Braconnage à Mayotte : 28 tortues vertes retrouvées mortes pendant le confinement

Par Léonard Plantain
11 mai 2020
Mis à jour: 11 mai 2020

Depuis le début du confinement, sur les plages de Mayotte, le braconnage des tortues vertes a explosé.

Tirant profit du fait que les associations, les gardes du conseil environnemental, la police et les touristes soient confinés, des braconniers ont agi en toute impunité sur les plages de Mayotte, afin d’extraire puis vendre la viande des tortues marines venues pondre.

Au total, 28 cadavres de tortues vertes (Chelonia mydas) ont été retrouvés depuis le début du confinement à Mayotte.

D’après National Geographic, chaque année, 350 femelles tortues sont officiellement retrouvées mortes sur les plages mahoraises. Cependant, « ce chiffre ne prend pas en compte les cadavres emportés en pirogue, enterrés ou cachés par les braconniers » explique Jeanne Wagner, présidente de l’association Oulanga na Nyamba, qui signifie « Environnement et Tortue » en Shimaore, une langue locale de l’île de Mayotte.

Ces tortues sont spécialement visées car à Mayotte, leur viande se vend environ 50 € le kilogramme au marché noir comparé à 7 € pour du poisson dans les marchés traditionnels. « Cette chasse illégale n’est pas alimentaire, de manière générale, ce sont les Hommes qui se réunissent et qui la mangent accompagnée de mets spéciaux, elle aurait des propriétés prétendument renforçantes », explique Jeanne Wagner, dépitée par la récente découverte.

Face aux événements, Jeanne Wagner garde malgré tout un certain optimisme : « C’est difficile de faire de la problématique ‘tortue marine’ une des problématiques principales à Mayotte. Le préfet de l’île fait de la lutte contre l’immigration clandestine une priorité, mais les événements récents ont permis d’éveiller une certaine conscience, les forces de l’ordre vont commencer à travailler sur les filières d’acheteurs et de consommateurs de viande de tortue. »

Entre-temps, l’association Oulanga na Nyamba a porté plainte pour destruction d’espèces protégées. Cependant, deux braconniers récemment arrêtés ont été relâchés pour vice de procédure. Mais Jeanne Wagner ne compte pas en rester là.

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