Biden a marqué de bons points sur la Chine, mais il doit se montrer beaucoup plus ferme

Par Anders Corr
30 avril 2021
Mis à jour: 30 avril 2021

« Nous sommes dans une compétition avec la Chine et d’autres pays pour gagner le XXIe siècle », a déclaré le président Biden lors de son discours devant la session conjointe du Congrès des États-Unis tenue le 28 avril. Ce discours a été critiqué par un journaliste du New York Times qui l’a jugé trop simpliste. Mais il s’est trompé. La démocratie est dans une compétition existentielle, voire en conflit, avec la Chine. Et Biden le sait.

« Le secrétaire d’État Blinken peut vous le dire, j’ai passé beaucoup de temps avec le président Xi – parcouru plus de 17 000 miles, passé plus de 24 heures en discussions privées avec lui. Lorsqu’il a appelé pour me féliciter, nous avons eu une discussion de deux heures », a indiqué Biden, soulignant : « Il tient absolument à devenir une nation la plus forte et la plus importante du monde. » Biden a fait ici un lapsus laissant entendre que le dirigeant chinois Xi Jinping se voit lui-même comme une future nation chinoise hégémonique.

« [Xi Jinping] et d’autres, des autocrates, pensent qu’une démocratie ne peut pas rivaliser au XXIe siècle avec les autocraties, car il lui faut trop de temps pour obtenir un consensus », a poursuivi le président américain. Oui, on ne peut pas être Américain, entendre ces paroles sortir de la bouche du leader chinois et ne pas réagir. C’est bien dommage que Biden, à l’époque, n’ait pas convaincu Obama d’adopter une position plus ferme envers l’État-parti chinois.

Il est toutefois rassurant de constater que le président a consacré une partie de son discours à la relance de la puissance industrielle de l’Amérique. « Il n’y a tout simplement aucune raison pour que les pales des éoliennes ne soient pas fabriquées à Pittsburgh plutôt qu’à Pékin », a-t-il dit, ajoutant : « Il n’y a aucune raison pour que les Américains – les travailleurs américains – ne soient pas leaders mondiaux dans la production de véhicules électriques et de batteries. »

Joe Biden aurait pu s’en prendre à Elon Musk, le PDG milliardaire de Tesla Motors, qui a récemment accéléré la production de voitures électriques à Shanghai à la place de Détroit. Ou bien, il aurait pu offrir son soutien à Musk. Tesla est une entreprise américaine qui cède probablement aux exigences de la Chine en matière de transfert de technologie, des emplois et d’une soumission publique abjecte du style maoïste – ceci dans le but d’obtenir un accès au marché chinois. Au cours des deux dernières semaines, le Parti communiste chinois (PCC) a effectué une si forte pression publique sur Tesla au sujet d’une prétendue « défaillance des freins » d’une voiture signalée par une Chinoise, que Tesla a promis de s’engager dans un « autoexamen » et une « autocorrection » afin de « rectifier » ses problèmes de service à la clientèle. Il n’y a rien qu’une société américaine ne fera pas pour de l’argent.

Biden s’inspire à juste titre de la politique de l’administration Trump qui a mis l’accent sur la reconstruction de l’industrie américaine – ce qui est une exigence absolue si les États-Unis ne veulent pas se laisser dépasser par la Chine sur le plan économique et militaire. C’est l’Amérique, et non la Chine communiste, qui doit diriger l’industrie américaine.

Intéressant de noter que Biden n’a toujours pas supprimé les tarifs douaniers imposés par Trump sur les importations provenant de la Chine. Avec ces tarifs, Trump est « sorti des sentiers battus » contre l’avis de la plupart des économistes (de presque tous à l’exception de Peter Navarro), et Biden le suit dans son sillage. Ces économistes devront maintenant repenser leurs modèles de libre-échange et y inclure davantage de variables de sécurité nationale plutôt que se baser sur les seuls prix à la consommation. Biden a bien raison de laisser les tarifs de Trump en place, mais il devra bientôt mener le combat contre la Chine et non seulement se contenter des innovations de l’ex-président républicain. Si Biden et son entourage démocrate ne peuvent pas le faire, les Américains auront besoin d’un autre président républicain pour le faire après les prochaines élections en 2024.

