Le bilan « absolument désastreux » du régime chinois sur les droits de l’homme

10 octobre 2016 Mis à jour: 12 janvier 2018

Lorsqu’en 2001, les États-Unis avaient plaidé pour l’adhésion de la Chine à l’Organisation Mondiale du Commerce, c’était sur la promesse que le Parti communiste chinois alignerait son système avec les lois et les normes internationales.

Près de 15 ans plus tard, la Chine est devenue la deuxième plus grande économie du monde. Mais d’après le rapport annuel 2016 de la Commission exécutive du Congrès sur la Chine (CECC), plutôt que de tenir ses promesses, le Parti a fait régresser le pays en matière de droits de l’homme et d’État de droit.

« Le bilan des droits humains du gouvernement chinois est un désastre complet », ont annoncé dans un communiqué le président de la CECC et l’élu Chris Smith (R-NJ). « C’est une période sombre pour les réformateurs, les dissidents et les défenseurs des droits, qui subissent toujours plus de répression et leur situation s’est encore dégradée l’année dernière. »

Le sénateur Marco Rubio (R-FL) a déclaré dans un communiqué : « La Chine s’est servie du système des règles internationales pour alimenter sa grande croissance économique. Au même moment, elle a restreint davantage les libertés et renforcé la répression. »

Le rapport bipartisan de 346 pages cerne 19 thèmes problématiques dans la Chine actuelle, dont la répression des avocats des droits de l’homme ; les abus qui frappent les Tibétains, les Ouïghours et les demandeurs d’asile nord-coréens ; la remise en question du principe d’autonomie de Hong Kong, celui « d’une nation, deux systèmes » ; la pollution environnementale ; et la répression des groupes religieux.

Certaines problématiques des droits humains du régime se croisent dans la persécution d’une discipline spirituelle traditionnelle chinoise. Le rapport CECC a noté que les pratiquants de Falun Gong subissaient toujours « un harcèlement continu et des abus », suite au lancement de la campagne de persécution par le régime en 1999.

Selon le rapport, « les organisations de défense des droits et les pratiquants ont documenté les pratiques coercitives et violentes infligées aux pratiquants de Falun Gong en détention, y compris les chocs électriques, la privation de sommeil, de nourriture, l’alimentation forcée, l’administration forcée de drogues, les coups, les sévices sexuels et l’internement forcé dans des établissements psychiatriques ».

Les avocats de défense des droits qui ont soutenu les cas de pratiquants de Falun Gong ont également été ciblés par le régime. Le professeur de droit Zhang Zanning a été harcelé en novembre 2015 et l’avocat des droits de premier plan Wang Yu, officiellement arrêté en janvier 2016. Le régime persiste à restreindre les mouvements de Gao Zhisheng, l’un des premiers avocats chinois à défendre les pratiquants de Falun Gong.

Dans un message, le Républicain Smith a déclaré que « les détenus qui pratiquent le Falun Gong et d’autres prisonniers, sont d’après les témoignages, victimes de l’horrible crime des prélèvements forcés d’organes ». Le rapport de la CECC exprime le scepticisme de la communauté internationale sur les dires du tsar du système de contrôle des organes en Chine, Huang Jiefu, affirmant que le régime a cessé de recourir aux prélèvements d’organes sur les prisonniers.

Le 13 Juin, la Chambre des représentants américains a adopté à l’unanimité une résolution condamnant la pratique du régime chinois de prélever des organes sur des prisonniers, dont les pratiquants de Falun Gong.

Dans un communiqué, le sénateur Rubio précisait que le dernier rapport de la CECC « dépeignait une situation indéniablement sombre de détérioration des droits de l’homme et de la primauté du droit en Chine ».

Mais en dépit des relations commerciales liants les deux pays, a-t-il poursuivi, les États-Unis « soutiendront les réformateurs et les dissidents chinois et appellerons le gouvernement de Pékin et le Parti communiste à respecter les droits fondamentaux de l’homme et à faire respecter l’État de droit, comme nous l’attendons de toute nation responsable ».

Version anglaise : Report: Chinese Regime’s Human Rights Record ‘Utterly Deplorable’

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