Aude: l’Urssaf réclame de nouveau 13.000 euros à un restaurateur pour avoir mangé dans son propre restaurant

Par Laurent Gey - Epoch Times
31 octobre 2019 Mis à jour: 31 octobre 2019

Après le chef guadeloupéen Arnaud Bloquel, c’est au tour du patron du Maxim’ à Gruissan dans l’Aude, de devoir rembourser à l’Urssaf, les repas pris dans son propre restaurant. Quelques jours plus tôt, le ministre de l’action et des comptes publics Gérald Darmanin avait pourtant déclaré vouloir changer « une règle obsolète ».

Après avoir adressé un redressement de 14.000 euros, au chef cuisinier Arnaud Bloquel qui déjeunait chaque jour dans les cuisines de son restaurant en Guadeloupe, c’est au tour d’un restaurateur de l’Aude pour un montant de 24.000 euros revu à la baisse à 13.000 euros.

Selon France3-Régions, l’Urssaf reproche au restaurateur de ne pas avoir déclaré les repas qu’il prennait avec sa femme cogérante, deux fois par jour dans leur propre établissement.

« La loi oblige tous les restaurateurs à nourrir leurs employés sur leur lieu de travail. Dans ce cadre, l’Urssaf considère que les Coudert mangent obligatoirement dans leur restaurant, midi et soir. […] Alors, les contrôleurs prennent le menu le moins cher de l’établissement, avec forcément entrée, plat, dessert, et multiplient par le nombre de jours travaillés sur la période concernée, sans oublier les majorations… » explique Patrick Cabrol, le comptable du restaurateur, au quotidien local l’Indépendant.

« C’est ou très tard l’après midi ou très tard le soir quand je rentre chez moi, mais ici entre les courses et le service, il est difficile de m’assoir et d’aller manger le midi » se défend l’entrepreneur Patrick Coudert.

L’Urssaf demandait initialement 24.000 euros au chef cuisiner. Une somme revue à la baisse après négociations. « J’ai réussi à lui faire entendre que je ne prenais pas de dessert et que j’avais des jours d’absence au restaurant… » explique-t-il. « Ce redressement met à mal mon entreprise. Si ça m’était arrivé l’an dernier, je pouvais fermer. ». « C’est d’abord un sentiment d’injustice, une colère parce qu’on est très taxés, c’est un peu la goutte qui fait déborder le vase ! » témoigne aussi le professionnel.

Interpellé sur un redressement similaire la semaine dernière en Guadeloupe, Gérald Darmanin, le ministre de l’action et des comptes publics s’était exprimé sur twitter : « Oui, situation absurde issue d’une règle obsolète ! Je vais proposer au plus vite avec ⁦@agnesbuzyn⁩ de changer cela et demander aux URSSAF de reconsidérer le cas de ce chef cuisinier. »

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