La campagne de désinformation du régime chinois sur le génocide ouïghour est démasquée

Par Alex Wu
6 avril 2021
Mis à jour: 6 avril 2021

Récemment, le régime communiste chinois a organisé une série de productions de propagande pour réfuter l’accusation de génocide à l’encontre de la minorité ethnique ouïghoure du Xinjiang que la communauté internationale a lancée. Mais un défenseur des Ouïghours à l’étranger a depuis fait remarquer que les porte-parole ouïghours utilisés dans la campagne du régime sont faux.

Le 29 mars, le ministère chinois des Affaires étrangères a organisé à Pékin une « 6e conférence de presse de la région autonome ouïghoure du Xinjiang sur les questions liées au Xinjiang ».

Quelques Ouïghours devaient prononcer un discours lors de cette conférence de presse afin de réfuter les allégations de violations des droits de l’homme dans les camps de concentration du Xinjiang formulées par l’Europe et les États-Unis. Cependant, Dilxat Raxit, porte-parole du Congrès mondial ouïghour, a déclaré à Radio Free Asia (RFA) que les intervenants étaient des acteurs payés et que la conférence était un spectacle politique.

L’un des intervenants, Tahiljan Tohti, a affirmé avoir suivi un enseignement et une formation dans un « centre de formation » à Hotan, dans le Xinjiang.

Il a déclaré que le centre d’éducation et de formation professionnelle était une école et qu’il y était « en train d’apprendre la langue nationale, des connaissances juridiques, des compétences professionnelles, des connaissances en matière de déradicalisation, etc. ».

« Les stagiaires religieux pouvaient participer à des activités religieuses normales dans une mosquée ou à la maison », a précisé Tahiljan Tohti aux médias. « Après avoir terminé mon éducation et ma formation, j’ai ouvert un restaurant et une société immobilière. »

Tahiljan Tohti lors de la conférence de presse du Xinjiang le 29 mars 2021 (Capture d’écran de la vidéo en ligne)

Dilxat Raxit a fait remarquer que les soi-disant représentants ouïghours présents à la conférence de presse parlaient tous couramment le chinois. Il a posé la question suivante : « Pouvez-vous apprendre à quelqu’un, à partir de rien, à parler chinois à ce niveau en six mois ou un an ? »

Il a déclaré que M. Tohti était apparu dans une autre vidéo de propagande du PCC avec une histoire totalement différente l’année dernière.

Le 14 juillet 2020, M. Tohti est apparu dans une vidéo publiée par le média d’État Xinhua, intitulée « Je suis dans le sud du Xinjiang – Tahiljan Tohti, propriétaire d’un restaurant musical ». Dans cette vidéo, M. Tohti parle de son retour dans sa ville natale pour y créer une entreprise. Il n’a pas mentionné avoir fréquenté les centres d’éducation et de formation du Xinjiang, mais a souligné qu’il était diplômé de la prestigieuse université Fudan de Shanghai et lui a attribué sa réussite.

Tahiljan Tohti est apparu dans une vidéo de Xinhua le 14 juillet 2020. (Capture d’écran de la vidéo en ligne)

Dilxat Raxit a contesté le récent récit du PCC présenté par M. Tohti. « Après avoir été diplômé de l’Université Fudan, quelqu’un ne comprend toujours pas le chinois et doit être envoyé dans un centre d’éducation et de formation pour apprendre le chinois ? » a-t-il demandé. M. Raxit a déclaré qu’il pense que cette personne n’est qu’un acteur de fortune, et que son discours est une arnaque montée pour les reporters internationaux.

M. Raxit a déclaré que le régime chinois utilise les mêmes acteurs ouïghours à plusieurs reprises, car « la Chine a subi des pressions diplomatiques et a dû improviser rapidement pour répondre aux accusations de la communauté internationale en utilisant des acteurs non professionnels. Elle a exposé les mensonges et la tromperie dans sa propre conférence de presse ».

Il a également déclaré que les Ouïghours choisis par le régime pour apparaître dans sa propagande étrangère n’ont pas le droit de refuser. Ils n’ont pas d’autre choix que d’agir dans ce spectacle politique, de tromper le monde extérieur pour leur propre sécurité et celle de leurs familles.

Selon M. Raxit, lorsque le gouvernement chinois a répondu pour la première fois aux critiques internationales sur les prétendus camps de concentration, le régime a prétendu qu’il s’agissait de « centres de formation professionnelle ». Il a ensuite changé de discours pour les appeler « centres d’éducation et de formation ». Le régime a tenté de tromper la communauté internationale par une série de mensonges pour dissimuler les camps de concentration qu’il a utilisés pour détruire systématiquement le peuple ouïghour et perpétrer son génocide.

La semaine dernière, une autre fausse histoire de propagande du PCC sur le Xinjiang a été exposée.

Le portail du régime chinois à l’étranger, CGTN, a publié sur son site Internet un article écrit par la « journaliste française » Laurène Beaumond, qui vit à Urumqi, afin de contrer les accusations de la communauté intentionnelle concernant le génocide des Ouïghours dans les camps de concentration.

Le média français Le Monde a enquêté sur le rapport et a révélé que la « journaliste française » Laurène Beaumond à Urumqi, qui est censée écrire pour CGTN, n’existe pas. Selon Le Monde, la journaliste a été inventée par CGTV.

La licence de diffusion de CGTN a été révoquée en février par les autorités de régulation britanniques. Toutefois, en mars, la France a renouvelé sa licence pour que CGTN puisse continuer à diffuser des programmes en Europe.

Les analystes des relations internationales Jake Wallis et Albert Zhang, du Centre international de cyberpolitique de l’Institut australien de politique stratégique, ont souligné que « le Parti communiste chinois lance des opérations d’information de plus en plus audacieuses et sophistiquées pour tenter de façonner la perception internationale de son traitement des minorités religieuses et ethniques du Xinjiang ».

Selon eux, le régime a diffusé de faux récits pour nier les accusations de violation des droits de l’homme et de génocide par l’intermédiaire des diplomates, des médias d’État et des plateformes internationales de médias sociaux.

Les analystes ont averti : « Les États démocratiques doivent comprendre que lorsque les responsables du parti-État, les médias d’État et la propagande secrète agissent en coordination avec la coercition économique et les sanctions pour réprimer et censurer de manière préventive les critiques internationales, ils n’ont pas affaire à la diplomatie mais à une salve de la guerre politique menée par le PCC. »

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