La beauté évolue-t-elle subjectivement ?

22 novembre 2016 Mis à jour: 20 décembre 2018

Y aurait-il une base biologique objective de l’expérience de la beauté ? Ou est-ce que la beauté serait plutôt une expérience purement subjective ? Cette question a été le sujet d’une étude menée par les chercheurs Di Dio, Macaluso et Rizzolanti, qui ont expliqué et publié leurs résultats dans la revue PlosOne.

Il est une question éternelle que se sont posées à leur époque toutes les cultures : que signifie en réalité « être beau » ou « être belle ». Même les civilisations passées telles que les Égyptiens et les Grecs ont utilisé il y a des millénaires des styles de coiffure très élaborés (peut-être avec l’aide de produits similaires au shampooing), mais cette mode ne serait aujourd’hui probablement pas considérée comme la plus belle.

Serait-il possible que tout ce qui concerne le style d’une personne, et même la chirurgie plastique actuelle, soit une « révolution » de la mode vers une « tendance inesthétique » ?

La représentation de la perception de la beauté observée par l’IRM

Les scientifiques ont mené des études au cours desquelles l’activité du cerveau dans les différentes régions a pu être représentée en utilisant l’imagerie par résonance magnétique (IRM). Ils cherchaient à étudier le sens de la beauté en elle-même, en considérant des critères « subjectifs » et « objectifs » de la beauté. Ils ont choisi comme matériaux d’illustration des images de sculptures de l’époque classique et de la Renaissance. Les personnes sélectionnées dans le premier groupe avaient une expérience dans la critique d’art, et celles d’un deuxième groupe ont été choisies sans expérience dans ce domaine.

La perspective « objective » a été examinée par la juxtaposition d’images des sculptures de la Renaissance et de l’époque classique et a montré des réponses canoniques. Les mêmes images ont été déformées par un logiciel d’imagerie, de sorte qu’elles n’avaient plus les bonnes proportions. Cette étude a montré que le respect du « nombre d’or » dans les œuvres originales avait activé certains groupes de neurones dans le cortex cérébral, ainsi que dans le cortex insulaire. Le cortex insulaire est en particulier connu pour son rôle dans l’évaluation des émotions. Cette réaction fut particulièrement importante lorsqu’on a demandé aux observateurs de laisser uniquement défiler les œuvres, et de ne plus les analyser. Les réactions les plus fortes aux images IRM du cerveau ont alors été observées.

Les expériences individuelles font partie de l’impression de beauté

La perspective « subjective », a quant à elle, été examinée par les volontaires de l’étude qui ont vu défiler des images aléatoires triées en deux catégories, esthétique et inesthétique. Les images ayant été subjectivement classées dans la catégorie d’images esthétiques ont présenté dans les enregistrements IRM l’activation de l’amygdale. Cette structure du cerveau joue un rôle dans les stimuli sensoriels émergents qui portent une valeur émotionnelle.

Ces résultats montrent que le sens de la beauté est contrôlé chez les sujets ayant une expérience dans la critique d’art par deux processus concurrents : d’une part, l’activation commune des groupes de neurones dans le cortex insulaire indique une position clé dans l’impression de beauté en réponse à la beauté « objective ». Le deuxième type d’impression de beauté est cependant basé sur l’activation d’une autre région du cerveau, l’amygdale. Cette façon de réagir est liée aux propres expériences émotionnelles et incarne le sens « subjectif » de la beauté chez les personnes.

Les scientifiques ont conclu que les deux types de facteurs objectifs et subjectifs jouent un rôle important dans l’évaluation de l’impression de la beauté d’une œuvre d’art – en prenant en compte les facteurs subjectifs dépendant des expériences émotionnelles de l’individu.

Les produits cosmétiques, les tatouages et les piercing ainsi que la beauté idéale des mannequins dans les défilés de mode sont deux autres domaines qui dépendent fortement des « critères de beauté » actuels dans la population. Avec les résultats scientifiques de l’étude, il est évident que le sens de la beauté dans ces domaines est également très sensible à un changement dans la tendance de beauté. Un produit cosmétique, tatouage ou piercing pourra à une époque paraître non seulement inutile, mais également contre-productif ou « laid ».

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