Le Parlement européen doit arrêter de tolérer le prélèvement forcé d’organes au nom du commerce, exhorte un législateur néerlandais

Par Eva Fu
31 octobre 2021
Mis à jour: 31 octobre 2021

Le Parlement européen doit donner la priorité aux droits de l’homme sur le commerce et s’attaquer aux atrocités commises par le régime chinois en matière de prélèvements forcés d’organes, a déclaré un législateur néerlandais le 27 octobre.

La dernière fois que l’Union européenne a agi sur cette question remonte à décembre 2013, lorsque son organe législatif a adopté une résolution condamnant les abus en matière de transplantation d’organes. Cependant, depuis lors, « c’est le silence total », déclare Peter van Dalen, représentant politique néerlandais. Ce dernier siège à la sous-commission des droits de l’homme du Parlement européen et est coprésident de l’intergroupe parlementaire sur la liberté de religion ou de croyance et la tolérance religieuse.

Une telle inaction est inacceptable, compte tenu de la gravité des atrocités commises par le Parti communiste chinois, a-t-il déclaré à l’auditoire d’une conférence sur les prélèvements forcés d’organes au Press Club Brussels Europe. Il précise mener une « bataille difficile » pour faire inscrire cette question à l’ordre du jour européen.

En juin 2019, un tribunal indépendant, le « China Tribunal », basé à Londres, concluait que le régime chinois tuait « à une échelle significative » des prisonniers d’opinion pour leurs organes, depuis des années.

Une audience à ce sujet pourrait avoir lieu dans les mois à venir, a déclaré M. van Dalen.

« Nous sommes réticents à attaquer la Chine sur des questions sensibles comme les prélèvements d’organes, mais je pense vraiment que nous devrions le faire, car les prélèvements d’organes sont vraiment une attaque très brutale contre les droits humains fondamentaux », a-t-il déclaré.

Selon M. van Dalen, les relations économiques étroites de l’Europe avec la Chine sont l’un des principaux facteurs expliquant le silence européen.

« On parle trop de commerce, d’argent, et pas assez des droits de l’homme et des droits des minorités », a-t-il déclaré.

En mai, le Parlement européen a gelé un accord d’investissement avec la Chine à la suite des sanctions prises par Pékin à l’encontre de représentants politiques européens qui ont condamné la répression au Xinjiang.

M. Van Dalen estime que l’accord d’investissement devrait demeurer suspendu tant que le régime continuera ses violations des droits de l’homme.

« Nous devrions utiliser cela comme un fouet pour faire comprendre à la Chine que la violation des droits de l’homme est une question importante », a-t-il déclaré.

Une femme ajuste des bannières de soutien au mouvement spirituel Falun Gong, un groupe interdit en Chine continentale, à Tung Chung, un quartier populaire auprès des touristes de la Chine continentale, à Hong Kong, le 25 avril 2019. (Anthony Wallace/AFP via Getty Images)

Des pays « à la croisée des chemins »

Selon le China Tribunal, les principales victimes des prélèvements forcés d’organes menés par Pékin sont les pratiquants de Falun Gong, une pratique spirituelle qui repose sur trois principes fondamentaux – l’authenticité, la bienveillance et la tolérance – ainsi que sur un ensemble d’exercices de méditation.

Selon les estimations de l’époque, près d’un Chinois sur 13 avait adopté cette pratique en 1999, avant que le régime ne mène une campagne de persécution à l’échelle nationale visant à contraindre les pratiquants d’abandonner leur foi.

Gary Cartwright, rédacteur en chef du quotidien EU Today, est l’un des organisateurs de l’événement. Il affirme ne pas y avoir cru lorsqu’il a entendu parler pour la première fois des abus de Pékin en matière de transplantation d’organes.

« Lorsque j’ai commencé à faire mes recherches, je n’exagère pas en disant que j’ai parfois dû éteindre mon ordinateur, prendre du recul et respirer calmement », affirme-t-il à Epoch Times. Il qualifie la politique de Pékin de « l’une des plus déshumanisantes jamais rencontrées ».

M. Cartwright déclare se sentir coupable quand de tels abus se produisent « sous nos yeux » au 21e siècle.

« Plus de 70 ans après les atrocités commises au cours de la Seconde Guerre mondiale, on nous a dit que ces choses ne pourraient jamais se reproduire. Pourtant, cela se déroule sous nos yeux », s’indigne-t-il.

Andy Vermaut, journaliste et défenseur des droits de l’homme, a co-organisé la conférence. Il souligne le manque d’attention du public face à cette pratique macabre.

« Tout le monde parle de l’holocauste. Tout le monde parle du génocide rwandais. Mais il n’y a pas assez d’attention à cela », a-t-il déclaré à Epoch Times après l’événement.

M. Cartwright, comme M. van Dalen, estime que les pays occidentaux doivent réévaluer leurs priorités face au mépris flagrant du régime pour les droits de l’homme.

« Sachant ce qui se passe en Chine, pourquoi l’Union européenne conclut-elle des affaires avec ce régime ? » a-t-il demandé.

Les prélèvements d’organes sanctionnés par l’État et visant les pratiquants de Falun Gong et d’autres minorités religieuses menacent le mode de vie de l’humanité, a déclaré Harold King, directeur adjoint du groupe d’éthique médicale Doctors Against Forced Organ Harvesting (DAFOH).

Ces pratiques « menacent les démocraties partout dans le monde, car elles violent les principes universellement reconnus pour le bon fonctionnement des sociétés », a déclaré M. King lors de la conférence.

« L’Europe et tous les pays du monde », a-t-il ajouté, « sont à la croisée des chemins, une carrefour qui déterminera leur avenir même ».


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