec les chevaux. Il peut s’agir de gens souffrant du spectre de l’autisme, de sclérose en plaque ou du cancer, de personnes porteuses de trisomie 21 ou encore de personnes âgées.

Mike Grenier est particulièrement touché par les réactions des personnes vivant en maison de retraite qu’ils reçoivent en fauteuil roulant : « quand tu vois les sourires sur leur visage et que tu vois qu’on vient d’ouvrir leur cœur… »

Freddy est plutôt sociable. (Avec l’aimable autorisation de Une histoire de chevaux)

C’est ainsi que les chevaux peuvent redonner tout l’amour et l’attention qu’ils reçoivent, sans pour autant travailler en échange. Ils ont seulement besoin d’être eux-mêmes et l’énergie qu’ils donnent est suffisante pour offrir du bonheur autour d’eux.

« Ce n’est pas juste un refuge pour les chevaux, c’est aussi un refuge pour les humains », assure le directeur exécutif.

Max lors de son arrivée au refuge. (Avec l’aimable autorisation de Une histoire de chevaux)

Il est possible de devenir bénévole, de faire un don ou de parrainer un cheval en contactant l’association Une histoire de chevaux par l’intermédiaire de son site Web.

RECOMMANDÉ