Brest : Sans-abri depuis 7 ans, il reçoit des offres d’emploi et d’hébergement après un message publié sur Facebook

Par Séraphin Parmentier
18 septembre 2019 Mis à jour: 18 septembre 2019

Le jeune homme de 23 ans a eu la chance de rencontrer des personnes bienveillantes alors qu’il faisait la manche devant un supermarché brestois.

Samedi dernier, William, un sans-abri âgé de 23 ans fait la manche devant une enseigne Monoprix à Brest. Accompagné de sa chienne Midnight, le jeune homme fond soudain en larmes et attire l’attention d’une passante et sa fille. Bouleversées, ces dernières s’arrêtent et engagent la conversation avec William pour lui remonter le moral.

« Ça m’a fait beaucoup de bien. Elles vont m’aider à m’indiquer les démarches à faire », a confié le jeune homme aux journalistes de France Bleu.

Elles lui proposent alors de publier un billet sur Facebook pour lui venir en aide. Le jeune homme accepte. Quelques heures plus tard, le message est diffusé sur la page Facebook de l’association caritative La relève de Coluche.

« Ce matin face à Monoprix Brest, nous avons été émues par la situation d’un jeune homme de 23 ans. Celui-ci pleurait à chaudes larmes, démuni de tout. Après être passé de foyer en foyer, William est dans la rue depuis l’âge de 16 ans… Sept longues années d’errance, de mauvaises rencontres, et de ‘conneries’ comme il le dit… », écrivent la mère et sa fille.

« Aujourd’hui il veut s’en sortir, pour lui et sa petite chienne Midnight. Son histoire difficile nous a beaucoup, beaucoup touchées. Nous nous sommes engagées à l’aider… Et dès lundi nous nous rendrons à la mission locale. Si vous connaissez des employeurs prêts à faire confiance à ce grand et volontaire jeune homme… MERCI de partager », ajoutent-elles.

« Quand on vit dehors, on n’est pas bien vu, mais l’ignorance est le pire des mépris »

Largement partagé sur les réseaux sociaux, le billet permet à William de recevoir plusieurs propositions d’emploi et d’hébergement.

« Depuis que le post a été commenté, j’ai dû rencontrer une dizaine de personnes, c’est vraiment superbe. On m’a proposé d’aller jusqu’à Besançon en me payant le voyage, d’être hébergé chez une personne et de travailler dans la boîte de son mari », raconte le jeune sans-abri.

« Ici, c’est comme si on n’existait pas. D’accord quand on vit dehors, on n’est pas bien vu, mais l’ignorance est le pire des mépris. Et c’est généralement ce qui blesse le plus à la longue. Parce qu’on peut supporter ça un an, deux ans. Mais quand ça fait sept ans, ça devient extrêmement compliqué, vraiment », ajoute William.

« Si je peux travailler, je ne demande que ça »

Après sept années de galère, il est fermement décidé à s’en sortir et à remonter la pente. « J’ai vraiment envie de changer parce que j’ai mon chien maintenant. Je voudrais donner à mon chien ce que moi je n’ai pas eu. Lui offrir une vie plus ou moins correcte », explique-t-il.

« Pour l’instant je croise les doigts, vraiment. Si je peux travailler, je ne demande que ça », conclut William avec espoir.

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