[Avec nos propres mots] Annie Wu: « Le droit de protester, le droit de s’exprimer, le droit de voter lors d’élections libres et équitable. Ces droits ont un coût »

Par La Redaction
16 novembre 2020
Mis à jour: 16 novembre 2020

Chers lecteurs d’Epoch Times,

J’ai grandi dans une famille cantonaise à New York et la culture pop de Hong Kong a occupé une place importante dans mon enfance. Ma mère écoutait la chaîne de télévision câblée qui diffusait des feuilletons de Hong Kong et des dessins animés doublés en cantonais. Mon père aimait citer des extraits de ses films préférés de Stephen Chow.

Ma famille est originaire de la ville de Guangzhou en Chine continentale. En raison de la proximité de la ville avec Hong Kong et des gens de Guangzhou qui au cours de décennies ont cherché refuge dans l’ancienne colonie britannique pour fuir les conflits et les persécutions politiques, les coutumes et la culture sont similaires dans les deux endroits.

Lorsque j’ai été envoyée à Hong Kong fin 2019 pour couvrir les manifestations qui se déroulaient dans les rues de la ville, j’ai enfin eu la chance de satisfaire ma curiosité pour ce lieu qui a influencé mon éducation et faisait la Une des journaux mondiaux avec des images de jeunes confrontés aux gaz lacrymogènes et aux matraques des policiers dans leur tentative de protéger les libertés avec lesquelles ils ont grandi.

En 1997, lorsque la ville de Hong Kong a été rétrocédée au régime chinois après un siècle de domination coloniale britannique, on lui a promis l’autonomie, avec son mode de vie, son système politique distinct et ses libertés fondamentales intactes. Mais à l’été 2019, le gouvernement de Hong Kong a présenté un projet de loi sur l’extradition qui aurait permis de transférer des personnes en Chine continentale pour qu’elles soient jugées par des tribunaux contrôlés par le Parti communiste chinois (PCC). Pour de nombreux Hongkongais, cette proposition était la dernière tentative de Pékin de resserrer son emprise sur la ville.

Ceci a poussé des millions de personnes à descendre dans la rue pour protester donnant cours aux plus grandes manifestations de toute l’histoire de Hong Kong. Tandis que les protestations se poursuivaient de l’été jusqu’en automne, Epoch Times a souhaité approfondir la psychologie des protestataires de Hong Kong. C’est pourquoi, à la fin de l’année dernière, je me suis allée à Hong Kong.

Après avoir parler à des Hongkongais lors de rassemblements et de marches hebdomadaires et interviewer des gens de toutes les couches sociales qui ont pris part au mouvement de protestation, j’ai été surprise de voir à quel point ils étaient fermes et  inébranlables malgré la possibilité d’arrestations et d’autres répercussions, ceci pour exprimer leur désaccord avec Pékin.

Malgré le spectacle quotidien de policiers en tenue antiémeute patrouillant dans les rues et l’incertitude quant à la prochaine étape du mouvement, presque toutes les personnes à qui j’ai parlé ont dit qu’elles n’étaient pas prêtes à abandonner leur cause.

Au début de cette année, le régime chinois, dans un geste sans précédent, a mis en œuvre une loi de sécurité nationale pour Hong Kong destinée à la criminalisation générale de ce que le régime considère comme des actes de subversion, de sécession et de connivence avec les forces étrangères, infligeant des peines aussi sévères que la prison à vie. Puis, les slogans de protestation ont été interdits du jour au lendemain. Des dizaines de militants ont été arrêtés. L’espace déjà limité dans lequel les Hongkongais pouvaient exprimer leur désaccord s’est encore réduit.

Un jeune militant a déclaré dans une interview à Epoch Times qu’il ne quitterait pas Hong Kong malgré les risques croissants et qu’il continuerait à faire sa part pour soutenir le mouvement.

« Nous ne nous battons pas parce que nous avons vu un signe d’espoir. Nous nous battons parce que nous voulons poursuivre l’espoir et l’espoir est le fruit des efforts de l’homme », a-t-il dit.

Le droit de protester, le droit de s’exprimer, le droit de voter lors d’élections libres et équitables et ma visite à Hong Kong m’ont permis de réaliser que ces droits ont un coût.

Mais il n’y a pas que Hong Kong où les gens affrontent courageusement les menaces du régime totalitaire chinois. En Chine continentale, des militants courageux des droits de l’homme, des avocats, des dissidents et des citoyens ordinaires risquent leur sécurité pour dire la vérité et défendre leurs droits. En allant des médecins qui ont été les premiers à diffuser des informations sur le virus du PCC jusqu’aux citoyens affectés par les inondations historiques qui dénoncent les erreurs des autorités dans les efforts d’évacuation, tous ont choisi d’exposer la réalité de ce qui se passe en Chine tout en connaissant bien les dangers. C’est pourquoi, en tant que rédactrice sur la Chine, je ressens une grande responsabilité et de la fierté de faire partie d’une équipe qui partage les histoires de ces personnes avec vous, nos lecteurs.

Avec Vérité et Tradition,
Annie Wu
Rédactrice Chine, Epoch Times

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