Une artiste accomplie meurt après des années de pression mentale

Par Joan Delaney
6 août 2019 Mis à jour: 6 août 2019

Zheng Aixin avait tout pour elle. Cette artiste reconnue et accomplie dans la peinture à l’huile et la calligraphie était mariée à Li Zhengtian, un philosophe, designer, peintre primé et professeur d’art.

Le couple jouissait d’une grande renommée et menait une vie confortable à Zhuhai, une ville côtière du sud de la Chine.

Zheng Aixin. (Minghui.org)

Mais ce bonheur a cessé lorsque Zheng Aixin fut arrêtée pour avoir pratiqué le Falun Gong, une ancienne discipline spirituelle fondée sur les enseignements moraux de vérité, de compassion et de tolérance que le régime chinois vise à éliminer depuis juillet 1999.

Elle a été arrêtée et torturée pour la première fois dans un centre de lavage de cerveau en mars 2001. Peu de temps après, elle a été envoyée dans un camp de travaux forcés pendant un an.

Peinture de Zheng Aixin. (Minghui.org)

En dépit de sa libération au mois d’avril de l’année suivante, elle a été transférée dans un autre centre de lavage de cerveau. Suite à son refus d’abandonner le Falun Gong, elle a été à nouveau envoyée dans un camp de travaux forcés pendant deux ans.

Selon Minghui.org, d’autres pratiquants de Falun Gong, incarcérés en même temps que Mme Zheng, se souviennent d’elle comme d’une belle et élégante femme au tempérament doux. Pourtant, cette artiste de grands talents a été humiliée et brutalement torturée au cours de sa détention.

Fée des fleurs par Zheng Aixin. (Minghui.org)

Puisqu’elle continuait à refuser de renoncer à sa pratique du Falun Gong, elle a été ciblée pour un traitement plus sévère. En plus d’être constamment surveillée, privée de sommeil et placée en isolement, elle n’avait pas l’autorisation de se laver et a été battue à coup de chaussure à talon haut.

En 2003, son mari a été interviewé par les médias après avoir remporté la première place dans un concours international de design créatif tenu au Japon. Il en a profité pour plaider pour la libération de son épouse Zheng.

Il a expliqué aux journalistes que sa santé se détériorait et qu’il avait besoin de sa présence à la maison pour s’occuper de lui. Peu de temps après, en avril 2004, Mme Zheng a été libérée avant la fin de sa peine.

Aucune paix

Mais les problèmes de Mme Zheng étaient loin d’être terminés. Après sa libération, le couple a été placé sous surveillance policière 24 heures sur 24. Ils ne pouvaient pas passer à la télévision ou faire l’objet d’un reportage dans les journaux. Ils ne pouvaient pas non plus quitter le pays.

Un autre tableau que Zheng Aixin avait l’intention de présenter au Concours international de peinture de figures. (Minghui.org)

Mme Zheng n’avait ni le droit de voyager, ni d’exposer. De plus, son téléphone était sur écoute.

Sans la liberté de s’exprimer et incapable de vivre pleinement sa vie artistique, elle a ressenti une énorme pression mentale et est devenue très déprimée.

Les fréquentes arrestations et incarcérations de sa mère, Yang Huanying, également pratiquante de Falun Gong, n’ont fait qu’ajouter à la douleur de Mme Zheng. Sa santé s’est rapidement détériorée. En 2011, une nouvelle vague d’arrestations des pratiquants locaux, dont elle était proche, a contribué à son angoisse.

Sa santé a continué de se détériorer et elle est décédée en 2012 à l’âge de 45 ans.

L’épreuve de la mère de Zheng Aixin

La mère de Zheng Aixin a également connu l’enfer suite à la campagne de persécution.

Peinture de Zheng Aixin. (Minghui.org)

Entre septembre 2000 et septembre 2003, Yang Huanying a été détenue à plusieurs reprises dans des centres de lavage de cerveau, des centres de désintoxication et des centres de détention, de deux semaines à un an.

Elle a été condamnée aux travaux forcés pendant 18 mois en mars 2005. On l’a contrainte à regarder des vidéos diffamatoires sur le Falun Gong pendant cinq mois d’affilée. Elle a été privée de sommeil et obligée de rester debout sous le soleil brûlant pendant trois heures d’affilée.

Un an après sa libération, Yang Huanying a été de nouveau arrêtée et condamnée illégalement en mai 2007 à 18 mois supplémentaires de travaux forcés. Elle était surveillée par des toxicomanes criminels qui l’ont injuriée. Les gardes se sont relayés pour la contraindre à abandonner le Falun Gong. Quand elle a refusé de renoncer, elle a dû rester debout pendant de longues heures. Ses jambes ont gonflé et elle a perdu beaucoup de poids. Finalement, elle ne pouvait plus prendre soin d’elle et devait être portée jusqu’aux toilettes.

Après sa libération en octobre 2008, Mme Yang a retrouvé la santé, et elle a quitté la maison pour éviter d’être arrêtée à nouveau.

Pur lotus dans l’eau boueuse par Zheng Aixin. (Minghui.org)

En 2015, lors du troisième anniversaire de la mort de sa fille, Mme Yang a intenté un procès contre Jiang Zemin, l’ancien chef du Parti communiste chinois, qui a lancé en 1999 la campagne de persécution qui a causé tant de souffrances aux pratiquants de Falun Gong et à leurs familles.

Mme Yang a écrit que la persécution a conduit à la mort de sa fille. Elle a conclu dans sa lettre de plainte : « J’avais une famille heureuse, un mari aimant et quatre enfants qui me traitaient bien. J’aurais pu passer ma vieillesse en compagnie de cinq petits-enfants.

« Pourtant, en raison de ma pratique du Falun Gong, ma fille est morte et ma famille a été déchirée. »

 

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