Avignon : accusé d’agressions sexuelles, il affirme avoir été « marabouté »

Par Séraphin Parmentier
7 février 2020 Mis à jour: 8 février 2020

Pendant son procès, le prévenu a expliqué que la sœur de la victime « avait pris le contrôle de [son] corps ».

Le mercredi 5 février, Thierry, un jeune homme de 27 ans d’origine guyanaise était jugé par le tribunal d’Avignon pour des faits de violences et d’agressions sexuelles sur sa compagne.

Le prévenu était soupçonné de l’avoir frappée et de lui avoir imposé des rapports sexuels à deux reprises, le 28 et le 31 janvier 2019. Il était aussi accusé d’avoir injurié les policiers venus l’interpeller à son domicile.

Pendant l’audience, le suspect a affirmé que son épouse avait tenté de l’empoisonner avant d’estimer qu’elle avait fait « une fausse déclaration ».

« Un homme ne peut être accusé d’avoir violé sa femme », poursuit Thierry.

D’après les journalistes de La Provence, il a également assuré que sa belle-sœur l’avait marabouté et avait pris « le contrôle de [son] corps » en « lui mettant un petit bonhomme dans le ventre ».

« Vous, vous êtes bien, mais ma femme est folle », a ajouté le prévenu à l’adresse de la présidente du tribunal.

Afin d’échapper à son emprise, la compagne de l’accusé a dû déménager dans le nord de la France avec ses trois enfants. « Il lui en veut à mort », observe l’avocat de la plaignante.

« Une perception préhistorique des relations homme-femme »

Avocat de l’accusé, Maître Amr fera valoir pour sa part « le contexte culturel dans lequel [son] client a grandi, mais aussi l’altération du discernement » relevé par le psychiatre. « Il a une perception préhistorique des relations homme-femme », souligne Me Amr.

Condamné à deux reprises, dont une fois pour apologie du terrorisme, le prévenu aura du mal à garder ses nerfs pendant l’audience. Il sera d’ailleurs expulsé de son box au moment des réquisitions du procureur de la République.

L’accusé sera finalement condamné à une peine de trois et demi de prison ferme avec maintien en détention. Il devra également faire l’objet d’un suivi socio-judiciaire avec injonction de soins pendant dix ans et a interdiction d’entrer en contact avec son ex-compagne. Son inscription au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais) a aussi été prononcée.

Il devra également verser 10 000 euros à son ex-conjointe au titre des dommages et intérêts, ainsi que 300 euros à chacun des trois policiers qui s’étaient constitués partie civile.

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