Attention: le régime paléolithique pourrait être associé à un risque accru de maladie cardiaque

Par Mat Lecompte
7 août 2019 Mis à jour: 7 août 2019

Ceux qui suivent un régime paléolithique vont être amenés à repenser leurs choix alimentaires, car une étude montre un lien entre cette manière à la mode de manger et les maladies cardiaques.

Ce régime a été entouré de controverses et de nombreuses études ont alimenté le débat sur la question de savoir si le régime paléolithique est aussi sûr et sain que le prétendent ses partisans.

Le régime paléolithique prétend imiter ce que les ancêtres de l’homme moderne mangeaient. Ce type de régime favorise une consommation élevée de viandes, de légumes, de fruits, de noix et de graines, mais élimine les grains entiers, les légumineuses et les produits laitiers.

Au cours des dernières années, le régime paléolithique a gagné en popularité, tout comme les études visant à déterminer dans quelle mesure il était réellement sain. Par exemple, une étude datant de 2016 a révélé que le régime alimentaire paléolithique pourrait protéger contre les crises cardiaques et les maladies cardiovasculaires en augmentant les concentrations sanguines d’une molécule protectrice.

Cependant, une autre étude menée à peu près à la même période a fait une découverte contraire. Ces chercheurs ont conclu que l’alimentation paléolithique pourrait entraîner un gain de poids et augmenter le risque de problèmes cardiovasculaires et de diabète.

Avec une nouvelle étude menée cette année et publiée dans l’European Journal of Nutrition, il semble y avoir une nouvelle raison d’être sceptique à l’égard de ce régime populaire. Cette recherche menée par une équipe australienne décrit comment les personnes qui suivent le régime paléolithique peuvent mettre en danger leur santé cardiaque.

L’équipe, dirigée par Angela Genoni, a travaillé avec 44 participants qui ont suivi des régimes paléo. Ils se sont également tournés vers 47 participants qui suivaient un régime alimentaire typique conforme aux recommandations alimentaires nationales en Australie.

Les chercheurs ont suivi les deux groupes pendant un an, au cours duquel ils ont recueilli des échantillons biologiques auprès des participants et évalué leur régime alimentaire.

Ils ont pris l’information recueillie et comparé les résultats entre la cohorte paléo et le groupe témoin.

Pour être plus précis dans les résultats, les chercheurs ont divisé les participants qui ont suivi un régime paléolithique en deux groupes. Ce groupe comprenait un groupe de personnes au régime paléo strict qui mangeait moins d’une portion de céréales et de produits laitiers par jour. L’autre groupe était pseudo paléo et mangeait plus d’une portion de céréales et de produits laitiers par jour.

Ce qu’ils ont découvert, c’est que dans tous les groupes paléo, les participants présentaient des taux sanguins élevés d’un composé que les spécialistes associent à une maladie cardiaque appelée triméthylamine N-oxyde. Le composé se forme dans l’intestin et dépend, entre autres facteurs, du régime alimentaire d’une personne et des bactéries de l’intestin qui peuplent le tube digestif.

Angela Genoni a parlé de l’étude en ces termes : « De nombreux partisans du régime paléo affirment que ce régime est bénéfique pour la santé intestinale, mais cette recherche suggère que, lorsqu’il s’agit de la production de triméthylamine N-oxyde dans l’intestin, le régime paléo pourrait avoir un impact négatif en matière de santé cardiaque. »

« Nous avons également constaté que les populations d’espèces bactériennes bénéfiques étaient plus faibles dans les groupes paléolithiques, qui ont une réduction de leur apport en glucides, ce qui pourrait avoir des conséquences sur d’autres maladies chroniques à long terme. »

Manque de grains entiers

L’argument de cette recherche est que les personnes qui suivent un régime paléolithique ont des niveaux très élevés de triméthylamine N-oxyde parce qu’elles ne consomment pas de grains entiers. Des études antérieures ont démontré que les grains entiers sont une excellente source de fibres alimentaires et peuvent aider à réduire le risque de problèmes cardiovasculaires.

« Nous avons constaté que le manque de grains entiers était associé aux niveaux de triméthylamine N-oxyde, ce qui peut fournir un lien avec la réduction des risques de maladies cardiovasculaires que nous observons dans les populations qui consomment de grandes quantités de grains entiers », a déclaré Angela Genoni.

« Le régime paléolithique exclut tous les grains et nous savons que les grains entiers sont une source fantastique d’amidon résistant et de nombreuses autres fibres fermentescibles, qui sont vitales pour la santé du microbiome intestinal. »

L’étude a conclu que l’exclusion des grains entiers d’un régime alimentaire peut avoir de graves répercussions sur la santé intestinale ainsi que sur la santé cardiaque. Les chercheurs de cette étude affirment également qu’il est nécessaire de poursuivre les études sur le rôle des légumes et des graisses saturées dans la régulation des principaux mécanismes biologiques de l’intestin.

Mat Lecompte est journaliste indépendant en santé et bien-être. Cet article a été publié pour la première fois sur Bel Marra Health.

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