LREM: le numéro 2 du parti démissionne, le parti présidentiel en crise profonde

Par Epoch Times avec AFP
21 septembre 2020
Mis à jour: 21 septembre 2020

La démission lundi du numéro deux de La République en marche, Pierre Person, accentue une crise profonde du parti présidentiel qui ne parvient plus à incarner le souffle du « en même temps » de 2017, d’autant qu’il enchaîne les déroutes électorales.

M. Person, 31 ans, un ex-PS qui avait fondé le mouvement « Les jeunes avec Macron » dès 2015, explique dans un entretien au journal Le Monde choisir de démissionner de ses fonctions de délégué général adjoint de LREM et de ne plus siéger au bureau exécutif « pour donner un nouveau souffle au parti ».

Le député de Paris veut « créer un électrochoc » car, selon lui, « des changements cosmétiques et d’habillage ne suffiront pas » à faire évoluer LREM, « resté dans sa logique de 2017, qui était de porter le projet présidentiel » et dont l’organisation est « repliée sur elle-même ».

Il invite donc « tous ceux qui veulent bâtir les succès de demain à quitter eux aussi leurs fonctions à la tête du parti pour écrire une nouvelle page ».

Salutaire clarification ou poursuite du délitement? La démission de Pierre Person intervient au lendemain de six élections législatives partielles catastrophiques pour le LREM, dont aucun candidat ne s’est qualifié pour le second tour, y compris dans une circonscription conquise il y a trois ans.

« Pierre Person était en charge des élections: j’imagine qu’il tire toutes les conséquences des difficultés que nous avons rencontrées… » persifle un marcheur de la première heure, qui fustige celui « qui n’a même pas envoyé un mot aux candidats le soir du premier ni du second tour des municipales », en rappelant au passage que ça avait « été très très mal pris par les intéressés ».

Car la déroute de dimanche marque le point culminant d’une annus horribilis pour LREM, dont la stratégie d’alliances à géométrie variable aux élections municipales – défendue par son numéro un, Stanislas Guerini – s’est révélée perdante.

M. Person, dont les rapports avec ce dernier se sont peu à peu dégradés depuis, affirme toutefois que « le sujet n’est pas personnel mais politique »: « Au moment où le président de la République a demandé à chacun de se réinventer, je ne crois pas que LREM puisse s’en affranchir », fait-il valoir, en dénonçant un parti qui « ne produit plus d’idées nouvelles ».

« Une simple réorganisation de la direction est prévue » lors du bureau exécutif de lundi soir, note-t-il, alors que c’est la juppéiste Marie Guévenoux, une proche d’Édouard Philippe, qui devrait lui succéder au fauteuil de numéro deux. « Cela montre bien que le parti n’a pas pris la mesure de la situation », grince-t-il encore.

Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a réagi lundi en estimant qu’il fallait « a minima entendre le constat que (Pierre Person) fait ». Tout en relativisant la portée de sa décision.

Au-delà, c’est la ligne politique de La République en marche que l’ancien Strauss-Kahnien interroge, critique d’une droitisation du mouvement en calque à celle du gouvernement, alors qu’il s’était toujours montré dubitatif sur les nominations d’Édouard Philippe puis de Jean Castex (deux ex-LR) à Matignon.

Le « en même temps » macronien a par ailleurs déjà été ébranlé à l’Assemblée nationale, où le groupe LREM a perdu sa majorité absolue, notamment après une scission d’une partie de son aile gauche partie créer un groupe autonome, « Ecologie démocratie solidarité ».

M. Person appelle désormais La République en marche à « avoir sa propre raison d’être, sans porter uniquement en copier-coller le message du gouvernement », sinon, met-il en garde, LREM court le risque de « disparaître ».

Le parti présidentiel s’attend en outre à de nouvelles turbulences. Le renouvellement dans les prochaines semaines de son bureau exécutif – où se prennent les principales décisions – est promis à une âpre bataille entre plusieurs têtes de listes potentielles qui se préparent à contester la direction actuelle.

Les élections régionales du printemps doivent donner lieu à un autre casse-tête pour LREM qui hésite à soutenir des sortants, au risque de nourrir à nouveau un procès en incohérence politique.

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