Bordeaux : un sans-abri antillais tire sur son dealer à trois reprises pour une dette de quelques dizaines d’euros

Par Séraphin Parmentier
8 janvier 2020 Mis à jour: 8 janvier 2020

Muni d’un pistolet de calibre 6.35, le suspect n’a pas hésité à faire feu en pleine rue à cause d’un différent lié à une somme d’argent non remboursée sur fond de trafic de drogue.

Les faits ont eu lieu dans l’après-midi du 1er janvier. Ce jour-là, Roger Ajax, un sans-abri d’origine antillaise âgé d’une trentaine d’années et arrivé à Bordeaux début décembre, a tiré en pleine rue et à trois reprises sur son fournisseur de drogue.

Jugé le lundi 6 janvier par le tribunal correctionnel de Bordeaux dans le cadre d’une procédure de comparution immédiate, le prévenu a expliqué qu’il s’en était pris à la victime à cause d’une dette.

« Il me devait 60 euros », a déclaré Roger Ajax – dont les propos ont été rapportés par les journalistes de Sud Ouest. Une somme confiée à son fournisseur afin que celui-ci lui ramène des stupéfiants.

Après avoir patienté sans obtenir ce qu’il espérait, le trentenaire a finalement décidé de demander à son dealer de le rembourser.

« Pendant une semaine, je l’ai harcelé pour qu’il me remette mes sous. S’il me les avait rendus, je n’aurais pas tiré », a-t-il assuré pendant son procès.

Le 1er janvier, Roger Ajax sort de l’hôtel où il est hébergé grâce au Samu social et tombe nez à nez avec son dealer. Il remonte aussitôt dans sa chambre et se saisit d’un pistolet de calibre 6.35.

« C’est pour ma protection », affirme l’accusé lorsqu’on lui demande pour quelles raisons il possédait cette arme à feu.

Deux ans de prison ferme pour le prévenu

Maître Laury Costes, avocate du prévenu, explique ensuite que son client se serait senti menacé par la victime et qu’il ne pensait pas être en capacité de se battre ou de prendre la fuite du fait d’une opération récente.

« Venant des Antilles où le rapport à la sécurité est différent », il s’est armé, ajoute Me Costes.

La victime s’en tirera avec une Incapacité totale de travail (ITT) de cinq jours et une balle logée à vie dans la jambe.

Le tribunal correctionnel de Bordeaux a finalement condamné Roger Ajax à une peine de deux ans de prison ferme avec maintien en détention.

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