Bélarus: début du procès du mari de la cheffe de l’opposition

Par Epoch Times avec AFP
24 juin 2021
Mis à jour: 24 juin 2021

Plusieurs opposants bélarusses sont jugés à huis-clos depuis jeudi dans une prison du sud-est du pays, notamment Sergueï Tsikhanovski dont l’épouse Svetlana est devenue la figure de la contestation contre le régime.

Sergueï Tsikhanovski, un blogueur devenu populaire grâce à ces vidéos dénonçant la corruption et le président Alexandre Loukachenko qu’il comparait à un « cafard », comptait se présenter à l’élection présidentielle d’août quand il avait été arrêté en mai 2020.

D’autres candidats d’opposition avaient été arrêtés avant le vote mais M. Loukachenko avait laissé Svetlana Tsikhanovskaïa, l’épouse de Sergueï, se présenter en se moquant d’elle.

Mobilisant des foules jamais vues

Elle avait créé la surprise, s’alliant avec les équipes d’autres candidats et mobilisant des foules jamais vues.

La réélection du président avait ensuite déclenché un mouvement de protestation ayant rassemblé des mois durant des dizaines de milliers de gens dans la rue, malgré la répression et l’exil forcé de Mme Tsikhanovskaïa.

Accusé d’avoir manipulé la conscience publique

Jeudi, Sergueï Tsikhanovski a commencé à être jugé pour entre autres « préparation de désordre de masse » et « incitation à la haine » dans le centre de détention de Gomel (sud-est) où il est incarcéré depuis un an, en compagnie de cinq autres opposants dont une figure historique de l’opposition, Mikola Statkevitch.

Le blogueur de 42 ans risque jusqu’à 15 ans de prison.

Une journaliste d’un média pro-pouvoir a diffusé sur télégram des vidéos de l’arrivée des six hommes à l’audience, les mains menottées dans le dos et installés dans deux salles différentes d’où ils assisteront aux audiences dans une cage.

Leurs proches n’ont pas été autorisés à assister aux audiences qui se déroulent en prison.

Mikola Statkevitch a crié à son arrivée « Longue vie au Bélarus », le slogan de l’opposition durant les manifestations de l’été et l’automne 2020.

En mars, le Comité d’enquête bélarusse avait indiqué dans un communiqué que Tsikhanovski et ses associés avaient « manipulé la conscience publique » sur les réseaux sociaux.

Le média indépendant le plus populaire du pays jugé

Leurs « faux appels » avaient incité des centaines de personnes à l’émeute et à des « violations flagrantes de l’ordre public », selon cet organisme chargé des grandes affaires criminelles.

« Sergueï a été arrêté le 29 mai 2020 (…)  Tout le monde comprend qu’il ne s’agit pas d’un procès, mais d’une vengeance personnelle de celui qui a pris et conserve le pouvoir avec violence », a déclaré Svetlana Tsikhanovskaïa dans un message vidéo, en référence à Alexandre Loukachenko.

Parallèlement, se tient à huis-clos jeudi à Minsk une audience pour classer le média indépendant le plus populaire du pays, Tut.by, comme « extrémiste ». 

Tut.by est bloqué depuis mai par les autorités et quinze de ses employés sont en prison, accusés de fraudes fiscales.

Mardi, 15 ans de prison ont été requis contre un autre ex-candidat à la présidentielle, Viktor Babaryko, considéré à son arrestation en juin 2020 comme le concurrent le plus sérieux du chef de l’Etat.

Toutes les figures de l’opposition arrêtées

Cet ancien banquier de 57 ans est accusé d’avoir reçu des pots-de-vin alors qu’il dirigeait Belgazprombank, filiale bélarusse d’une banque appartenant au géant gazier russe Gazprom.

La répression bat son plein au Bélarus après le mouvement de protestation historique ayant suivi la réélection de M. Loukachenko pour un cinquième mandat avec 80% des voix, élection dénoncée comme frauduleuse par l’opposition.

Quasiment toutes les figures de l’opposition ont été arrêtées ou contraintes à l’exil et des dizaines de journalistes sont emprisonnés, certains condamnés à de lourdes peines de prison. Selon Viasna, il y a actuellement 500 prisonniers politiques dans le pays.

Cette semaine, l’Union européenne, les Etats-Unis et d’autres pays occidentaux ont pris des sanctions visant des dizaines de personnalités et d’entreprises liées au pouvoir, notamment pour le déroutement d’un avion de la compagnie Ryanair qui survolait le Bélarus le 23 mai afin d’arrêter un dissident et sa compagne.

 

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