Aude : victime d’insultes, de menaces et de vols à répétition de la part de voyous, une commerçante exprime son ras-le-bol

Par Séraphin Parmentier
2 décembre 2019 Mis à jour: 2 décembre 2019

Installée à Lézignan-Corbières depuis plus d’une dizaine d’années, la responsable d’une parfumerie du centre-ville ne supporte plus l’impunité dont jouissent les malfrats qui ont élu domicile dans la commune.

Responsable de la parfumerie Beauty success établie dans le centre-ville de Lézignan-Corbières, une commune d’environ 11 000 habitants située à une quarantaine de kilomètres à l’est de Carcassonne, Barbara André s’est confiée aux journalistes de L’Indépendant sur l’ambiance délétère qui règne désormais au sein de la cité.

Depuis l’été dernier, elle affirme que des malfrats lui font en effet subir un véritable calvaire.

« J’ai créé ce magasin en 2008 lorsque Pierre Tournier était maire. La ville était prometteuse et, depuis, je n’avais jamais rencontré de gros problèmes. Mais depuis le mois d’août, tout a dégénéré : une communauté de Nice s’est installée chez un marchand de sommeil en face du magasin. J’ai alors pris sur le fait des voleuses qui dérobaient des produits et j’ai réussi à en enfermer une avec moi dans le magasin. J’ai prévenu les gendarmes et quand ils sont arrivés, j’avais une cinquantaine d’individus devant ma porte, me sommant de relâcher la voleuse, m’insultant et me menaçant de mort. Ce sont les gendarmes eux-mêmes qui ont dû m’amener au commissariat pour porter plainte, tandis que les vendeuses sont restées en sécurité enfermées à clef dans le magasin », témoigne Mme André.

Victime de vols à répétition, la responsable de cette parfumerie sise rue Guynemer a aussi été la cible d’agressions et de menaces.

« J’ai aussi été victime d’agressions et la gendarmerie a dû intervenir une nouvelle fois pour m’aider à sortir du magasin. Récemment, alors que j’étais en ville avec un représentant de la marque Dior, nous nous sommes fait traiter de déchets et de sale race ! »

« Le soir, je demande aux médiateurs sociaux de la ville de me raccompagner à la voiture, quand ce n’est pas mon mari qui vient exprès de Narbonne me chercher », poursuit Barbara André.

« Que la police municipale arrête de fermer les yeux sur ces trafics et sur les incivilités »

Une situation qui perdure « malgré les dépôts de plainte en gendarmerie ».

« […] Je ne suis pas tenue au courant de l’avancement des enquêtes et je ne sais pas ce que sont devenues les images de vidéo protection, alors que j’ai une caméra juste en face du magasin », observe la commerçante.

Elle souhaite désormais «que la police municipale arrête de fermer les yeux sur ces trafics et sur les incivilités. Il faudrait que les images des caméras de vidéo protection soient mieux exploitées et il faudrait donner plus de pouvoir de répression aux médiateurs sociaux qui se décarcassent pour nous. De plus, il faut instaurer des visites de contrôle par les services sanitaires dans les logements proposés à la location en centre-ville ».

Exaspérée, Mme André n’hésite pas non plus à pointer du doigt « la saleté et les incivilités, sans parler des trafics en tous genres qui sont monnaie courante en ville ! »

Et la responsable de Beauty success de conclure, non sans ironie : « Comme Monsieur le maire, n’habitant pas Lézignan, j’ai la chance de partir tous les soirs de cette ville et de profiter de l’agrément d’un voisinage bienveillant. »

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