Dans son discours, Biden a également déploré que l’Amérique n’investisse pas au moins 2 % de son PIB dans la recherche et le développement. Il a déclaré que les États-Unis ont maintenu ce pourcentage pendant plusieurs décennies, mais qu’il est aujourd’hui inférieur à 1 %. « La Chine et d’autres pays se rapprochent rapidement », a-t-il mis en garde. « Nous devons développer et dominer dans les produits et les technologies de l’avenir. Batteries avancées, biotechnologie, puces informatiques, énergie propre. » Il a vu juste.

Le président américain a mentionné l’Agence américaine pour les projets de recherche avancée de défense (DARPA), qui a inventé Internet et le GPS. Cependant, malheureusement, il n’a pas appelé à accroître le financement de la recherche liée à la défense. À la place, il a demandé la création d’une nouvelle agence axée sur la santé. Bien sûr, l’Amérique a besoin d’une telle agence, mais elle a également besoin de plus de fonds pour la DARPA. Les États-Unis doivent maintenir leur avance technologique, en particulier leur avance militaire, par rapport à la Chine qui cherche la domination mondiale.

Dans son discours, Biden a prononcé les paroles en voulant probablement qu’elles soient entendues par Xi Jinping : « Dans mes discussions avec le président Xi, je lui ai dit que nous apprécions la concurrence. Nous ne cherchons pas le conflit. »

Cette phrase et la volonté de Biden de coopérer avec l’État-parti chinois dans le domaine du climat devraient calmer les Américains qui deviennent de plus en plus inquiets de la possibilité d’une nouvelle guerre froide, vu tous les risques qu’elle comporterait à l’époque nucléaire. Cependant, aujourd’hui, le président doit bien comprendre que si l’Amérique ne cherche pas le conflit (le président Obama l’a prouvé sans aucun doute), Xi Jinping, lui, le cherche. Il est expansionniste dans ses revendications territoriales et il est génocidaire envers son propre peuple. Le régime chinois contemporain possède un système d’apartheid dans le cadre duquel certaines minorités n’ont aucune liberté de déplacement, tandis que la « race » majoritaire des Han a pratiquement tout le pouvoir. Le peuple américain doit voir clairement dans les paroles fermes et nettes de son président que Pékin veut la peau de l’Amérique

Biden a déclaré qu’il « défendra les intérêts des États-Unis dans tous les domaines », notamment contre les pratiques commerciales déloyales, le vol de technologies et de propriété intellectuelle. Il a promis de « maintenir des relations fortes dans la région indo-pacifique, tout comme nous le faisons avec l’OTAN et l’Europe. Non pas pour déclencher un conflit, mais pour le prévenir ». Il a promis aussi de maintenir l’engagement de l’Amérique aux droits de l’homme, à la liberté et envers ses alliances. « Un président américain doit représenter l’essence de ce que défend notre pays », a-t-il proclamé. « L’Amérique est un concept, le concept le plus unique de l’histoire. Nous sommes créés, nous sommes tous égaux. C’est ce que nous sommes. »

Cependant, la défense du concept américain d’égalité, ainsi que de celui de la liberté, aura besoin de sacrifices. Plus de sacrifices que ce que Biden a admis dans son discours. La défense de la liberté a toujours exigé des sacrifices. Préparer le peuple américain aux sacrifices nécessaires pour confronter efficacement et vaincre le Parti communiste chinois aura besoin non seulement de paroles plus fermes de la part de son président, mais aussi d’actions beaucoup plus fermes.

Dr Anders Corr est directeur de Corr Analytics Inc., éditeur du Journal of Political Risk. Il a effectué des recherches approfondies en Amérique du Nord, en Europe et en Asie et il est l’auteur de The Concentration of Power (à paraître en 2021), de No Trespassing, et a édité Great Powers, Grand Strategies.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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