Calme à Hong Kong pour les 100 ans du Parti communiste en Chine

Par Epoch Times avec AFP
1 juillet 2021
Mis à jour: 1 juillet 2021

D’importants effectifs policiers ont été déployés jeudi à Hong Kong afin de réprimer tout acte de dissidence à l’occasion des célébrations des 100 ans du Parti communiste chinois et le calme qui régnait sur la ville atteste de la manière dont Pékin a muselé toute opposition.

Cet anniversaire correspond aux 24 ans de la rétrocession de l’ex-colonie britannique à la Chine.

Depuis 2003, à chaque anniversaire de la rétrocession, les Hongkongais étaient nombreux à se rassembler dans les rues de la ville pour commémorer cette date.

Manifestations interdites à Hong Kong

Les manifestations sont désormais presque toutes interdites à Hong Kong, Pékin menant une vaste campagne de répression contre toute dissidence après l’immense mouvement pro- démocratie qui a secoué la ville en 2019.

Plus de 10.000 policiers, soit un tiers des effectifs, ont été déployés pour empêcher tout rassemblement, selon des médias locaux, alors que les autorités ont prévenu que toute tentative de manifestation conduirait à des arrestations.

La cheffe de l’exécutif, Carrie Lam, était jeudi à Pékin pour assister à la célébration de ce centenaire. Son adjoint, John Lee, a donc supervisé à Hong Kong la cérémonie de lever du drapeau dans un centre d’exposition, tandis que la police et des canons à eau ont été déployés dans les rues adjacentes.

Le directeur général par intérim de Hong Kong, John Lee (à droite) porte un toast avec des responsables chinois pour marquer le 24e anniversaire de la rétrocession de Hong Kong à la Grande-Bretagne le 1er juillet 2021. Photo de Peter PARKS / AFP via Getty Images.

Cérémonie en mandarin, plutôt qu’en cantonais

Pour la première fois, la cérémonie du lever du drapeau était en mandarin, plutôt qu’en cantonais, la langue majoritairement parlée à Hong Kong, ce qui marque une rupture avec le passé.

Dans son discours, M. Lee a salué la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin à Hong Kong et entrée en vigueur l’an passé une heure avant  l’anniversaire de la rétrocession.

« Tout en préservant la sécurité nationale, les habitants continuent de jouir de la liberté d’expression, de la liberté de la presse, de la liberté de réunion et de manifestation, entre autres, conformément à la loi », a affirmé M. Lee.

Depuis un an, les dirigeants hongkongais ont multiplié les discours visant à assurer que ces libertés demeuraient garanties mais dans les faits, la réalité est bien différente.

L’expression un crime passible de la prison à perpétuité

Désormais, l’expression de certaines opinions politiques est susceptible d’enfreindre cette loi draconienne, un crime passible de la prison à perpétuité, ce qui a fondamentalement changé le contexte politique et juridique du territoire semi-autonome.

Presque aucune manifestation n’est autorisée et de nombreuses figures de l’opposition ont été arrêtés, placés en détention ou ont fui à l’étranger.

En juin, le tabloïd pro-démocratie Apple Daily a été contraint de fermer après le gel de ses avoirs en vertu de la loi sur la sécurité nationale et l’arrestation de certains de ses dirigeants pour une série d’articles.

Les rassemblements de plus de quatre personnes dans la rue demeurent interdits, les autorités invoquant les mesures destinées à lutter contre le coronavirus, bien que depuis plusieurs semaines la ville n’a enregistré aucun cas de contamination locale.

Mercredi, Chow Hang-tung, une figure du mouvement pro- démocratie a été arrêtée et accusée d’avoir incité des personnes à participer à une manifestation interdite début juin.

« C’est de la persécution mais aussi un privilège », a-t-elle déclaré dans un message diffusé par ses avocats. « M’arrêter ne réussira pas à faire taire tous les autres ».

Demande la libération des prisonniers politiques

Une manifestation isolée s’est déroulée jeudi matin, organisée par  quatre militants du parti libéral social-démocrate, l’un des rares partis d’opposition encore en activité.

Ils ont tenu une banderole près de la réception officielle, appelant à la libération des prisonniers politiques.

Quelque 200 policiers ont accompagné cette marche et empêché le groupe de s’approcher du centre d’exposition où se déroulait la cérémonie.

« La police agit comme si elle était confrontée à un énorme ennemi », a déclaré aux journalistes Raphaël Wong, l’un des participants.

« Cela a incité les gens à se demander si Hong Kong n’est pas effectivement tombé dans un État policier. Mais nous continuerons à faire entendre notre voix et à défendre notre dernier espace de liberté d’expression », a-t-il assuré.

Les policiers ont ensuite bouclé le Parc Victoria qui, jusqu’à présent, était un lieu de rassemblement des manifestants pro- démocratie, et procédé à l’évacuation des personnes qui se livraient à des activités physiques ou faisaient un pique-nique.

La militante pro- démocratie Alexandra Wong, une sexagénaire connue sous le nom de « Grand-mère Wong », a été arrêtée par plusieurs policiers quelques heures plus tard, alors qu’elle manifestait toute seule.

 

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