Attentat manqué près de Notre-Dame en 2016 : la djihadiste Inès Madani condamnée en appel à 30 ans de réclusion criminelle

Par Epoch Times avec AFP
7 juin 2021
Mis à jour: 8 juin 2021

Lundi 7 juin, la djihadiste Inès Madani a été condamnée en appel à Paris à trente ans de réclusion criminelle dont deux tiers de sûreté pour un attentat manqué aux bonbonnes de gaz près de Notre-Dame en septembre 2016.

La cour d’assises spéciale a confirmé la peine infligée en première instance à la jeune femme de 24 ans, mais en l’assortissant, cette fois, d’une période de sûreté, conformément aux réquisitions de l’avocat général. Inès Madani, qui était âgée de 19 ans au moment des faits et qui avait fait appel de sa condamnation, n’a pas semblé réagir à l’énoncé du verdict, après près de cinq heures de délibérations.

Ses avocats Daphné Pugliesi et Tewfik Bouzenoune avaient demandé vendredi à la cour « un peu d’espoir », avec une peine « un peu en-dessous de trente ans, vu sa totale reconnaissance des faits, vu son jeune âge ».

L’avocat général, Guillaume Portenseigne, avait au contraire estimé « totalement inconcevable » qu’Inès Madani, restée « loin d’une déradicalisation », « puisse être condamnée à moins de trente ans de réclusion criminelle » pour cette tentative d’« attentat de masse ».

« L’objectif était évidemment de faucher le plus de vies possible, de faire un carnage »

Dans la nuit du 3 au 4 septembre 2016, Inès Madani et une autre jihadiste, Ornella Gilligmann – condamnée définitivement à 25 ans de réclusion – avaient garé une voiture contenant six bonbonnes de gaz devant la terrasse bondée d’un restaurant près de Notre-Dame de Paris, et avaient essayé de l’incendier avec du gasoil. Seul ce mauvais choix de ce carburant, difficilement inflammable, a permis d’éviter une explosion meurtrière.

Cette nuit-là, « l’objectif était évidemment de faucher le plus de vies possible, de faire un carnage », a reconnu Inès Madani. Cette dernière avait par ailleurs montré une « détermination sans faille » à poursuivre son projet criminel, a pointé l’avocat général, arguant que, plus d’un an et demi après son premier procès, elle restait « loin d’une déradicalisation ».

Inès Madani avait été condamnée en octobre 2019 à trente ans de prison. Jugeant cette peine excessive, elle avait fait appel. Pas Ornella Gilligmann, condamnée définitivement à 25 ans de réclusion criminelle.

En cavale, elle tente d’assassiner un policier

Après l’attentat raté, guidée par le propagandiste français de l’État islamique (EI) Rachid Kassim, elle avait rejoint deux autres femmes djihadistes à Boussy-Saint-Antoine, dans l’Essonne, pour préparer une attaque aux cocktails Molotov. Inès Madani avait été interpellée dans cette commune le 8 septembre 2016 alors qu’elle se dirigeait, un couteau de cuisine à la main, vers un policier de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

La cour d’assises l’a également reconnue coupable de tentative d’assassinat sur ce policier.

Recruteuse sur les réseaux sociaux

Radicalisée dès l’âge de 16 ans, l’adolescente Madani avait été condamnée dans un autre dossier, en avril 2019, à huit ans d’emprisonnement pour son rôle de recruteuse de jeunes radicalisés, dont beaucoup de femmes. Sur les réseaux sociaux, elle se faisait passer pour un combattant djihadiste, n’hésitant pas à travestir sa voix.

La cour d’assises spéciale a également aggravé la peine prononcée en première instance à l’encontre de Mohamed Lamine Aberouz, de trois à cinq ans d’emprisonnement, pour le délit de non-dénonciation de crime terroriste. Son avocat Vincent Brengarth, qui avait plaidé l’acquittement, a d’ores et déjà annoncé un pourvoi en cassation.

 

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