Bélarus: la candidate d’opposition demande que Loukachenko « cède le pouvoir »

Par Epoch Times avec AFP
10 août 2020
Mis à jour: 10 août 2020

La candidate de l’opposition bélarusse Svetlana Tikhanovskaïa a rejeté lundi les résultats officiels de la présidentielle de la veille et demandé que le président Alexandre Loukachenko, donné vainqueur par les autorités, cède les commandes du pays.

« Le pouvoir doit réfléchir à comment nous céder le pouvoir. Je me considère vainqueur de ces élections », a-t-elle dit devant la presse en fin de matinée, peu après que la Commission électorale a affirmé que le chef de l’Etat avait été réélu avec plus de 80% des voix, tandis que l’opposante obtenait moins de 10% des suffrages.

Estime être vainqueur des élections ( Tikhanovskaïa )

Svetlana Tikhanovskaïa a aussi dénoncé le répression violente dans la nuit de dimanche à lundi de manifestations contre la réélection de l’homme fort du Bélarus. La police a déployé en masse ses forces et équipements anti-émeutes, faisant notamment usage de grenades assourdissantes.

Le président Loukachenko veut se maintenir par la force

« Nous avons été témoins du fait que le pouvoir cherche à se maintenir par la force. Malgré nos appels aux autorités à ne pas s’en prendre à ses citoyens, nous n’avons pas été entendus, et hier la police a eu recours à des moyens disproportionnées », a-t-elle dit, faisant état dans l’immédiat « d’informations contradictoires » quant à des décès.

Le ministère de l’Intérieur a lui annoncé quelque 3.000 arrestations à travers le pays, dont un millier à Minsk, théâtre de la répression la plus violente, ainsi que de dizaines de blessés.

Il a cependant démenti tout décès, contredisant l’ONG de défense des droits de l’homme Viasna qui a indiqué qu’un manifestant avait été tué après avoir été renversé dans la nuit par un véhicule de police sur l’avenue des Vainqueurs, en centre-ville de Minsk.

« Au total, à travers le pays environ 3.000 personnes ont été arrêtées  au cours de heurts, plus de 50 citoyens et 39 policiers ont été blessés, certains sont hospitalisés », a déclaré le ministère dans un communiqué, faisant état de manifestations nocturnes « non-autorisées » dans 33 villes et localités du pays.

 

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