Le bilan des données officielles sur le virus remis en question par la population de Xinjiang, dans le nord-est de la Chine

Par Nicole Hao
30 juillet 2020
Mis à jour: 1 août 2020

Les mesures de confinement restrictives et la désignation de plus de lits d’hôpitaux dans la ville de Dalian, dans le nord-est de la Chine et dans la région du Xinjiang, à l’extrême ouest, suggèrent que les épidémies locales du virus du PCC* sont graves, bien que les autorités ne publient que des informations limitées.

Urumqi, la capitale du Xinjiang, abrite une importante population de Ouïghours. Immédiatement après avoir annoncé une résurgence du virus à la mi-juillet, les autorités locales ont mis la ville en quarantaine. Comme de nouvelles infections sont diagnostiquées chaque jour, la ville construit son premier hôpital de fortune pour traiter les patients atteints de Covid-19.

Dans la ville de Ghulja, à l’ouest de la capitale, les habitants ont précisé que la zone avait été fermée le 27 juillet en raison de l’épidémie, bien que les autorités locales n’aient pas annoncé de nouveaux cas. Les habitants de Kashgar, dans le sud du Xinjiang, ont également fait état d’un confinement le 18 juillet après l’annonce du premier cas diagnostiqué.

L’épidémie à Dalian, dans la province du Liaoning, dans le nord-est du pays, s’est rapidement étendue à huit autres villes dans quatre provinces. Le vice-Premier ministre chinois, Sun Chunlan, a dépêché le directeur de la Commission nationale de la Santé de Chine à Dalian le 24 juillet pour coordonner les efforts de prévention du virus.

Les autorités ont exigé que les 6,9 millions d’habitants de Dalian subissent un test Covid-19. Par la suite, une panique générale s’est emparée de la population, ce qui l’a poussée à vider les rayons des supermarchés.

Dalian

La commission provinciale de la santé du Liaoning a annoncé le 27 juillet que 14 nouveaux patients atteints de Covid-19 ont été diagnostiqués, alors que 12 autres ont été reconnus comme porteurs asymptomatiques. Tous sont à Dalian.

Parmi les patients, il y avait un chauffeur de bus, un chauffeur de taxi, un restaurateur et un barbier.

Les nouvelles politiques des autorités laissent entrevoir une situation critique.

Le 24 juillet, le jour où les autorités de Changchun et de Siping ont confirmé de nouveaux diagnostics positifs, le directeur de la Commission nationale de la Santé, Ma Xiaowei, est arrivé à Dalian pour renseigner les autorités locales sur la manière de gérer l’épidémie.

Selon le communiqué de presse de la commission du 26 juillet, le directeur de la santé Ma leur a ordonné d’effectuer des tests d’acide nucléique sur chaque résident de Dalian dans les quatre jours suivants ; d’isoler tous les patients diagnostiqués, les porteurs asymptomatiques et leurs contacts proches dans les centres de quarantaine ; et de vider un hôpital dans les 24 heures et de l’utiliser comme un hôpital destiné uniquement au Covid-19.

Les habitants de Dalian ont également commencé à semer des foyers du virus en dehors de la ville. Du 24 au 26 juillet, la ville de Fuzhou dans la province du Fujian au sud de la Chine, les villes de Siping et Changchun dans la province du Jilin au nord-est de la Chine, les villes de Hegang, Suihua et Hailun dans la province du Heilongjiang au nord-est de la Chine, et les villes de Tieling et Anshan dans le Liaoning ont récemment signalé des cas diagnostiqués parmi les voyageurs en provenance de Dalian.

Les gens font la queue pour passer les tests Covid-19 dans un centre de test improvisé à Dalian, dans la province du Liaoning dans le nord-est de la Chine, le 26 juillet 2020. (STR/AFP via Getty Images)

Les internautes de Dalian ont récemment partagé des vidéos montrant des gens s’entassant devant les sites de tests d’acide nucléique. En raison de l’espace limité, les gens ne pouvaient pas maintenir une distance sociale et devaient se tenir près les uns des autres.

Les habitants de Dalian ont également voulu partager à l’édition chinoise du journal Epoch Times sur les politiques de quarantaine restrictives.

Mme Liu est caissière dans un petit supermarché. Puisqu’un patient diagnostiqué aurait déclaré y avoir fait ses courses le 18 juillet, Mme Liu et ses collègues ont été isolés dans un hôtel transformé en centre de quarantaine le 22 juillet.

