Aux Buttes-Chaumont, les Parisiens goûtent « la liberté retrouvée » dans leur « jardin »

Par Epoch Times avec AFP
30 mai 2020
Mis à jour: 31 mai 2020

Grimper dans un arbre, lézarder au soleil, lire à l’ombre d’un chêne: au parc des Buttes-Chaumont, poumon vert de la capitale française, les Parisiens ont savouré samedi les petits plaisirs d’une « liberté retrouvée », après avoir été privés de parcs et jardins pendant deux mois et demi.

Au bord de l’eau, Chantal Berthet et Michel Febvre jettent quelques miettes de pain aux canards. Depuis le confinement décrété mi-mars, ce couple de septuagénaires lorgnait sur le parc à l’anglaise depuis sa fenêtre, avec « qu’une envie » : « pouvoir (y) rentrer ».

Avec son temple perché, ses vallons sur 25 hectares et sa biodiversité surprenante – séquoias, violettes et orge sauvage y croisent mésanges, corneilles et quelques hérons cendrés -, « on a vraiment l’impression d’être dans la nature en plein Paris », résume Chantal.

Face ce « petit moment de liberté », la retraitée en laisse glisser son masque sous le menton. « C’est bien la première fois depuis trois mois, normalement je le garde toujours sur le nez », dit-elle en souriant.

« Autoriser les gens à retourner dans le métro mais pas dans les parcs, c’était inadapté », estime-t-elle.

Un argument largement repris par la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, qui a milité pour la réouverture des parcs de la capitale. Après trois semaines de bras de fer, le gouvernement a finalement donné son feu vert, trois jours avant le début officiel de la deuxième phase du dé-confinement.

Sous le soleil printanier, les Buttes-Chaumont ont retrouvé le chassé-croisé des joggeurs, des enfants surexcités et des amateurs de pique-nique. « On n’a jamais vu autant de monde aussi tôt », s’amuse une trentenaire qui se prélasse dans l’herbe.

S’entraîner à l’équilibre, courir dans les herbes hautes, s’acheter une glace, chacun retrouve des plaisirs simples que deux mois de confinement avait presque effacés.

« Rouvrir les parcs et les terrasses (qui seront autorisées mardi à Paris, ndlr), c’est vraiment le symbole de la liberté retrouvée », savoure Cécile Roperh, 54 ans, en promenant son chien.

Les masques, dont le port est simplement « recommandé », sont plutôt rares. Mais le risque d’une deuxième vague épidémique reste dans les esprits. A l’entrée du parc, un triporteur distribue du gel hydroalcoolique. Les groupes s’espacent assez largement entre eux. Les agents municipaux qui patrouillent ont peu à redire.

Charlotte (elle ne souhaite pas donner son nom) est assise à bonne distance d’un couple d’amis rencontré par hasard. Son fils Paul, pas encore un an, porte quelques brins d’herbe à la bouche.

« C’est difficile d’empêcher les enfants de lécher le sol », dit-elle en riant. « Mais je fais vraiment attention à la distanciation physique ».

« Tout le monde peut agir de manière responsable », pointe Camille Villegas, designer de 30 ans qui attend des amis pour pique-niquer, « soulagé de retrouver (s)on jardin ».

Depuis le dé-confinement, pour les apéritifs, c’est « moins de 10 personnes, gel hydroalcoolique et chacun son gobelet », explique-t-il.

Plus haut, Thomas Geneuil et trois amis célèbrent la réouverture avec bière, prosecco et enceinte portable. « C’est incroyable d’enfin pouvoir revenir ici », lâche-t-il. Pour eux, qui habitent dans le quartier, il y avait urgence. « Ces trois dernières semaines, il y avait beaucoup de monde sur les terrains de pétanque autour, c’était vraiment difficile de respecter les distances ».

 

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