Avocat chinois arrêté : acte d’accusation « absurde » (défense)

20 janvier 2018
Mis à jour: 20 janvier 2018

La défense d’un avocat chinois, interpellé après avoir appelé le régime communiste à autoriser l’élection libre du président, a estimé samedi que les charges retenues contre son client étaient « absurdes ».

« Détenir Yu Wensheng pour ‘trouble à l’ordre public’ est absurde », a déclaré son avocat, Huang Hanzhong.

Une dizaine de policiers, dont des membres des forces spéciales, ont embarqué Yu Wensheng vendredi à Pékin alors qu’il emmenait son enfant à l’école, selon deux sources concordantes.

La veille, l’avocat avait adressé à des journalistes une lettre ouverte dans laquelle il appelait Pékin à réformer le système politique, en autorisant notamment une élection présidentielle au suffrage universel, avec des candidats multiples.

« La publication de cette lettre sur internet fait partie de ses droits en tant que citoyen, ce n’est pas illégal », a poursuivi Huang Hanzhong.

La police n’a pas autorisé M. Yu à rencontrer son avocat, ni sa famille, depuis son arrestation, selon M. Huang. Il risque jusqu’à trois ans de prison.

Yu Wensheng a déjà eu maille à partir avec le régime, notamment pour avoir en 2014 soutenu le mouvement des parapluies à Hong Kong en faveur de la démocratie. Il affirme avoir été détenu et torturé pendant trois mois.

L’an dernier, il avait déjà défié le régime en écrivant une lettre ouverte au congrès du PCC. « Le Parti communiste chinois parle de liberté, de démocratie, d’égalité et d’État de droit, mais rien de cela n’existe en Chine » , écrivait-il alors. « L’élite et les plus riches détiennent le pouvoir et la corruption est partout. » Il avait ensuite confié avoir été interrogé par la police pendant trois heures.

Yu Wensheng s’était fait connaître en 2016 en portant plainte contre la municipalité de Pékin en raison de la pollution atmosphérique endémique dans la capitale. Il affirmait à l’époque ne pas craindre de représailles.

Il a été récemment suspendu du barreau et sa demande d’inscription d’un nouveau cabinet a été rejetée, selon Amnesty International.

V.G. avec AFP

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