« Ils [les fonctionnaires] sont venus à notre magasin avec une photo et nous ont demandé si nous connaissions cet homme. Aucun d’entre nous ne le connaissait. Toutefois, nous avons été contraints à nous rendre directement à ce centre de quarantaine, sans l’autorisation de changer nos uniformes de travail ni de prendre quoi que ce soit », s’est plainte Mme Liu.

De plus, les fonctionnaires ont verrouillé la maison de Mme Liu de l’extérieur le 22 juillet au soir. Ils prétendaient que le mari et le fils de Mme Liu devaient être mis en quarantaine à domicile. Le 27 juillet, changeant leur fusil d’épaule, ils ont soudainement déverrouillé la porte chez Mme Liu et ont forcé son mari et son fils à déménager dans un centre de quarantaine.

Les gens font la queue pour passer les tests Covid-19 dans un centre de test improvisé à Dalian, dans la province du Liaoning dans le nord-est de la Chine, le 27 juillet 2020. (STR/AFP via Getty Images)

Les autorités daliennes ont attribué la résurgence du virus à la société locale Kaiyang Seafood Co. Un employé de cette entreprise a partagé au journal Epoch Times que sa famille et lui avaient été isolés dans un centre de quarantaine et devaient subir des tests Covid-19 tous les trois jours.

L’employé a déclaré que tout le personnel avait été testé pour le virus les 7 et 8 juillet – avant que les autorités ne confirment un nouveau foyer le 23 juillet – mais que personne n’avait été testé positif. Il a remis en question l’affirmation des autorités selon laquelle l’entreprise était à l’origine de l’épidémie.

Xinjiang

Du 16 au 27 juillet, la Commission sanitaire de la région du Xinjiang a annoncé la présence de près de 400 porteurs confirmés et asymptomatiques, presque tous à Urumqi, la capitale.

Cependant, les habitants ont remis en question ces chiffres et ont déclaré que l’ampleur réelle était probablement sous-estimée.

Le 25 juillet, les internautes d’Urumqi ont publié sur Internet que les autorités avaient commencé à construire un hôpital de fortune à la Terrasse n° 2 dans le district de Toutunhe, à Urumqi. Ils ont partagé des vidéos d’excavateurs et de camions travaillant sur le terrain.

Le 26 juillet dans l’après-midi, la Commission sanitaire municipale d’Urumqi a confirmé, lors d’une conférence de presse quotidienne, que les autorités construisaient effectivement un nouvel hôpital désigné aux soins des patients de Covid-19.

La commission n’a pas dit combien de temps il faudrait pour terminer la construction. À Wuhan, où le virus s’est déclaré pour la première fois, les ouvriers ont passé dix jours à construire l’hôpital de fortune de Huoshenshan.

La commission a déclaré que tous les patients diagnostiqués étaient actuellement traités à l’hôpital populaire n° 6 d’Urumqi. Selon le site web de l’hôpital, celui-ci dispose de 800 lits et se consacre au traitement des maladies infectieuses.

De loin la ville la plus importante des vastes territoires intérieurs de l’Ouest, Urumqi a été mise en quarantaine immédiatement après l’annonce par les autorités du premier patient diagnostiqué lors de l’épidémie de la nouvelle vague, le 16 juillet.

Depuis le 26 juillet à minuit, les habitants de la ville de Ghulja, dans le nord du Xinjiang, ont rapporté que leur ville serait fermée à partir de 8 h le 27 juillet. Ghulja se trouve à environ 675 km à l’ouest d’Urumqi, et est la capitale de la préfecture frontalière autonome kazakhe d’Ili.

Des vidéos partagées par les résidents ont permis de voir les résidents s’entasser sur les marchés la nuit pour faire leurs achats de nourriture et d’autres produits de première nécessité avant le confinement de la ville. Le lendemain matin, les rues étaient vides et les gens restaient chez eux.

Officiellement, Ghulja n’a signalé aucun cas diagnostiqué. Mais des sources fiables ont fait savoir au journal Epoch Times le 16 juillet que les voyageurs qui avaient visité Ili avaient été invités à passer des tests d’acide nucléique, ce qui sous-entend que les autorités craignaient que des personnes puissent avoir contracté le virus à Ili et le propager par la suite.

* Epoch Times désigne le nouveau coronavirus, responsable de la maladie du Covid-19, comme le « virus du PCC », car la dissimulation et la mauvaise gestion du Parti communiste chinois (PCC) ont permis au virus de se propager dans toute la Chine et de créer une pandémie mondiale.

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